6 films très "girl power" pour devenir la patronne de l'année

Anne Hathaway dans "Le diable s'habille en Prada"
Anne Hathaway dans "Le diable s'habille en Prada"
Besoin d'un brin de motivation pour vos futurs projets pros ? Pas de panique, ces films-là vous boosteront pour le week end. Odes aux working girls, ces perles démontrent que l'avenir appartient aux entrepreneures. Avec un "e", oui.
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Il y a des jours comme ça où la motivation ne vient pas. Parfois. Bon, d'accord, presque tout le temps malheureusement. Comment y remédier ? Avoir confiance en soi ? Et affronter coûte que coûte le grand bain si brûlant de l'entrepreneuriat ? La première solution serait d'y renoncer et d'aller faire une sieste. La seconde, peut-être plus à propos, serait de dégommer quelques conférences TedX de femmes inspirantes (sur YouTube) et une dizaine de podcasts de développement personnel. Mais bon, ce matin, on n'a pas forcément envie d'écouter des dictions style "Deviens ce que tu es" ou de se laisser bercer par des voix trop douces façon ASMR.

Heureusement, il nous reste le nec plus ultra : les films de working girls. Et il y en a beaucoup, d'oeuvres ultra feel good (et très hollywoodiennes), qui nous refilent la pêche tout en magnifiant des personnages féminins ambitieux et exemplaires. "Faibles" ou "fortes", peu importe, ces femmes-là sont tout simplement humaines, attachantes, inspirantes. Énergiques au possible, ces "girl-bosses" se plaisent à inverser la donne au sein d'une société bureaucratique régie par les hommes. Surtout, leur ténacité, leur dynamisme et leur charisme naturel nous donnent envie de soulever des montagnes. La preuve en six films nécessaires à votre vidéothèque de future patronne.

Le plus vintage : "Working Girl"

Melanie Griffith : vous avez dit "iconique" ?
Melanie Griffith : vous avez dit "iconique" ?

Je suis boostée comme jamais car : En plus de nous abreuver en leçons de style plus eighties tu meurs (les rétromaniaques en ressortiraient presque leurs vieux numéros de Vanity Fair), le film de Mike Nichols confronte entre quatre murs (et portes vitrées) deux des plus légendaires actrices de l'époque : Melanie Griffith et Sigourney Weaver. Quelques jours durant, l'une pique plus ou moins la place de l'autre (sa veuve noire de boss) afin de se venger d'un vol de projet pas super fair-play. Et devient vite la collaboratrice de choc du frimeur Harrison Ford, un homme d'affaires un peu trop dragueur, à la fois ringard et cool - Harrison Ford, quoi.

Working Girl, c'est l'histoire d'une secrétaire timide qui prend son envol et atteint les sommets. Au sein d'une époque où "cours de la bourse" rime avec "testostérone" (Charlie Sheen et Michael J Fox jouent alors les businessmen burnés dans Wall Street et Le secret de mon succès), cela fait le plus grand bien de voir Griffith en nerd de l'économie, aussi brillante que maladroite, et Weaver en garce parfaite qui mène son entourage par le bout de la b(r)aguette. Notre secrétaire royale est parfois triste, parfois euphorique, toujours culottée, déterminée et lucide. On l'aime. Bien que sous cette success story, le réalisateur du Lauréat assène une assertion pas si tendre : dans le monde de l'entreprise, la sororité n'a pas sa place. C'est tristoune.

Toujours pas motivée ? : On se laissera peut être tentée par Président d'un jour, où ladite Sigourney Weaver incarne ni plus ni moins que la Première dame des Etats-Unis. LA patronne. Quoi de plus logique ?

Le plus drôle : "Morning Glory"

Une bossgirl déchaînée comme jamais.
Une bossgirl déchaînée comme jamais.

Je suis boostée comme jamais car : Ford, deuxième ! Quel plaisir de retrouver l'interprète d'Indiana Jones dans cette satire du cirque médiatique aussi cinglante qu'une ceinture bien serrée. Il y incarne Mike Pomeroy, mythe décati du journalisme qu'une jeune productrice va remettre sur les rails. Enfin, tenter. Car Pomeroy, troisième homme le plus odieux au monde, se fiche bien de cette Matinale qu'il est censé co-animer. On adore le détester. Mais la véritable "morning glory", ne vous y trompez pas, n'est en rien ce sale bonhomme. Non, il s'agit de la productrice en question, Becky Fuller, interprétée avec un pep's désarçonnant par Rachel McAdams.

