Elle ramasse les déchets en rentrant du travail à vélo (et le résultat est désolant)

A Laval, elle ramasse les déchets et en tire des conclusions.
A Laval, elle ramasse les déchets et en tire des conclusions.
"Tous les jours, il y a quelqu'un(e) qui jette quelque chose : sa canette, ses mini-bouteilles de vin, son paquet de clopes". A Laval, Nathalie Bouleau s'applique à ramasser les dépôts sauvages depuis le début du confinement. Le constat qu'elle tire de ce grand nettoyage est désespérant.
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"Dame nature te remercie", "C'est du bon boulot !", "C'est impressionnant tout ce qu'il y a", "Bravo Nath !". Sur Facebook, les internautes abondent pour applaudir la "b.a" de Nathalie Bouleau. Cela fait plus de trois mois que cette citoyenne altruiste de Laval (en Mayenne) s'est attelée à une tâche plus considérable qu'il n'y paraît : ramasser les déchets qu'elle croise sur les chemins forestiers qu'elle arpente en rentrant de son travail à vélo.

Résultat ? D'Ahuillé et Laval, une dizaine de kilomètres seulement, pour bien plus de dépôts sauvages, éparpillés. Il suffit de lire le témoignage de la Mayennaise : "Tous les jours, il y a quelqu'un(e) qui jette sa canette, ses mini bouteilles de vin, son paquet de clopes et ses mégots, ses papiers de bonbons, ses mouchoirs...". Ce à quoi l'on pourrait ajouter : ses packs de bières, ses gobelets, ses bouteilles en verre... Tout simplement affligeant.

Pour mieux se rendre compte de la situation, il suffit de jeter un oeil aux quelques photos et vidéos publiées par la citoyenne indignée sur son mur. Déposés sur une bâche, les déchets s'accumulent à n'en plus finir.

Partagé plus de 250 fois en quelques jours, ce témoignage n'éveille pas vraiment notre enthousiasme quant à la qualité du fameux "monde d'après"...

"Et le pire c'est que ça continue"

Car l'après ne peut s'envisager sans aiguiser sa conscience écolo et son respect de l'environnement. "Est-ce que les gens ont retenu une leçon de cette période de confinement ? Pour moi, c'est variable. Mais en tout cas, les personnes qui étaient déjà sensibilisées aux enjeux écologistes le sont encore plus, et sont désormais convaincues de la possibilité d'un changement drastique et radical de notre société", nous expliquait le vidéaste militant Vincent Verzat (auteur de la chaîne YouTube "Partager c'est sympa") aux prémices du déconfinement.

Hélas, force est de constater que toutes et tous ne se démènent pas pour permettre ce changement "radical". Et cela désespère plutôt Nathalie Bouleau. "Ça me dégoûte. Et le pire c'est que ça continue ! Si vous avez une idée pour que cela s'arrête je suis preneuse", poursuit l'internaute. "Malheureusement le chemin est encore très long pour que les gens changent leurs mauvaises habitudes. Nous sommes loin de comportements responsables. Nous faisons la même chose sur les plage et la mer... il y a du travail !", déplore en retour l'un de ses interlocuteurs.

"J'habite aux bords de Marne, et quand je m'y promène, je fais de même. Je me sens aussi très souvent démuni face à ce manque de conscience humain", poursuit une autre voix anonyme. Dans les commentaires, nombreuses et nombreux sont celles à reproduire les gestes civiques de la Mayennaise. Ce qui suggère que les abus des pollueurs sont évidemment loin de se limiter à Laval... De quoi appuyer les mots lucides de Marie Toussaint. militante écologiste et cofondatrice de l'association Notre affaire à tous : "Aujourd'hui, c'est comme si l'on prévoyait un 'monde d'après' différent mais avec les mêmes pratiques... et en pire !".