Comment un mauvais boss peut (aussi) vous voler votre sommeil

Comment un mauvais boss peut vous voler votre sommeil
Comment un mauvais boss peut vous voler votre sommeil
Au-delà de ruiner votre confiance en vous et de foutre une ambiance pourrie au bureau, un·e boss toxique serait aussi à l'origine d'une privation de sommeil problématique. Voici pourquoi, et surtout comment faire pour aller mieux.
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Votre chef·fe et vous, c'est loin d'être simple. C'est même carrément compliqué. A cause de son manque de compétence, d'un excès de zèle auprès de ses propres supérieur·e·s ou d'un comportement clairement harcelant, vous payez les frais d'un mauvais management. Et ça se ressent mentalement, comme physiquement, au boulot comme chez vous. Votre moral est en chute libre, votre estime de vous s'effondre sous des commentaires toujours plus insidieux et vous êtes de plus en plus angoissé·e et fatigué·e. Le burn-out guette.

D'ailleurs, en parlant de sommeil, il se pourrait que celui ou celle qui hante vos jours ait aussi une incidence directe sur vos nuits. Et donc, soit en partie responsable de vos sueurs nocturnes et autres insomnies. Critique.

Une nouvelle étude vient de démontrer que tout réside dans la façon dont il ou elle promeut l'équilibre vie pro-vie perso. La recherche, qui a été menée par une équipe de scientifiques de l'Oregon Health and Science University, a examiné comment le style de "sleep leadership" ("leadership du sommeil") d'un·e patron·ne influençait les nuits de ses employés. Explications.

Le "leadership du sommeil", c'est quoi ?

L'expression a de quoi filer des frissons aux anti-anglicismes. On comprend. Mais il s'avère que ce qu'elle définit vaut le coup de passer outre la forme, pour mieux se concentrer sur le fond. Le "leadership du sommeil", donc, est utilisé pour décrire la façon dont le repos est envisagé dans l'esprit et la bouche du·de la boss en question. Comment il·elle aborde le sujet, ce qu'il·elle dit de sa propre expérience, de son propre rituel de coucher - le tout devant ses employé·e·s.

Une façon plus ou moins assumée de donner l'exemple et donc - une chose en entraînant une autre - d'inciter le reste du personnel à le suivre. Et ce n'est pas toujours pour le meilleur.

En quoi un mauvais "leadership du sommeil" peut ruiner le nôtre ?

Avez-vous déjà entendu votre supérieur·e se vanter du peu de sommeil qu'il·elle a eu la nuit dernière ? Comment il·elle se lève très tôt et ne se couche qu'à l'aube ? Qu'il·elle est toujours épuisé·e mais qu'il·elle parvient quand même à faire son boulot - et à temps, en plus de ça ?

Non seulement ces précisions sur son rythme perso donnent un mauvais exemple aux salarié·e·s, explique Stylist - et les décourage donc de pratiquer une bonne hygiène du sommeil - mais cela risque également de culpabiliser celles et ceux qui dorment sept ou huit heures par nuit. Et qui en ont besoin pour fonctionner correctement.

Le mauvais "leadership du sommeil", ce fléau duquel se détacher.
Le mauvais "leadership du sommeil", ce fléau duquel se détacher.

Autre élément qui va souvent de paire avec ce réflexe de prôner des nuits de quatre heures comme la clé de la réussite : celui d'empiéter sur votre vie perso. Et donc de ne pas respecter un équilibre nécessaire à votre productivité mais surtout à votre bien-être. Par exemple, si votre manager s'attend à ce que vous consultiez vos e-mails et que vous soyez toujours disponible en dehors des heures de travail, il vous sera plus difficile de vous déconnecter et de vous détendre, ce qui provoquera à terme une baisse de la qualité de votre sommeil.

Là encore, il s'agit d'un mauvais "leadership du sommeil" dont les conséquences se voient irréfutablement. Vous êtes toujours en alerte, à l'affût du moindre message urgentissime qui ne pourrait surtout pas attendre le lendemain, et il vous est impossible de couper. Donc de vous apaiser, donc de vous endormir confortablement, et donc d'être d'attaque le jour levé.

Comment retrouver une sérénité nocturne ?

On ne cessera de le marteler : la déconnexion, c'est la clé. D'un épanouissement personnel, d'une productivité professionnelle, d'un recul essentiel sur votre travail aussi. Et surtout d'un sommeil réparateur. Afin de se détacher quelques précieuses heures quotidiennes de son travail lorsque l'ambiance est néfaste, il faut adresser le problème à la source : en réglant la relation toxique qui vous unit à votre boss.

Sarah Greenberg, psychothérapeute experte dans le domaine du travail, a listé plusieurs façons de s'y prendre sans y laisser (trop) de plumes. Aux journalistes de Stylist, elle explique ainsi qu'il est d'abord conseillé d'analyser objectivement la situation. En en parlant à votre entourage par exemple, qui pourra identifier les éléments harcelants et autres recours à l'agressivité passive de la part de votre supérieur·e. Le fait d'obtenir la confirmation d'un point de vue extérieur que quelque chose ne va pas permet de ne plus se sentir seul·e, ni à l'origine du problème. Et forcément, de commencer à aller mieux.

Ensuite, "vous devez vous reconnecter à qui vous êtes et refuser de laisser les actions des autres vous définir", avise la spécialiste. Facile à dire. Elle conseille donc de procéder par écrit. "Notez vos points forts, vos valeurs et votre objectif. Ce sont les choses que personne ne peut vous enlever. Continuez à centrer vos actions sur ces éléments."

Enfin, faites ce que vous pouvez pour rechercher le positif dans le négatif. "Cela semble évident", poursuit-elle, "mais maintenir un état d'esprit positif face à l'adversité vous aidera vraiment à poursuivre votre propre chemin de progression. Pensez aux actions négatives et positives de votre patron et à la manière dont ces comportements vous affectent et dont vous pouvez en tirer profit."

Tentez de vous détacher de la culture de l'excellence, aussi, qui induit une exigence nocive envers soi-même. Rappelez-vous que votre travail ne vous définit pas. Que vous êtes bien plus que cela. Cajolez votre vie perso, en lui accordant l'importance qu'elle mérite.

Petit à petit, vous réussirez à retrouver une sérénité un peu égarée, pour finalement être apaisé·e de jour comme de nuit.