J'ai tout pour être heureuse... et pourtant : comment remonter la pente ?

Comment être heureuse ?
Comment être heureuse ?
Vous avez tout pour être heureuse, mais pourtant, vous ne parvenez pas à être sereine et épanouie. Voici les conseils de la psychologue Marie Caucanas, pour accueillir ces pensées négatives et remonter la pente.
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De plus en plus de femmes, de tous âges, viennent consulter. Un besoin de parler qui est souvent d'abord ignoré, éloigné, enfoui, voir refoulé, car pourquoi ces femmes iraient-elles consulter puisqu'elles ont tout pour être heureuses ? Et pourtant, il y a bien une souffrance. Regardez cette jeune femme trentenaire, qui a choisi sa profession, choisi son mode vie, a une belle situation, qui partage des moments avec des amis, qui a des relations amoureuses et qui pourtant, au fond d'elle, n'est pas heureuse. Parlons de cette mère de famille, mariée ou en couple, un partenaire qui la soutient, l'accompagne, des enfants, une profession et pourtant ressent un grand vide.

Se sentir coupable d'aller mal


Oui, aujourd'hui à n'importe quel âge, il faut être heureux·se. Beaucoup de "potions magiques" sont proposées pour aller bien, en permanence. Aller mal ramène à un sentiment de honte, voir d'impuissance ou d'échec : "Je suis faible".

Mais est-ce possible d'aller toujours bien ? Le fait d'avoir tout nous rend-il heureux ? Célibataire ou en couple, il faut plaire. Pour être aimée d'un·e conjoint·e, de ses ami·es, de sa famille, certaines femmes n'hésitent pas à vivre au travers du désir de l'autre. Elles vont parfois jusqu'à se perdre. Elles vont jusqu'à s'oublier totalement.

Des réponses à trouver dans l'enfance


Pour comprendre cela, bien souvent il faut remonter dans les souvenirs de l'enfance. Un enfant qui ne sera pas regardé avec bienveillance par ses parents manquera d'estime et de confiance en lui. Des parents présents physiquement mais absents mentalement, pourront aussi laisser des cicatrices chez l'enfant qui n'aura pas eu ce bagage suffisamment contenant et valorisant pour exister. Alors, adulte, il ira chercher peut-être, toute sa vie, ce regard qui lui aura manqué et qui lui apportera du réconfort.


Les enfants non désirés ou les enfants dont les parents sont très exigeants peuvent rencontrer ces problématiques. Ils chercheront, pour exister, à satisfaire le désir de l'autre, le désir d'un conjoint par exemple au point de s'oublier dans la relation. Le bonheur sera difficile à atteindre également chez les enfants dont les parents sont dépressifs. L'enfant grandira dans un environnement pesant, lourd en voyant le monde de manière sombre et négative. Ils ne s'autoriseront pas à être heureux car seront comme imprégnés de cette morosité.


Les traumatismes familiaux, transmis de manière inconsciente, poursuivent les individus dans leur existence s'ils ne sont pas verbalisés. Par exemple, une mère rêvait toutes les nuits qu'elle était poursuivie et qu'un homme pénétrait dans sa chambre par la fenêtre. Elle apprendra quelques années plus tard que sa mère avait été violée durant son enfance. La thérapie l'aidera à verbaliser, à extérioriser ce traumatisme longtemps inconnu consciemment, mais qui se manifestait à travers les rêves. Cela lui apportera un certain soulagement et elle apprendra à vivre avec cette histoire familiale.


D'autres femmes, mal dans leur peau, jouent un rôle, montrant d'elles des personnes très extraverties pour cacher un mal-être, une timidité profonde. En apparence comblées, elles se retrouvent pourtant en quête d'authenticité. La question qu'elles recherchent dans le fond est : qui suis-je ?

Et la biologie ?


Il est aussi démontré que des facteurs biologiques influencent aussi cette aptitude au bonheur. Mais l'environnement joue un grand rôle. Déjà tout bébé, être entendu·e et compris·e par la mère, celle qui saura s'adapter et répondre à son bébé, apporte une base sécure pour la suite. L'enfant doit être accompagné dans son épanouissement global, individuel, social, familial, culturel...

Comment être plus heureuse ?
Comment être plus heureuse ?

Comment s'en sortir ?


Ne pas se culpabiliser si vous avez l'impression de tout avoir et de ne pas être heureuse. C'est bien la différence entre être et avoir. Cette prise de conscience, cette "plainte", est un premier pas pour accepter ce mal-être et peut-être commencer un travail sur vous-même. Écoutez ces plaintes. Que viennent-elles dire ? Les séances en thérapie vous aideront à mettre du sens sur ce ressenti et vous accompagneront dans cette quête du moi.


Il s'agit de reconquérir la confiance en soi en étant à l'écoute des manifestations de son corps. Accueillir les sensations quand elles arrivent et comprendre à quel moment elles arrivent. En effet, nous avons vite tendance à repousser le stress, lutter contre l'angoisse ou inversement, quand nous nous sentons bien, quand nous sommes calmes, serein·es, enthousiastes...

Par un exercice à base de relaxation, respiration, projection et visualisation, travaillez "la réussite".

Pour cela, vous allez laisser venir à vous une situation/un projet qui vous tient à coeur et que vous aimeriez réaliser, mais qui génère stress et blocage. Il est alors difficile de vous projeter positivement dans ce projet. Nous allons visualiser la réussite de cet événement/projet :

  • Installez-vous en posture assise, pieds bien à plat, tête dans l'axe de la colonne vertébrale et les épaules relâchées. Sentez-vous le plus relâché·e possible.

  • Prenez une respiration ventrale et laissez-vous bercer par le mouvement de votre respiration avec votre ventre qui se gonfle et se dégonfle.

  • Relaxez-vous au rythme de votre respiration qui diminue le rythme cardiaque. Respirez maintenant de manière agréable.

  • Passez en posture dynamique : le dos n'est plus en appui, mais bien droit.

  • Si vous ressentez des éléments négatifs, lors de l'inspiration, regroupez-les à l'intérieur de vous et à l'expiration, sentez-les et visualisez les sortir de votre tête, de votre corps et relaxez-vous. Répétez 3 fois.

  • Maintenant, laissez venir à vous cette situation, ce projet que vous souhaitez réaliser. Projetez-vous, quelques jours/semaine plus tard en ayant réussi/vécu cette situation.

  • Savourez le bien-être qui s'empare de vous, ce sentiment de satisfaction, de plaisir, de légèreté, de bien-être.

  • Prenez le temps d'accueillir ces émotions qui vous inondent. Laissez-les s'ancrer dans votre corps.

  • À l'inspiration, faites entrer en vous des sensations et des mots tels que la confiance, la sérénité, le bien-être... et à l'expiration, diffusez dans votre corps toutes ces sensations, qui circulent des pieds à la tête et de la tête aux pieds, dans tous vos muscles, tous vos organes.

  • Repassez en position de relation, dos appuyé.

  • Savourez quelques secondes/minutes ces sensation agréables et apaisantes.

  • Reprenez contact en prenant 3 grandes respirations ventrales et ouvrez les yeux quand vous vous sentez prêt·e.


Par Marie Caucanas, psychologue et hypnothérapeute certifiée et validée par le réseau de Medoucine.

 

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