Revoir ses proches dès maintenant, est-ce bien raisonnable ?

Revoir ses proches dès maintenant, est-ce bien raisonnable ?
Revoir ses proches dès maintenant, est-ce bien raisonnable ?
A quelques heures du premier week-end déconfiné, l'humeur est aux retrouvailles. Famille ou ami·e·s, il nous tarde de nous précipiter vers celles et ceux qui nous ont manqués. Seulement, comment faire sans prendre de risques, pour eux comme pour nous ? Et finalement : est-ce une bonne idée ?
A lire aussi

Pour celles et ceux dont les proches se trouvent à moins de 100 km, ce vendredi soir sonne comme un moment de fête. Après huit semaines de confinement, dans l'impossibilité - justifiée - de fréquenter les membres de son entourage, on peut à nouveau profiter de nos week-ends pour les fréquenter. Même à plus de dix dans les lieux privés, a d'ailleurs annoncé Edouard Philippe jeudi 14 mai.

Seulement, le Covid-19 circule toujours et la population n'est pas à l'abri d'une deuxième vague, potentiellement nourrie par les élans d'affection après de longs mois isolés. Alors, doit-on se ruer dans les bras de nos ami·e·s et parents ? Non. Mais si on adopte les bons réflexes, les retrouvailles restent tout de même possibles.

Respecter les gestes barrières (et doucement sur l'alcool)

Au Japon, le média NHK, en collaboration avec des scientifiques, a réalisé une expérience filmée pour démontrer la rapidité avec laquelle se propage le virus entre les personnes. L'étude observe le comportement de "clients" mis en situation dans un restaurant où l'on se sert au buffet. Le coronavirus est représenté par un liquide uniquement visible sous ultra-violets, qu'un seul participant applique sur ses mains. Cela pourrait représenter le fait qu'un malade éternue dans ses mains sans les laver ensuite, par exemple.

Les "convives" dînent normalement, et à la fin du repas, les lumières s'éteignent pour révéler la présence du liquide, et donc du virus hypothétique. Résultat : les assiettes, les verres, les mouchoirs et même les visages de toute la salle sont souillés. Et ces personnes, désormais "contaminées", véhiculeront le virus à leur tour à l'extérieur ou à leur domicile.

Pour éviter un maximum de propager l'épidémie, il est donc essentiel de se tenir à distance, même lors de rassemblements en petit comité. On le rappelle, on peut être porteur sain du Covid-19, et donc contaminer les autres sans ressentir aucun symptôme. Lorsqu'on se rend chez quelqu'un, on évite ainsi le contact physique, qu'il s'agisse d'une poignée de main, de la bise ou d'une accolade. On se lave les mains tout de suite en arrivant chez l'hôte, puis on enlève chaussures, sac et manteau que l'on laisse dans un coin.

Pour ce qui est du partage du repas, ou de l'apéro, il est important de rester à une distance d'au moins un mètre de nos proches. Les autorités appellent également au bon sens, et à ne pas partager de verre, de couverts, ni de piocher des chips dans le même bol. Et puis, de ne pas abuser de boissons alcoolisées, qui rendent le respect des gestes barrières moins scrupuleux.

Et les grands-parents ?

Privés de leurs enfants et petits-enfants pendant ces longues semaines, les personnes âgées sont nombreuses à avoir témoigné d'une solitude terrible. Le déconfinement apparaît donc comme l'occasion de rendre visite à nos aîné·e·s. Mais attention, comme l'indique Michèle Delaunay, cancérologue, ancienne ministre et présidente de l'Institut de santé publique et épidémiologie (Isped Bordeaux), à Sud Ouest, "les personnes âgées sont les plus touchées mais surtout les plus tuées par le Covid-19".

Elle incite les ancien·ne·s à se rapprocher de leur médecin pour évaluer les risques. Pour Jacques Battistoni, président du syndicat des médecins généralistes de France, si visite il y a, les concerné·e·s doivent redoubler de prudence : "Il vaudrait mieux se revoir en gardant une distance de deux mètres pour être vraiment prudents en utilisant un masque", avise le spécialiste au journal régional. Et ne pas risquer la contagion avec des câlins pourtant si attendus.