Mais pourquoi on aime tant... détester ? J'ai enquêté sur le phénomène du "hate watching" (et ça m'a emmené très loin)
Mais pourquoi on aime tant... détester ? On a enquêté sur le phénomène du "hate watching"
On a beau détester des choses pour de bonnes raisons ( = les contenus mascus, faciles à tourner en ridicule), d’autres véhémences réveillent surtout chez nous la philosophie du hater : un sentiment de supériorité pas super sain.
© Abaca
Mais alors, qu’est-ce que ça nous apporte au juste ? Hormis des rires très nerveux et un certain sentiment d’arrogance - “Je regarde ça en sachant que c’est nul”. Pour certains, consommer du contenu “détestable” a une utilité : façonner notre esprit critique. Plus on se confronte à ce qu’on déteste, plus on est lucide face à ce que l’on aime.
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Pas juste une question de goût : mais aussi, un enjeu intime, politique. On se heurte volontiers à ce qui s’oppose à nos convictions, à nos valeurs, pour mieux consolider celles-ci !
Presque, car le hate-watching, si l’acte peut faire office de catharsis (purger des passions : se défouler comme au temps des jeux du cirque) il se repose aussi sur de gros préjugés. Le must du “hate-watch” étant la télé-réalité, qui n’échappe pas - quand elle est visionnée “pour rire” - à un arrière-fond de mépris social et culturel. Oui oui.
C’est ce qu’analyse avec brio la journaliste Constance Vilanova dans son essai sur le sujet, des Anges au Loft : “Vivre pour les caméras”. L’autrice y étudie toute la violence symbolique qui émane des “haters” envers ce qui est considéré comme une “sous-culture”.