Becky Fuller est un peu seule contre tous. Elle doit subir les directives d'un patron désabusé (Jeff Goldbum), la sauce laborieuse d'une émission déjà démodée et les caprices insupportables d'arrogance de l'infect Pomeroy. Qu'à cela ne tienne. Accro à son Blackberry, optimiste invétérée, fangirl absolue de l'histoire de la télévision américaine (et des récits de ceux et celles qui l'ont faite), si tournoyante que chacun s'attend à ce qu'elle chante à la fin de ses pitchs, la jeune femme est aussi désespérée "qu'hargneuse" - c'est elle-même qui le dit. Du genre à balancer quatre CVs à la fois. Ce n'est pas cet acharnement qui la rend si chic, mais sa passion. Sincère. Et puis, aux côtés de Diane Keaton (co-anchorwoman et ex-Miss Arizona), elle n'hésite pas à moucher les vieux mâles blancs en manque de complaisance.

Toujours pas motivée ? : Late Night. Aux côtés d'une Emma Thompson dont le charisme n'est plus à louer, la trentenaire Mindy Kaling rêve, envers et contre tout, de croquer un petit bout de rêve américain.

Le plus gourmand : "Julie et Julia"

La technique du homard, une belle allégorie.
La technique du homard, une belle allégorie.

Je suis boostée comme jamais car : Il est toujours aussi bon de (re)découvrir les films de la regrettée Nora Ephron, qui du scénario de Quand Harry rencontre Sally au plus méli-mélo Nuits blanches à Seattle sait comme personne dépeindre des figures féminines à la fois vulnérables et puissantes, pas si "battantes" et pourtant si fortes. Julie et Julia nous embarque sur cette voie en relatant la liaison abstraite qui d'un siècle à l'autre unit Julie Powell, blogueuse culinaire admirable de ténacité, et la cheffe Julia Child, grand nom de la cuisine outre-Atlantique. Épaulées par leurs Jules (sans directives ni jalousie, ce qui est fou), ces deux queens culinaires affirment leur indépendance. Les vertus girl power de la gastronomie.

Car Julie et Julia est une belle allégorie où cassoulet, beurre blanc et mayonnaise sont autant de prouesses que l'on réalise malgré les injonctions sociales (un monde de la restauration majoritairement masculin pour Julia, un taf "alimentaire" à se tirer une balle pour Julie). Lorsque Julie affronte un homard, elle reprend confiance en elle. Et l'adage qu'elle partage avec son role model ("on ne met jamais trop de beurre !") est la clef de son bonheur. Cette éloge de la gourmandise fait de la cuisine un lieu de création où les singularités s'émancipent, au fil des crêpes, pâtisseries et pigeons. Julia influence Julie malgré elle, et de cette inspiration éclot la recette du succès.

Toujours pas motivée ? : Poursuivre sur sa lancée et tenter Vous avez un message. Evidemment ! Chez Nora Ephron, Meg Ryan semble toujours occuper les mêmes postes, tantôt libraire tantôt journaliste. New-Yorkaise typique, libre et indépendante, elle nous amuse par ses imperfections et nous inspire indéniablement au gré des comédies romantiques où elle évolue. Sur fond de ritournelles jazzy (toujours), la rayonnante Meg essuie les goujateries, les désillusions et les coups de blues. Difficile de ne pas le considérer comme une âme soeur, du coup.

Le plus feel good : "Le nouveau stagiaire"

La queen Anne dans toute sa splendeur.
La queen Anne dans toute sa splendeur.

Je suis boostée comme jamais car : Cette jolie fable aussi inoffensive qu'un chocolat Mon Chéri câline nos affects trop fragiles en dépeignant l'union solidaire entre un stagiaire senior (Robert De Niro, papy gâteau croquant) et une patronne en manque de confiance. Ou plutôt, à qui l'on n'accorde pas forcément la confiance qu'elle mérite. Heureusement, le grand-père est là pour motiver cette ambitieuse qui échappe miraculeusement aux clichés - ni antipathique despote, ni "mère indigne". Lorsque son collègue souhaite déléguer ses responsabilités, elle décoche : "Mark Zuckerberg n'a jamais engagé de PDG, et c'était un adolescent". Comment lui donner tort ?

Bien sûr, les quelques protocoles qui ressortent de sa start-up de e-commerce (une entreprise à la Facebook où l'on s'applaudit au moindre like sur Instagram) nous donne un petit peu envie de fuir en hurlant, mais qu'importe : dans le rôle de la girlboss Jules Ostin, Anne Hathaway excelle, grand mix d'autorité et de fébrilité, un peu trop surmenée mais emplie d'empathie. Une femme exigeante qui, aux côtés de son mari père au foyer, correspond on ne peut mieux à l'air du temps. Plutôt que d'aligner des gags ronflants du type "vieux schnock sexiste maugréant sa jeune patronne", la réalisatrice Nancy Meyers fait l'exacte inverse et nous offre un film d'entrepreneure taclant aussi bien le sexisme que l'âgisme. Bon taf, net et sans bavure.

