200 élues et militantes féministes demandent la démission de Damien Abad

"La question est simple : Damien Abad peut-il, comme ses fonctions le requièrent, incarner l'intérêt général ?". La démission du ministre des Solidarités Damien Abad, accusé de violences sexuelles, c'est ce qu'exigent 200 élues et militantes féministes l'espace d'une tribune.
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"Nous, femmes de tous milieux professionnels, de tous bords politiques, demandons la démission immédiate de Damien Abad et de toute personne mise en cause pour violences sexuelles ayant un mandat politique". Dans une tribune publiée dans Le Monde, 200 élues et militantes féministes réclament la démission du ministre des Solidarité Damien Abad.

Nommé au sein du nouveau gouvernement en dépit d'un signalement pour des faits présumés de viols, le député Damien Abad fait l'objet d'accusations de violences sexuelles de la part de trois femmes, Chloé, 41 ans, et Margaux, 35 ans, avaient témoigné auprès de Mediapart en mai dernier pour des faits présumés qui remonteraient à 2010 et 2011. Le site d'investigation a également recueilli le témoignage d'une élue centriste, Laëtitia, dénonçant une tentative de viol qui aurait eu lieu en 2010.

Militantes et élues exigent suite à ces accusations le départ du ministre.

"Comment incarner l'intérêt général ?"

"Le maintien de Damien Abad au sein du gouvernement est le symptôme de la grande résistance qu'opposent les réactionnaires aux femmes qui prennent la parole depuis des années et peinent à être entendues. En reléguant à la justice le pouvoir unique de trancher, le gouvernement fait preuve d'une grande lâcheté", détaille la tribune.

Initié par l'Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique et l'association #NousToutes, le texte bénéficie des signatures d'Alice Coffin, Adèle Haenel, de la sénatrice socialiste Laurence Rossignol et de la députée LFI Clémentine Autain. "La question qui se pose est simple. Damien Abad peut-il, comme ses fonctions le requièrent, incarner l'intérêt général ? Le peut-il, alors que trois femmes l'accusent de viol ou de tentative de viol et que de nombreuses personnes, y compris des élus de la République, ont témoigné de comportements inappropriés ?", poursuit le texte.

"Son maintien est un symbole qui impacte la société tout entière. Rappelons qu'un viol est commis toutes les six minutes en France, et qu'un féminicide par un conjoint ou ex-conjoint est commis tous les deux jours et demi. Pour traiter cette question de sécurité et de santé publique, il est urgent de créer un climat de confiance dans nos institutions", fustige encore la tribune, qui s'alarme : "Si des ministres peuvent agir en toute impunité, un blanc-seing semble être envoyé à tous les autres".

Une tribune qui témoigne d'une indignation collective. "On ne peut pas se contenter d'humilier encore la parole des femmes", soulignait l'écologiste Sandrine Rousseau lors de la soirée électorale des législatives ce 19 juin. La nouvelle députée de la 9e circonscription de Paris réagissait à l'annonce de la victoire du ministre des Solidarités, réélu dans la cinquième circonscription de l'Ain. Elle a alors promis : "Le jour où Damien Abad entrera dans l'Assemblée, il y aura 180 députés de la Nupes (Nouvelle union populaire écologique et sociale) qui feront le chahut nécessaire pour qu'on ne puisse pas l'entendre."