L'Espagne va tester la semaine de 4 jours (et on l'envie)

L'Espagne va tester la semaine de 4 jours (et on l'envie)
L'Espagne va tester la semaine de 4 jours (et on l'envie)
Et si on commençait à sérieusement envisager la semaine de travail de quatre jours ? Une petite révolution dans la vie pro – mais aussi perso - qui ne semble pas effrayer l'Espagne. Loin de là même.
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Et si une semaine de quatre jours permettait d'améliorer l'efficacité au travail et le bien-être dans la vie privée ? Cette alléchante hypothèse risque bien d'être mise en pratique par l'Espagne. Le gouvernement du pays devrait effectivement accorder une subvention de 50 millions d'euros pour aider les entreprises à tester une semaine de travail de quatre jours. Lesdites entreprises devront ensuite être évaluées en fonction de leurs performances économiques, et leurs employé·e·s, sur leur état de santé, comme le souligne le média TreeHugger.

Une initiative qui ne vient pas de nulle part. C'est le nouveau parti de gauche Más País qui se bat depuis plus d'un an pour la concrétiser à l'échelle nationale, s'exerçant à convaincre gouvernement, mais aussi entreprises et syndicats – qui devraient tous avoir leur mot à dire concernant ce test- pilote pensé pour l'automne prochain.

Exceptionnel ? Pas tant que cela en vérité. En 2019, l'entreprise Microsoft du Japon expérimentait déjà la chose, rencontrant du même coup un bond de productivité de 40% - une conséquence des plus enthousiasmantes s'il en est. Avec au devant du projet les mêmes arguments : une semaine réduite aboutirait à un bonheur accru, une organisation plus acérée et également, des incidences écologistes beaucoup plus responsables.

Oui, car qui dit moins de temps en entreprise, dit également moins de papier imprimé et surtout d'électricité consommée dans les boîtes. Une semaine de travail de quatre jours réduirait de 24% les émissions de gaz à effet de serre, affirme ainsi une étude britannique citée par le journal en ligne. Inspirant, n'est-ce pas ?

Un projet révolutionnaire ?

Les porte-paroles de Más País mettent également l'accent sur les trop méconnues vertus d'une semaine réduite au temps du coronavirus. A savoir ? S'assurer de la santé mentale des employé·e·s, garantir une plus égale répartition des tâches ménagères aussi, et de tout ce qui a trait à la garde des enfants en général. Le contexte semble donc tout adéquat, quand bien même le parti de gauche défend cette idée depuis 2019.

En mai 2020, au moment du premier confinement, une petite entreprise espagnole avait d'ailleurs déjà testé cette mesure. "Avec le coronavirus, les gens ont vu qu'en fait, nous pouvons changer le monde du travail pour le mieux et nous pouvons le changer très rapidement", affirme en retour l'homme politique Héctor Tejero. Changer le monde du travail, mais aussi la vie privée, en incitant les employé·e·s à profiter de leurs temps libre pour étudier, s'enrichir culturellement, développer d'autres centres d'intérêt et mieux envisager la semaine à venir. Sympathique.

"Réduire la semaine de travail à 4 jours revient à proposer les droits du travail du 21e siècle, et construire un avenir au sein duquel l'on pourrait vivre mieux", assure encore le parti Más País sur Twitter, affiches et poings levés en évidence. Perspectives de plus en plus populaires. Début 2020, c'est le gouvernement finlandais qui suggérait les incidences heureuses des semaines de 4 jours et des journées de 6 heures.

"Cela pourrait être la prochaine étape de la vie professionnelle. Je crois que les gens méritent de passer plus de temps avec leur famille et leurs proches, de consacrer plus d'espace à leurs hobbies et d'autres aspects de la vie, comme la culture", déclarait alors la Première ministre finlandaise (et plus jeune cheffe de gouvernement au monde) Sanna Marin. Et si la nouvelle venait à s'imposer en France ? On peut toujours rêver.