Toujours pas motivée ? : Foncez derechef (re)voir Le diable s'habille en Prada, où dénote déjà Anne Hathaway en souffre-douleur d'une sanguinaire simili-Anna Wintour, survivant tant bien que mal au sein de l'univers impitoyable des magazines de mode. Un peu-beaucoup maso, l'on se mettrait presque à en rêver. Difficile de trouver satire girly plus incisive.

Le plus féministe : "La revanche d'une blonde"

Le plus culte !
Le plus culte !

Je suis boostée comme jamais car : Le simple nom d'Elle Woods suffit à esquisser un sourire. Par-delà ses performances saluées (de Sexe Intentions à Walk the Line), Reese Witherspoon restera à jamais l'héroïne de Legally Blonde, ce film si "teen movie des années 2000" qu'il devrait être enseigné dans les écoles de ciné. L'actrice porte à bout de bras ce personnage de poupée Barbie tordant le bras aux blagues sur les blondes tout en y sombrant avec délectation. Pour récupérer son mec, Elle Woods, native de Bel Air et grande lectrice de Vogue, va investir les cours de droit d'Harvard. Et, en fin de compte, briller par ses joutes juridiques. Car ce n'est parce que son curriculum vitae sent le lilas et que ses escarpins détonnent un peu trop dans les couloirs de l'université que notre protagoniste n'a rien à faire ici.

Bien au contraire, celle dont l'histoire oscille entre Rocky et Britney Spears va même se faire avocate des femmes opprimées. Il faut dire que la rhétorique, c'est son truc : elle a même dissuadé Cameron Diaz de s'acheter un pull en angora orange. Sa philosophie (celle du "à toi de jouer"), son excentricité détonante et sa confiance inépuisable en font une reine et une grande ennemie des "pitoyables trous du cul" un peu trop libidineux. Bref, La revanche d'une blonde, c'est du pop-féminisme qui se déguste comme un collier de bonbons à la cerise. Les mauvaises langues pointeront du doigt l'humour régressif (assumé), mais difficile de passer à côté des leçons de vie si mind positive de cette super-héroïne à l'allure de Marilyn.

Toujours pas motivée ? : Alors lisez cette ode à l'empouvoirement signée Reese Witherspoon : l'ambition n'est pas un gros mot. "Je propose à chacun d'entre vous de s'interroger : que faisons-nous maintenant? C'est une grande question. Que penses-tu ne pas pouvoir accomplir dans la vie ? Ou plutôt, les gens t'ont-ils dit que tu ne pouvais pas le faire ? Ne serait-il pas agréable de leur prouver qu'ils ont tout faux ? Car l'ambition n'est pas un gros mot. Cela consiste à croire en soi et en ses capacités".

Le plus iconique : "Erin Brockovich"

Julia Roberts seule contre tous.
Julia Roberts seule contre tous.

Je suis boostée comme jamais car : Rien de mieux que le sourire de Julia Roberts (ni ce n'est celui de Mona Lisa) pour enchanter des journées passées à procrastiner. En incarnant l'exemplaire Erin Brockovich, chômeuse élevant à la force du poignet ses trois enfants, s'érigeant peu à peu en salutaire lanceuse d'alerte bien décidée à révéler un scandale sanitaire d'ampleur nationale (et ce malgré les obstacles qu'elle rencontre sur sa route), la comédienne trouve l'un de ses plus grands rôles. De quoi s'intéresser d'autant plus à la vraie Erin Brockovich, autodidacte forcenée et militante de l'environnement toujours aussi active à l'heure où ces lignes s'écrivent.

Elle fait d'ailleurs une courte apparition dans le film qui porte son nom. Qui de mieux que Roberts pour faire entendre la dignité de cet esprit libre, mais également son irrévérence sanguine pétrie de nombreux "allez vous faire foutre" ? Qui de mieux pour cingler "Je déteste les avocats, je ne fais que bosser pour eux" ? Personne, rétorque l'Académie des Oscars, qui décerne à l'actrice une statuette bien méritée. Justice et fuck off attitude ne font pas forcément mauvais ménage. Bon à savoir pour votre carrière.

Toujours pas motivée ? : Si par "patronne" l'on entend "actrice mondialement adulée qui s'entiche d'un libraire un peu nunuche", une petite séance "pop corn + Coup de foudre à Notting Hill" devrait faire l'affaire.