Neve Campbell, pilier de comptoir de la saga Scream, est enfin de retour dans le septième du nom, grand come back du carnassier Ghostface et de sa lame tranchante. La franchise initiée par Wes Craven et Kevin Williamson (ici, à la réalisation) témoigne de l'évolution du cinéma d'horreur mais aussi... Du sexisme qui fait rage jusqu'à Hollywood. Notamment quand il s'agit de payer ses comédiens. Et l'actrice dénonce sur ces images.
"Malheureusement, je ne ferai pas le prochain film Scream", affirmait Neve Campbell dans les pages du Hollywood Reporter en 2022.
C'était il y a trois ans de cela. Depuis, l'actrice est revenue sur ces mots, mais cela a pris du temps, et surtout, de l'argent. "En tant que femme, j'ai dû travailler extrêmement dur dans ma carrière pour établir ma vraie valeur, surtout en ce qui concerne cette saga. Ici, j'ai senti que l'offre financière, le salaire, qui m'a été présentée ne correspondait pas à la valeur que j'ai apportée à la franchise", avait-elle poursuivi dans les pages de la célèbre revue. Voilà : superstar de cette franchise horrifique, l'iconique Sidney Prescott en avait marre d'être moins payée que ses collègues masculins au sein de l'industrie hollywoodienne.
Et on la comprend volontiers. Les actrices gagnent 2 millions de dollars de moins par film que les acteurs à Hollywood. Rappelons-le !
Ce que dénonce Neve Campbell, c'est l'inégalité salariale dans l'usine à rêves. Qui subsiste encore malgré la plus forte visibilité des femmes cinéastes, le triomphe de certaines aux Oscars, comme Chloé Zhao, la célébration de multi-Oscarisées comme la toujours favorite cette année Emma Stone, bref, les femmes sont victorieuses à Hollywood, sauf en ce qui concerne "la thune", tel que le chantait Angèle.
Et Neve Campbell de fustiger de nouveau sur le plateau de notre Quotidien national, présenté par Yann Barthès : "Si j'avais été un homme j'aurais été payé bien plus dès le début..."
Neve Campbell dénonce les inégalités salariales à Hollywood. Et ça fait mal.
La superstar ne s'arrête pas là et poursuit sur le même ton : "Je n'utilise pas beaucoup les réseaux sociaux mais j'ai du parler de ce souci sur Instagram, car ce qu'on m'a offert ne me convenait pas du tout, je voulais à l'époque que les fans comprennent pourquoi je prenais cette décision..."
Epiloguant sous le regard attentif du présentateur : "Je voulais qu'on soit tous sur le même pied d'égalité dans cette franchise, et je n'étais pas du tout alignée avec ce que l'on m'a proposée... Ce n'était pas correct, ce n'était pas respectueux". Neve Campbell a encore une forme d'indignation en elle en abordant ce sujet qui n'est pas seulement économique, mais politique, car il a trait aux discriminations de genre. En entreprise, cela va de soi. Et dans la plupart des catégories de métiers.
A Hollywood, les actrices gagnent 2 millions de dollars de moins par film que les acteurs. C'est ce que démontre une étude détaillée de trois économistes, Sofia Izquierdo Sanchez, John S. Heywood et Maria Navarro Paniagua, lesquels ont étudié les salaires de 246 acteurs et actrices ayant participé à 1 343 films entre 1980 et 2015. Conclusion : les actrices toucheraient un salaire inférieur de 56% à celui de leurs homologues masculins, soit jusqu'à "2,2 millions de dollars de moins par film". Amy Adams, à durée de travail pourtant similaire (45 jours), a bénéficié d'une rémunération inférieure à celle de ses collègues Christian Bale et Bradley Cooper sur le film American Hustle. 1,25 million de dollars pour la comédienne, 2,5 millions de dollars (par tête) pour les acteurs, indiquent encore les chercheurs dans leur étude détaillée de ce système inégalitaire.
"Cela a été une décision très difficile de passer à autre chose. À tous les fans de Scream : je vous aime. Vous m'avez toujours été d'un soutien incroyable. Je vous suis éternellement reconnaissante et je le suis également à ce que cette franchise m'a apporté au cours des 25 dernières années", achevait la comédienne en 2022. Depuis, les producteurs, suite au départ très forcé de Melissa Barrera et Jenna Ortega, ont revu ce salaire à la hausse. Dans le moins bon contexte possible donc, puisque cette initiative a été le résultat d'une décision politique - virer Melissa Barrera à cause de ses convictions personnelles. Quand le sexisme côtoie la censure.