Cette pétition exige le départ de Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti du gouvernement

Cette pétition exige le départ de Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti du gouvernement
Cette pétition exige le départ de Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti du gouvernement
Les associations féministes s'insurgent face à la nomination de Gérald Darmanin, accusé de viol et visé par une enquête, à l'Intérieur et d'Eric Dupond-Moretti, accusé d'encourager la culture du viol, à la Justice. Et une pétition demande leur départ.
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Le remaniement ministériel du 6 juillet a laissé un goût plus qu'amer. "C'est vraiment cracher au visage de toutes les femmes et cracher doublement au visage de toutes les victimes de viol", lançait la chanteuse Camélia Jordana en réaction à l'annonce du nouveau gouvernement, qu'elle jugeait d'une "violence inouïe", mercredi 8 juillet sur Franceinfo.

Pour rappel, Gérald Darmanin est désormais ministre de l'Intérieur, et Eric Dupond-Moretti ministre de la Justice. Le premier actuellement accusé de viol et visé par une enquête, le deuxième baptisé "Acquittator" tant il a réussi à obtenir l'acquittement des hommes (aussi) accusés de viol, des pédocriminels et des proxénètes. Une honte que les associations féministes n'ont pas perdu de temps à condamner fermement. Et pour témoigner leur colère légitime, plusieurs ont démarré une pétition, intitulée sans détour : "Nous exigeons le retrait de Gérald Darmanin et d'Éric Dupond-Moretti du gouvernement".

"Le masculinisme de la classe politique dirigeante"

"Bâtissez votre carrière sur l'acquittement des hommes accusés de viol, vous serez ministre de la Justice !", ironise tragiquement les membres d'Osez le féminisme, à l'origine du texte adressé à Emmanuel Macron et au Premier ministre Jean Castex. Elles s'indignent contre les techniques de l'avocat, et les propos sexistes et dangereux qu'il a tenus par le passé.

"La culture du viol alimente sa plaidoirie, il accuse les victimes d'être consentantes", dénoncent-elles. "Niant les stratégies des violeurs, les mécanismes d'emprise et les rapports de pouvoir, il affirme 'à 30 ans, on n'est plus une potiche incapable de dire non'. Contre la création du délit d'outrage sexiste, il déclare que 'les femmes regrettent de ne plus être sifflées'. Pour lui, des hommes accusés de proxénétisme aggravé dans l'affaire Carlton sont 'des copains qui s'offrent du bon temps'".

"Soyez accusé de viol, vous serez 1er flic de France !", lâchent-elles ensuite à l'encontre de Gérald Darmanin, précisant que le nouveau ministre de l'Intérieur est aussi poursuivi pour harcèlement sexuel et abus de confiance. "L'impunité est totale. Même la série Black Mirror n'aurait pas imaginé une telle dystopie."

La pétition soulève un point terrible : "Si les femmes ne peuvent avoir confiance ni en la police, ni en la justice, la société les renvoie au silence et les condamne à subir les violences masculines ! Aujourd'hui, 1 % des violeurs sont condamnés, 76 % des plaintes pour viol sont classées sans suite, 82 % des victimes de viol ont mal été accueillies lors du dépôt de plainte." Et incite à se révolter contre "le masculinisme de la classe politique dirigeante", qui signe avec ce remaniement son "mépris" envers "la parole des victimes et les droits des femmes".

On se lève et on marche

Parmi les signataires, on retrouve entre autres Caroline Rebhi, Co-présidente du planning familial, Emmanuelle Piet, présidente du Collectif féministe contre le viol, Helene Bidard, élue PCF adjointe à la maire de Paris en charge de l'égalité Femmes Hommes et de la jeunesse ou encore Danielle Bousquet, ancienne présidente du Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes. Des féministes qui ont jusqu'ici réuni près de 9000 signatures.

Partout en France, des marches en opposition au nouveau gouvernement sont aussi organisées ce vendredi 10 juillet. A Paris, le collectif Nous Toutes appelle à se rassembler de 18h00 à 20h30 devant l'Hôtel de ville "contre la banalisation des violences au plus haut sommet de l'Etat".

A Caen, Soeurcières et le collectif des droits des femmes 14 invitent à se retrouver à 18h45 devant la Préfecture et la cour d'appel, et dénoncent une "déclaration de guerre" de la part du pouvoir. A Lyon, Toulouse ou encore Bordeaux, les femmes et ceux qui se battent à leurs côtés aussi, crient leur révolte. "C'est surréaliste, incompréhensible, mais ce n'est pas grave", conclut Camélia Jordana auprès de Franceinfo. "On a compris le message. On sera plus nombreuses, et plus régulièrement dans les rues". Alors on se lève et on marche ?