Les Françaises sont de moins en moins nombreuses à fumer

Les femmes disent "non" aux clopes.
Les femmes disent "non" aux clopes.
La dépendance aux clopes serait-elle en train de partir en fumée en France ? Selon une récente étude de l'agence Santé Publique, les femmes seraient de moins en moins nombreuses à tirer sur leurs cigarettes. Et c'est une bonne nouvelle.
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L'amour c'est comme une cigarette, ça brûle et ça monte à la tête. Et quand on ne peut plus s'en passer, tout ça s'envole en fumée. Mais il faut croire que les cigarettes, les femmes peuvent très bien s'en passer, justement. Et c'est un nouveau rapport de l'agence Santé Publique France qui nous le démontre. A en croire les chiffres du dernier sondage de cet établissement public, englobant pas moins de 10 000 personnes, la consommation de clopes par la gent féminine aurait significativement diminué en l'espace d'un an.

De 2018 à 2019, c'est une baisse de plus de 2 % qui se révèle ainsi. Soit une diminution du tabagisme quotidien (de 22,9 % à 20,7 %) et du tabagisme plus passif (de 28,9 % à 26,5 %), si l'on en croit les paroles des principales concernées. Il faut dire que cela fait déjà six ans que les chiffres du tabagisme baissent au pays du vin et du fromage, poursuit le rapport. De 2014 à 2019, l'on serait ainsi passé de 34,3 % de fumeurs a minima occasionnels à 30,4 %, dans l'Hexagone. Leur âge ? Il oscille de 18 à 75 ans.

30 % "seulement", pourrait-on dire, même si ce chiffre reste tout à fait conséquent - et démontre que la cigarette électronique n'a pas encore renversé le règne de la clope traditionnelle chère à Serge Gainsbourg. Mais sous les chiffres, d'autres réalités, tout aussi signifiantes, se dévoilent...

Des différences entre les sexes ?

Fumeuses vs Fumeurs.
Fumeuses vs Fumeurs.

On a pu le constater au gré des plus récentes investigations : le coronavirus tue davantage d'hommes que de femmes, en partie car les hommes font état d'une santé et d'un mode de vie différents. Et cela se perçoit notamment à travers leur consommation de cigarettes (et autres addictions), plus intense que chez leurs consoeurs, si ce n'est "excessive". C'est même Sarah Hawkes, professeure de santé publique mondiale à l'University College de Londres (UCL), qui l'affirme noir sur blanc : "Dans la plupart des pays [concernés par le coronavirus], nous constatons que les hommes fument à des taux beaucoup plus élevés que les femmes".

Un tagabisme global qui peut provoquer bien des troubles de santé, et autres maladies chroniques. Voilà pour le constat mondial. Et en France, le verdict est le même. Le tabac, responsable de 75 000 décès par an comme nous le rappelle le Huffington Post, n'est pas pour autant définitivement délaissé par les "clopeurs" masculins, et ce malgré ces accablantes données. Car les Français qui fument seraient à 54 % des hommes, poursuit l'agence Santé Publique France. 81 % d'entre eux ont moins de 55 ans, et souffrent - ou ont déjà souffert - pour la plupart d'anxiété, d'insomnies, voire même de dépression.

Un signe comme un autre que la cigarette apparaît bien souvent pour les consommateurs et consommatrices comme un palliatif - illusoire - face à une santé mentale mise à mal. Mais la cigarette nous renvoie encore à d'autres formes de mal-être - profondément sociales quant à elles. Effectivement, l'usage régulier de la clope concerne majoritairement des personnes en situation de chômage et de précarité financière : elles seraient deux fois plus nombreuses à fumer que les individus des classes les plus aisées.

Des conclusions que le confinement n'a pas atténué, loin de là. Au cours de ces derniers mois pleins d'incertitudes, nous apprend RFI, environ 27 % des fumeurs ont déclaré avoir augmenté leur consommation quotidienne de 5 cigarettes en moyenne. C'est considérable. De quoi laisser présager de sombres chiffres pour l'an prochain ?