8% des adolescentes forcées lors des rapports sexuels

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Un baromètre de l'agence Santé Publique France révèle que 8% des jeunes filles ont eu à faire à des rapports sexuels forcés. Un chiffre qui pose des questions sur la compréhension du consentement.
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C'est une étude qui laisse sans voix. L'Agence Santé Publique France a étudié la sexualité des Français·es et vient de publier un baromètre genre et sexualité. L'étude a été menée lors du premier semestre 2016 auprès de 15216 personnes, avant le mouvement #MeToo en 2017, sur des personnes de 15 à 75 ans. Elle s'intéresse aussi particulièrement à la sexualité des adolescent·es.


Il en ressort que le consentement reste encore un concept incompris. Dans son baromètre santé 2016, 10,7% des femmes ont cédé aux attentes de leur partenaire lors de leur premier rapport sexuel. Plus problématique encore, elles sont 1,7% à avoir été forcées. Les garçons sont eux 6,9 % à avoir cédé aux attentes de leur partenaire et 0,3 % a avoir eu un premier rapport forcé.

L'Agence Santé Publique France précise également dans son étude que 8 % des jeunes femmes ont déjà été confrontées à des rapports forcés ou à des tentatives de rapports forcés contre 1 % des jeunes hommes.
Partant de ce constat, Santé publique France lance une campagne ce mardi 23 octobre à destination d'un public jeune : "OK, pas Ok".


Une série de quatre podcasts a été produite par onsexprime.fr (disponible dans la rubrique "Droits et Sexes"), le site spécialement dédié aux ados de l'Agence. Ils ont été réalisés par Delphine Dhilly, réalisatrice du documentaire Sexe sans consentement. On pourra y entendre quatre adolescentes et un adolescent raconter leur expérience, positive ou négative.


Lucie Bluzat, chargée d'expertise en marketing sociale pour Santé Publique France, explique pourquoi l'agence a choisi le podcast pou sensibiliser et informer : "Ce format a été choisi car nous savons que les adolescents sont extrêmement réceptifs aux témoignages de leurs pairs. Ces récits leur permettront d'exercer leur esprit critique, de comprendre les enjeux liés au consentement et d'adopter les bons réflexes."


Afin d'inciter les jeunes à venir les découvrir, une campagne radio est lancée sur les plateformes Spotify, Deezer, NRJ radio digitale et Fun Radio, mais également sur les réseaux sociaux Snapchat, Instagram et Facebook.

Le compréhension du consentement devient une priorité


Le consentement est une question centrale dans l'éducation à la sexualité. C'est le sujet d'une campagne très bien trouvée lancée début septembre par le site consentement.info au travers d'un clip parodique et déjanté. "Quand c'est oui, c'est oui" a été vu par plus de deux millions d'internautes. On souhaite le même succès aux podcasts d'onsexprime pour avancer sur la prise de conscience sur le consentement.

Le consentement sera également au coeur des cours d'éducation sexuelle dans les écoles remis à l'ordre du jour par la secrétaire d'État à l'égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa.


Dans le reste du baromètre, on apprend que le motif principal du premier rapport est pour les filles l'amour et la tendresse, 53,6 %, contre 25,9 % pour les garçons. Pour eux, le motif principal est le désir à 47 %, contre 25,8 % pour les filles.

Ce baromètre révèle une entrée dans la sexualité de 17,6 ans pour les filles et de 17 ans pour les garçons. Cet écart de six mois n'a pas évolué depuis le début des années 2000. Concernant la contraception et la prévention, 8,3 % des filles et 9,3 % des filles ayant eu leur premier rapport n'ont rien utilisé, et 85 % utilisent au moins un préservatif.


La prochaine enquête du même type sera menée en 2020 par l'Agence Santé publique France. Elle permettra "d'analyser plus finement, au lendemain des mouvements sociaux contre toutes les formes de harcèlement sexuel, les évolutions des pratiques, y compris dans le monde virtuel, mais aussi des représentations, en tenant compte simultanément des rapports sociaux de genre de classe et de race".