L'agression de la blogueuse Amélie Challeat et son bébé prématuré provoque l'écoeurement

L'agression de la blogueuse Amélie Challeat et son bébé prématuré provoque l'écoeurement
L'agression de la blogueuse Amélie Challeat et son bébé prématuré provoque l'écoeurement
La blogueuse Amélie Challeat a témoigné ce week-end d'une agression révoltante. Alors qu'elle rentrait avec sa fille dans son immeuble, elle affirme qu'un voisin l'a frappée, lui faisant brièvement perdre connaissance. Par la suite, impossible de porter plainte.
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Son récit laisse sans voix. Dans un post Instagram publié ce samedi 13 février, en légende d'un selfie qui dévoile un bleu au niveau de sa bouche, Amélie Challeat, blogueuse et maman de deux enfants, raconte avoir été frappée au visage par un voisin. Des faits qui, elle l'écrit, datent du mardi 10 février.

Ce jour-là, elle se dépêche de rentrer dans son immeuble avec son nourrisson, une petite fille prénommée Shéérazade née prématurée à 26 semaines, pour la protéger du froid. Dehors, en face de la porte d'entrée qui donne sur la rue, sa voiture est garée temporairement afin que la petite ne soit confrontée aux températures négatives extérieures le moins longtemps possible. Un stationnement à l'origine de la colère de l'agresseur, explique l'influenceuse, qui commet l'impensable.

"Dans le hall de l'immeuble, il m'a hurlé dessus en me disant que je n'avais pas le droit de laisser la voiture, qu'il fallait que je la gare ailleurs. Je lui ai dit de nous laisser tranquilles, qu'on en avait pour quelques minutes, qu'on revenait de l'hôpital, que j'avais appris la mort de ma mère la veille. J'ai continué à avancer pour rentrer chez moi. Cet homme a voulu m'empêcher de rentrer chez moi avec mon bébé et m'a frappée au visage. Il a envoyé son poing, de toutes ses forces, dans mon visage alors que je tenais la poussette de mon bébé. Je suis tombée par terre et j'ai perdu connaissance un bref instant." Glaçant.

"Trouver une entente entre voisins"

Dans la foulée, son compagnon se rend au commissariat pour porter plainte avec l'auteur présumé de l'agression. Amélie Challeat précise qu'elle ne peut pas y aller elle-même puisqu'elle allaite et que sa fille est "trop fragile" pour l'accompagner. Sur place, "les policiers ont plutôt conseillé à Hamza (son conjoint, ndlr) de 'trouver une entente entre voisins'". Une réponse révoltante qui fait tristement écho aux refus de plainte de nombreuses femmes victimes de violences.

La jeune maman continue, déterminée à ce que son histoire soit entendue, et que le voisin ne reste pas impuni. "Aujourd'hui, depuis mercredi, j'essaie de porter plainte. J'essaie d'obtenir un rendez vous pour ne pas attendre pendant 4h au commissariat de la Goutte d'or, avec ma fille, trop fragile pour le supporter." Chose que "la police refuse", lui répondant qu'elle doit se "présenter et attendre comme tout le monde".

"Aujourd'hui nous sommes en 2021, une femme avec son bébé malade, peut se faire frapper, et ne peut pas porter plainte", poursuit-elle, taguant au passage Emmanuel Macron, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et la secrétaire d'Etat à la Citoyenneté Marlène Schiappa, à qui elle s'adresse directement : "Est ce que le combat contre la violence faite aux femmes est toujours cause nationale ?"

Marlène Schiappa et Gérald Darmanin réagissent

Aimé plus de 700 000 fois et partagé par de nombreux·ses internautes, ses mots arrivent aux oreilles des membres du gouvernement. Le 13 février au soir, Marlène Schiappa commente : "J'ai été alertée sur ce post en début d'après-midi, mon équipe a immédiatement pris contact avec la jeune maman", tweete la ministre. "La préfecture est mobilisée à ma demande et recevra Amélie, si elle le souhaite, dès demain".

Le lendemain, Gérald Darmanin publie à son tour : "Les services de police sont mobilisés pour prendre sa plainte". Amélie Challeat a par la suite communiqué qu'elle avait pu obtenir "un rendez-vous pour porter plainte lundi", rapporte Le Parisien. Reste à voir quelle en est l'issue.

Une affaire terrible qui interroge forcément : qu'en est-il de toutes les femmes dont le témoignage ne prend pas une telle ampleur ? Celles qui ne se relèvent pas, celles dont le compagnon est aussi l'agresseur ? Et pousse à insister, en empruntant les mots de la jeune femme : le combat contre les violences faites aux femmes est-il toujours la grande cause du quinquennat ?