Ces candidates viennent de marquer l'Histoire des élections américaines 2020

Sarah McBride, première sénatrice transgenre.
Sarah McBride, première sénatrice transgenre.
Alors que l'issue de l'élection présidentielle n'est pas encore connue et que les scores de Joe Biden et Donald Trump s'avèrent encore fort serrés, une question se pose cependant : et si la révolution avait déjà eu lieu ? Car les nouvelles nominations enthousiasmantes ne manquent pas. Tour d'horizon.
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Si la vague démocrate n'a pas noyé encore le candidat républicain Donald Trump, loin de là, les nouvelles n'en restent pas moins (relativement) bonnes du côté de la scène politique américaine. Notamment si l'on dirige son regard vers les sièges du Congrès. De nouvelles représentantes du peuple américain brillent par leur militance, leur singularité et leur engagement. Elles ont un rêve : le songe d'une nation plus tolérante et inclusive.

Un idéal compliqué à choyer dans un pays encore bousculé par le président sortant misogyne, raciste, homophobe et transphobe. Et pourtant, certaines nominations, nationales et locales, démontrent que cette ambition n'a vraiment rien d'utopique.

Celle de Sarah McBride par exemple, qui est devenue la première sénatrice transgenre de l'Histoire des Etats-Unis. Le 3 novembre dernier, la démocrate de 30 ans a effectivement été élue dans son État du Delaware (sur la côte est des États-Unis) avec pas moins de 80% des voix. Un score lui aussi historique.

"Nous l'avons fait ! Nous avons remporté les élections générales. J'espère que cette victoire prouvera aux enfants LGBTQ que notre démocratie est assez grande pour eux", a réagi la jeune femme. Une consécration pour celle qui, comme le rappelle le magazine Vanity Fair, était déjà chargée de l'engagement du public et des affaires intergouvernementales sur les questions LGBTQ+ lors de la présidence Obama. Cela fait au moins huit ans que la démocrate s'investit ouvertement pour défendre le respect des droits des minorités aux Etats-Unis.

Mais Sarah McBride n'est pas la seule des personnalités singulières à avoir remporté une victoire démocratique ces dernières semaines.

Des victoires réjouissantes

Sarah McBride, première sénatrice transgenre.
Sarah McBride, première sénatrice transgenre.

On pourrait aussi vous évoquer Cori Bush, la première femme noire déléguée au Congrès par l'État du Missouri. Une élue de convictions s'il en est. Démocrate saluée par Bernie Sanders, l'Afro-Américaine est connue pour ses dénonciations courageuses des violences policières. Progressiste, elle défend le droit à une couverture de santé universelle, une initiative des plus salutaires alors que le pays sombre sous les effets de la pandémie.

Citons également la médecin Michelle Au, première femme américaine d'origine asiatique à résider au Sénat de l'État de Géorgie. Interrogée par le magazine en ligne The Lily, la docteure insistait notamment sur l'importance d'élargir l'accès aux soins pour les citoyens américains, et vite. "Nous sommes en pleine pandémie et les populations sont d'autant plus malades qu'elles ne profitent pas d'un accès plus large à l'assurance maladie. Cela rend notre État particulièrement vulnérable à certains des effets les plus graves du coronavirus", déclare-t-elle. Un nom à retenir à l'heure d'une crise aussi bien sanitaire et économique que sociale.

Mais l'on pourrait encore vous parler de Mauree Turner. Comme l'indique le magazine People, Turner est la première personne non-binaire et musulmane élue à la State House de l'Oklahoma (Etat du Centre sud des États-Unis), législature d'État qui lui permettra de parler pour celles et ceux qui, de par leur culture, leur religion ou leur identité queer, subissent discriminations, mépris et incompréhension.

Une lutte qu'entend volontiers Stephanie Byers, représentante de l'Etat du Kansas, qui devient première législatrice amérindienne et transgenre de l'histoire des États-Unis. Une position loin d'être évidente dans un Etat si conservateur. Quels que soient les résultats finaux des élections présidentielles américaines (nous devrions y voir plus clair ce 6 novembre), voilà déjà des paroles libres que Trump ne pourra pas brimer.