Le "sujet" de Gérald Darmanin, un "boulet" pour Elisabeth Moreno

Le "sujet" de Gérald Darmanin, un "boulet" pour Elisabeth Moreno
Le "sujet" de Gérald Darmanin, un "boulet" pour Elisabeth Moreno
Elisabeh Moreno, ministre déléguée chargée de l'Egalité femmes-hommes, a déclaré avoir eu une conversation "de femme à homme" avec Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, au sujet des accusations de viol dont il fait l'objet. "Et ce qu'il dit me porte à le croire", lance-t-elle.
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Dans une longue interview pour Le Parisien, la nouvelle ministre déléguée chargée de l'Egalité femmes-hommes, Elisabeth Moreno, a abordé le "sujet" Gérald Darmanin. Pour rappel : le nouveau ministre de l'Intérieur est accusé de viol, harcèlement sexuel et abus de confiance, une enquête ayant été rouverte quelques semaines avant sa nomination. Un "boulet au pied" pour Elisabeth Moreno, qui explique avoir discuté avec l'homme politique lors d'une conversation "de femme à homme" - une expression en référence à celle utilisée par Emmanuel Macron le 14 juillet.

"J'ai parlé avec M. Darmanin", confie-t-elle au quotidien. "J'ai eu une conversation de femme à homme avec lui. Je lui ai dit : 'Il faut qu'on se parle, là, parce qu'on est dans la même équipe. Ton sujet va être un boulet à porter pour moi, il faut que tu m'expliques ce qui s'est passé.' Et ce qu'il m'a dit me porte à le croire. Maintenant, je me mets aussi du côté des personnes dont j'ai la responsabilité, les femmes, et si jamais il m'a menti, j'en tirerai toutes les conséquences".

Elle a, comme Marlène Schiappa avant elle, tenu à insister sur la présomption d'innocence de son collègue : "tant que vous n'êtes pas condamné par la justice, vous êtes considéré comme innocent". Et de lancer : "La France est un Etat de droit et nous pouvons lui laisser le bénéfice du doute. S'il est reconnu coupable, là, on en reparlera". Et qu'en est-il des victimes ?

Un "gros caillou" dans la chaussure de Dupond-Moretti

En France, seulement un cinquième des victimes déclarées portent plainte et 60 % d'entre elles font face à un refus ou un découragement de ladite plainte par les forces de l'ordre. Aux journalistes du Parisien qui l'interrogent sur le moyen de rassurer celles qui n'auraient plus confiance en la police, d'autant plus que le premier policier de France est accusé de viol, Elisabeth Moreno répond : "C'est un vrai sujet."

Elle développe, mentionnant la tribune écrite par Rachida Dati qui dénonce la nomination de Gérald Darmanin, et le message que cela renvoie aux femmes victimes de violences, alors que celles-ci sont en recrudescence. "Si je rencontrais Mme Dati, je lui dirai : 'Les femmes peuvent porter plainte. Elles seront entendues, on s'occupera d'elles. On ne les laissera pas tomber'. J'ai récemment attrapé notre ami garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, pour lui dire : 'Je vais être un gros caillou dans ta chaussure. Pas une victime ne doit s'interdire ces démarches, il va falloir suivre'."

Son autre combat : les féminicides, qu'elle s'engage à faire baisser. "S'il y a une chose que je laisserai de mon passage au gouvernement, ce sera celui-là. Dans 600 jours, on aura réduit le nombre de femmes victimes". Et d'ajouter : "Ce que je veux c'est que les féminicides passent de 170 actuellement identifiés à 10 par an. Alors, je pourrai mourir tranquille".

Un jeu de mots terrible pour un objectif indécent : dix, c'est déjà dix de trop.