J'ai peur de retourner au boulot : comment gérer mon anxiété ?

Comment ne pas être anxieuse à l'heure de la "reprise" ?
Comment ne pas être anxieuse à l'heure de la "reprise" ?
A l'heure du déconfinement, comment reprendre le boulot sereinement malgré la peur du coronavirus ? Comment gérer son anxiété pour retourner sur son lieu de travail ? Les voix expertes nous répondent.
A lire aussi

Peu à peu, le "monde d'après" se dévoile. Et le déconfinement s'opère, avec plus ou moins de fluidité. Masques et gel hydroalcoolique en mains, mesures sanitaires et gestes barrières dans la tête. Un esprit volontiers alourdi par des émotions très légitimes : le stress, l'anxiété, l'angoisse face à un "retour à la normale" encore incertain. Car qui dit fin du confinement ne dit pas fin du coronavirus.

Dès lors, se pose la grande question : comment regagner son bureau sans avoir la boule au ventre ? Quels réflexes et conseils conserver ou restaurer afin d'évoluer de nouveau au sein de son entreprise ? Des interrogations loin d'être anodines : elles ont autant trait à votre santé physique qu'à votre santé mentale. C'est tout un travail psychologique qu'il faut assurer afin de retrouver une sérénité malmenée depuis des mois.

Mais pas de panique : ce petit guide devrait vous aider à survivre en territoire professionnel déconfiné.

Des efforts psychologiques

Lutter contre le stress, un vrai travail sur soi.
Lutter contre le stress, un vrai travail sur soi.

A l'instar du télétravail - et du quotidien en période de pandémie - la vie en entreprise post-confinement exige d'abord tout un effort d'introspection. C'est ce que nous raconte le magazine de psychologie et de développement personnel Happiful : il est essentiel de s'accorder un temps pour soi en s'interrogeant sur les raisons précises de votre anxiété (vos soucis sont-ils temporaires ou habituels ? L'idée de reprendre votre routine est-elle intimidante ? Éprouvez-vous cela à chaque fin de semaine ?). Le face à face avec soi passe aussi par une focalisation sur l'instant présent : ne laissez plus l'appréhension du lendemain envahir votre cerveau.

L'avantage ? Au boulot, ce focus se décline en actions très concrètes. Organiser ses tâches en planning pour mieux remettre en ordre ses pensées, lister ses priorités noir sur blanc, jouer le jeu du "chaque chose en son temps" pour ne pas se voir submergé·e au fil de votre semaine de reprise. Un pragmatisme qui devrait déjà suffisamment occuper votre esprit pour que ce dernier ne soit pas envahi par le stress ou la panique. Car qui dit angoisse dit moral miné, fatigue, surcharge, et, dans le pire des cas, burn out, dépression...

Raison de plus pour ne pas minimiser vos émotions, surtout par les temps qui courent.

 

Privilégier la bienveillance envers soi-même.
Privilégier la bienveillance envers soi-même.

Mettre de l'ordre dans votre tête en période de pandémie, un principe sur lequel insiste le magazine Stylist, qui recommande une philosophie de vie salutaire : être "sympa" avec soi-même. A savoir, ne pas négliger l'importance de la bienveillance personnelle. A en croire le Dr Arun Thiyagarajan, ce soin pour soi n'a rien d'abstrait et peut prendre diverses formes, de l'exercice physique (respiration, dégourdissement des pattes dans les rues avoisinantes) à la méditation (le credo de bien des applications aujourd'hui), jusqu'aux pratiques les plus simples, comme le fait de prendre l'air à quelques pas de son entreprise, histoire de déconnecter un peu. C'est tout bête, mais il faut y penser.

Et le corps dans tout ça ?

Le retour au taf, une vraie épreuve psychologique.
Le retour au taf, une vraie épreuve psychologique.

Des exercices physiques ? Bien sûr : le corps importe autant que l'esprit dans une telle situation. C'est pour cela que le magazine en ligne Happiful vous suggère d'en prendre soin sans trop tarder, notamment en repensant peu à peu votre alimentation. Réduire sa consommation d'alcool et de caféine est un premier pas. Si le café est d'une précieuse aide quand l'attention se relâche, il s'avère en vérité toujours plus stressant que stimulant.

Au cours de votre semaine, il convient aussi d'éviter les repas trop lourds en graisse et en sucre. Des "réconforts" avant tout temporaires, surtout en période estivale : votre sommeil pourrait bien en subir les conséquences. Au lieu de cela, privilégiez les légumes et testez les boissons décaféinés, moins "tendance" mais plus saines.

Repas de la cantine et angoisses post-confinement, rien à voir, nous direz-vous ? Au contraire ! La caféine et l'alcool peuvent aggraver les pensées anxieuses. Tout en mettant à mal votre système digestif, au passage. Aucun bienfait apporté à votre équilibre de vie donc, c'est même l'inverse.

Bien sûr, ce n'est pas qu'en plein après-midi que l'appréhension nous tiraille. Bien souvent, elle a tendance à hanter nos nuits, surtout quand les semaines sont surchargées. Pour décompresser après une dure journée de travail, on se vide la tête en écoutant des podcasts, on se détend et on se change les idées autant que faire se peut. Afin que le sommeil soit plus léger, pâtes complètes, riz et céréales sont évidemment préférables à des repas moins sains et plus "fat".

Ne pas hésiter à piocher quelques prescriptions supplémentaires du côté de vos consoeurs et collègues. L'idéal pour rétablir une communication déconfinée, malgré la distanciation sociale.

Pour quelques conseils de plus

Comment mieux vivre l'après-confinement ?
Comment mieux vivre l'après-confinement ?

Si l'anxiété au travail n'est pas née avec le coronavirus, la spécificité du contexte que nous vivons ne doit pas être minimisée. Tout comme le retour à une "vie normale" - qui ne le sera plus vraiment. L'accepter est d'ailleurs un bon début pour se sentir mieux. "Reconnaître l'impact psychologique du retour à cette 'nouvelle normalité' qui pour beaucoup est un environnement étranger, est aussi important que de résoudre les problèmes logistiques au sein de l'entreprise", affirme en ce sens la docteure et professeure agrégée de gestion des ressources humaines Shainaz Firfiray à la revue professionnelle Forbes. Plutôt que d'ignorer le malaise, autant le formuler.

Car nous n'affronterons pas cette période sans communication. Tel que l'énonce le site de santé Mental Health, la distanciation sociale ne doit pas vous empêcher de discuter avec vos équipes (si vous êtes manageuse ou manager) et/ou collègues, organiser des espaces d'échanges, s'assurer du bien-être d'autrui et, au lieu des repas face à votre ordi, privilégier les déjeuners en bonne compagnie - l'idéal après des mois d'isolement forcé. Tout en vous permettant de purger - ou tout du moins d'adoucir - votre anxiété tenace, cette sociabilité fera l'effet d'un pas en plus (et d'un poids en moins) vers la restauration relative de votre routine.

"Avec le confinement et le télétravail, on a pu observer que tout l'aspect 'santé mentale' n'avait pas été suffisamment pris en compte par les entreprises. Et d'un autre côté, après tous ces mois, certain·e·s employé·e·s en sont venu·e·s à reconsidérer la place capitale de l'humain dans le travail, comme s'ils l'avaient oublié entre-temps", a constaté la professeure des universités en sciences de gestion Aurélie Dudézert.

Raison de plus pour ne pas négliger cet aspect-là, fondamental pour aborder le travail du "monde d'après" sans trop stresser. Allez, on y croit.