Pourquoi ce changement de l'appli de rencontres gay Grindr est important

Aux choix "top" ou "bottom", l'appli de rencontres utilisée par 11 millions d'hommes gays par mois dans le monde a rajouté la catégorie "side". Une modification applaudie par la communauté concernée.
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C'est une décision qui s'attaque à une stigmatisation répandue au sein de la communauté gay. À la mi-mai, l'appli ultra-populaire Grindr a ajouté "une position appelée 'side', une désignation qui bouleverse le binaire qui a historiquement dominé la culture masculine gay", rapporte le Guardian.

Se définissent comme sides "les hommes qui trouvent leur épanouissement dans tous les types d'actes sexuels, à l'exception de la pénétration anale", poursuit le média. Une préférence souvent critiquée, certains considérant les concernés comme "paresseux" ou "asexuels", note Neon. D'où l'importance de hisser cette catégorie au même niveau que "top", "bottom" et "verse" pour versatile.

"Pourquoi ai-je honte de ça ?"

"Beaucoup de gens se sentent stigmatisés", a déclaré Lucien Samaha, New-Yorkais de 64 ans qui s'identifie comme side, au média britannique. "On vous fait sentir que vous êtes moins qu'une personne gay à part entière".

Dr Joe Kort, sexothérapeute, auteur et créateur d'une page Facebook intitulée Side Guys, se souvient à son tour : "Quand on m'a présenté le sexe anal à l'université, j'étais genre : 'ça n'arrivera pas'. Les gens disaient : 'Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ? Tu es vierge ?' Je me sentais totalement privée de mes droits. Finalement, à la quarantaine, j'ai dit : 'C'est stupide. Je suis thérapeute ! Pourquoi ai-je honte de ça ?'"

Permettre aux 11 millions d'utilisateurs mensuels de s'afficher "side", tout comme reconnaître ce terme comme une sexualité valide, est donc le moyen que Grindr a choisi pour s'attaquer à la honte que mentionnent les concernés. Et opter pour l'inclusion plutôt que l'exclusion et la stigmatisation.

"Chaque fois que je regardais ces choix, je me disais : 'Je ne suis aucune de ces choses'", témoigne encore Shai Davidi, 51 ans, dans les colonnes du Guardian. "Je sentais qu'il devait y avoir quelque chose qui n'allait pas chez moi". Plus qu'un mot, la case "Side" est donc un grand pas pour de nombreuses personnes qui jusque-là, ne se retrouvaient pas sur ce que proposait la plateforme.

En guise de conclusion, et pour rappel nécessaire, le sexothérapeute insiste : "J'essaie toujours de dire aux gens que tous les actes sexuels sont des actes sexuels. C'est la façon dont on le définit." A bon entendeur.