A découvrir au cinéma, cette plongée féministe inédite dans l’ombre d’un génie absolu de la musique
A découvrir au cinéma, cette plongée féministe inédite dans l’ombre d’un génie absolu de la musique
Premier long du cinéaste italien Damiano Michieletto, metteur en scène d’opéras renommé, Vivaldi et moi fait la part belle à une expérience musicale et visuelle exigeante, à travers un regard féminin inédit. Et vient désacraliser avec brio la figure si fantasmée du génie masculin.
Qui n’a jamais rêvé d’observer, comme une petite souris, le processus de création de l’un des plus grands compositeurs de l’Histoire de la musique classique : Antonio Vivaldi ? Et pour contempler les légendes, rien de tel que d’adopter un point de vue extérieur, discret mais précis - comme dans le très, très romancé Amadeus de Milos Forman. Pourquoi pas celui de l’une de ses élèves, attentive aux cours méticuleux du maître, en plein 18ème siècle ?
C’est précisément cela que propose Damiano Michieletto, grand nom de la mise en scène d’opéras, qui dévoile avec Vivaldi et moi son tout premier long-métrage en tant que cinéaste. Et se plaît à contrer toutes les attentes que ce titre peut éveiller. Loin d’être une déclaration d’amour béate à l’artiste, le réalisateur désacralise celui-ci. N’hésitant pas à questionner le statut de “génie masculin”, une interrogation très actuelle. Et surtout, il lui privilégie un un point de vue féminin, comme pour déboulonner des statues poussiéreuses.
L’idée, audacieuse, éclot d’un roman primé en Italie (Stabat Mater de Tizano Scarpa) et se voit ici réappropriée par la scénariste Ludovica Rampoldi, à qui l’on doit le récent (et admirable) Il Maestro, avec Pierfrancesco Favino. Et l’autrice de renforcer la dimension intime et politique d’un récit “d’époque” jamais désuet. Sa fibre contemporaine n’est pas anachronique, mais suggérée, et forte.
Là, Vivaldi justement n’a rien de grandiloquent : asocial, regardant à peine ses élèves, vulnérable physiquement, il s’avère, cerise sur le gâteau, banalement lâche. Hors de son piédestal, il fait office de rôle secondaire face à Cecilia, notre protagoniste : un talent pur dont les ambitions sont étouffées par la société patriarcale - on la condamne à un mariage forcé. Mais dont l'environnement musical encourage la quête d’émancipation, fantasmée, aussi inatteignable que la noblesse qui l’écoute.
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