Certaines entreprises françaises rechignent toujours à appliquer l'égalité femmes-hommes

Elisabeth Borne, Ministre du Travail de l'Emploi et de l'Insertion, arrive à Matignon.
Elisabeth Borne, Ministre du Travail de l'Emploi et de l'Insertion, arrive à Matignon.
Si l'égalité salariale semble "en progression" selon la ministre du Travail Elisabeth Borne, certaines entreprise font de la résistance.
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37 % des entreprises françaises comptent moins de deux femmes parmi les dix plus hautes rémunérations, comme le rappelle le journal économique Les Echos. Pandémie mondiale ou non, les inégalités salariales et professionnelles perdurent envers et contre tout en France. C'est ce que dénonce aujourd'hui la ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion Elisabeth Borne.

Par exemple ? Si pour l'année 2020, 97% des entreprises de plus de 1000 salarié·e·s ont déjà publié leur index d'égalité professionnelle, 16 680 entreprises de 50 à 250 salarié·e·s (soit 4%) ne l'ont toujours pas publié. Cet index, mis en place en mars 2019, comprend de nombreuses réalités statistiques, comme l'écart de rémunération entre les sexes bien sûr, mais aussi l'écart des augmentations et des promotions annuelles, ou encore la présence des femmes au sein des salaires les plus importants de l'entreprise.

"Les lignes ont bougé car il y a un an, 17% des entreprises avaient des notes inférieures à 75/100 (seuil en dessous duquel elles doivent redresser la barre pour éviter des sanctions- ndlr), il n'y en a plus que 4% aujourd'hui", souligne néanmoins Elisabeth Borne, qui applaudit le fait que "beaucoup d'entreprises sont dans une dynamique de progression."

C'est désormais aux services de la Direction générale du travail que revient la tâche de contacter les 16 680 entreprises de 50 à 250 salarié·e·s qui ne témoignent pas d'un "indice" satisfaisant. La route semble décidément bien longue.

Un sexisme qui dure

"La crise ne doit pas faire passer au second plan la lutte contre les inégalités salariales", poursuit encore Elisabeth Borne dans les pages du Parisien. La ministre désire remédier à cette situation. Interrogée par le journal, elle promet "d'engager une concertation" avec les partenaires sociaux afin de compléter au plus vite cet index de l'égalité professionnelle d'un nouveau critère : la part des femmes dans la catégorie des cadres dirigeant·e·s. Ce n'est pas la moindre des failles à combler au sein du secteur pro.

Et pour tenter de "combler" tout cela, justement, le gouvernement n'hésite désormais plus à sanctionner. Comme l'énonce Franceinfo, deux entreprises auraient déjà été sanctionnées en ce sens. L'une d'elles devra payer une amende équivalente à 0,8% de sa masse salariale, explique Elisabeth Borne. Et une centaine d'entreprises ont fait l'objet d'une mise en demeure depuis mars 2019. Des mesures symboliques dans un pays où les femmes gagnent en moyenne 9% de moins que les hommes. Un pourcentage qui peut monter jusqu'à 27 %. Vertigineux.

L'an dernier, un communiqué du gouvernement assurait à ce titre que cette obligation pour les entreprises de plus de 1000 salarié·e·s de publier leur index de l'égalité femmes-hommes faisait de la France "le pays ayant la législation la plus avancée du monde sur le sujet". Rien que ça. Cependant, et malgré une "obligation de résultats" promise par le site du gouvernement, les choses changent très, très lentement. Le site le déplore noir sur blanc : "Depuis 46 ans, la loi oblige à ce qu'à travail égal, une femme soit payée autant qu'un homme. Or dans les faits, c'est loin d'être le cas".