Montoyboy.com, l'égalité des sexes vers le bas

Montoyboy.com, l'égalité des sexes vers le bas
Montoyboy.com, l'égalité des sexes vers le bas
Dans cette photo : Ashton Kutcher
Un nouveau site mis en ligne aujourd'hui provoque la colère des féministes. Montoyboy.com permet de s'offrir les faveurs non sexuelles d'un « larbin » pour porter les sacs de shopping, faire le ménage ou des massages. Un jeu dangereux qui rabaisse le débat de l'égalité des sexes, selon Florence Montreynaud, fondatrice de l'association Les chiennes de garde et spécialiste de la prostitution.
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Terrafemina : Montoyboy.com souhaite briser les codes traditionnels de façon décalée en offrant un « larbin » à tout faire, est-ce un bon moyen selon vous ?

Florence Montreynaud : Non, c'est absurde ! Inverser la situation des hommes et des femmes ne résout rien. Ce n'est pas en proposant aux femmes de payer des hommes pour des services intimes que les choses vont évoluer. En proposant un homme à tout faire, Montoyboy.com vise une égalité par le bas alors que les féministes demandent la liberté et veulent l'égalité par le haut, et sûrement pas la dégradation de l'un ou l'autre sexe. À chacun d’assumer sa part des corvées de la vie quotidienne !

TF : Est-ce un concept sexiste ou une sorte de revanche des femmes sur les sites et services existants pour les hommes ?

F. M. : La peur de la revanche ou de la vengeance des femmes est surtout présente chez les machos, car ils savent bien que leur domination n’est pas légitime. Le fait que les hommes gagnent 20% de plus que les femmes, à travail égal, et qu’ils disposent du travail gratuit des femmes à la maison n’a rien de normal, mais les féministes ne cherchent pas la situation inverse. Ce site est sexiste, car le sexisme, comme le racisme, consiste à dégrader ou à dévaloriser une catégorie de personnes en raison de son sexe (de son origine ethnique dans le cas du racisme). Faire de l’intime une marchandise et monnayer des contacts physiques : je ne vois rien là qui puisse faire évoluer les mentalités dans le sens de la justice et de l’égalité.

TF : Ce type de démarche un peu provocante ne peut-elle pas faire avancer les choses ?

F. M. : Non, il s’agit plutôt d'une régression : traiter autrui comme une marchandise, le faire servir à ses caprices, même en le payant, tout cela est contraire à une avancée vers l'égalité des hommes et des femmes. Le nom du site lui-même est dégradant (mon toy boy signifie « mon garçon jouet », ndlr) : qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme, l'autre n'est pas un jouet mais une personne avec qui on échange et on a des relations humaines.

Géraldine Bachmann

Crédit photo : Léonore Branche

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