Le père doit-il assister à l'accouchement ?

Le père doit-il assister à l'accouchement ?
Le père doit-il assister à l'accouchement ?
Les pères ont-ils toujours participé à l’accouchement ? Les papas modernes sont-ils impliqués dans le suivi médical de la grossesse ? Le Professeur Francis Puech, président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français répond à nos questions.
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Terrafemina : Depuis quand est-ce que les hommes occidentaux sont incités à participer activement à la préparation de la naissance et à l’accouchement ?



Francis Puech* : J’ai commencé à exercer en 1968, et j’ai toujours vu les pères en salle d’accouchement. Depuis 2005, la Haute Autorité de Santé recommande la présence du père auprès de la future mère dans les consultations prénatales et lors de l’accouchement, excepté lorsque la mère préfère rester seule lorsqu’il y a des problèmes dans le couple. Le principal reste que les deux se soient mis d’accord sur le rôle à jouer du père durant la grossesse.
Le problème est que les rendez-vous médicaux et les séances de préparation à l’accouchement ont souvent lieu en journée, cela peut poser des problèmes d’organisation pour les pères.

TF : Comment a évolué l’implication des pères dans la grossesse depuis une quarantaine d’années ?



F.P. : Il est évident que les pères s’investissent davantage. En salle d’accouchement ils sont désormais acteurs : on les invite à couper le cordon, à « faire le chien » - respirer- avec la mère, voire à expérimenter le peau à peau – un premier contact avec le bébé qu’on a généralisé pour la mère-, cela crée un lien très important entre le parent et le nouveau-né.  Mais je ne pense pas qu’on ait forcé les hommes, ils en ont envie et sont heureux de participer à cela.


TF : Est-ce que les sentiments et émotions du futur père au moment de la grossesse et après la naissance sont pris en compte par les équipes médicales qui s’affairent autour de la mère ?



F.P. : Le maître mot du plan périnatalité 2005-2007 n’était plus la sécurisation à outrance de la grossesse mais la prise en charge des émotions de la mère et du couple face à l’évènement de la naissance. On a ainsi mis en place l’entretien prénatal précoce, qui permet au couple de s’exprimer sur ses appréhensions au 4ème mois de grossesse. Mais il est vrai qu’il reste encore des progrès à faire pour permettre aux pères de s’exprimer librement sur leurs craintes. Le retour à la maison peut parfois être très difficile pour eux aussi.

TF : Existe-t-il un baby-blues du papa ?



F.P. : Oui on voit des pères faire une dépression après la naissance. Cela traduit un mal-être dû à une frustration, le sentiment de ne pas être capable de gérer le bouleversement de l’arrivée de l’enfant. Aujourd’hui on prête un peu plus d’attention aux papas, parce que de leur côté ils sont aussi beaucoup plus impliqués dans l’éducation de leurs enfants.

* Francis Puech est président du Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français, il exerce depuis 40 ans au CHRU de Lille.

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