Les dangers insoupçonnés du hygge

Le hygge n'a pas que des bons côtés : il peut même s'avèrer dangereux
Le hygge n'a pas que des bons côtés : il peut même s'avèrer dangereux
Depuis quelques années, tout le monde ne jure plus que par le "hygge", cette philosophie bien-être inspirée des Danois. Mais comme le pointe le comité consultatif scientifique de l'autorité sanitaire danoise, cette pratique n'est pas sans risque.
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Dévoilée il y a deux ans, la recette du bonheur des Danois·es, réputé·es comme la population la plus heureuse du monde, a été adaptée dans de nombreux pays d'Europe. Répondant au nom de "hygge", cette philosophie de vie consiste à se reconnecter avec soi-même en s'octroyant des plaisirs simples du quotidien.

"Le hygge nous aide à rester en contact avec les rythmes de l'existence, les cycles des jours et des saisons", explique Louisa Thomsen Brits, dans son livre Hygge, l'art du bonheur à la danoise.

L'un des rituels du hygge consiste à s'offrir des séances de cocooning chez soi, à la lueur de bougies. Or, comme le souligne une étude 2017 menée par l'Université de Copenhague sur des souris, une exposition prolongée aux particules fines provenant de bougies allumées causerait plus de dommages (inflammation des poumons et de la rate, vieillissement des chromosomes) que le gaz d'échappement de moteur diesel.

3,5 kg de bougies par an et par habitant

La semaine dernière, précise The Guardian, le comité consultatif scientifique de l'autorité sanitaire danoise a demandé que la concentration de particules provenant des bougies utilisées à l'intérieur soit réduite.

"Les Danois·es brûlent plus de bougies que partout ailleurs dans le monde, et notre espérance de vie est plus courte que dans les autres pays européens", a déclaré le professeur Lars Gunnarsen, qui siège au comité.

Avant d'ajouter : "Cela s'explique probablement en grande partie par le tabagisme et la consommation d'alcool, mais cela pourrait aussi s'expliquer par le fait que nous polluons davantage nos maisons avec des bougies. Nous n'avons pas eu d'étude épidémiologique complète, mais le travail[de l'Université de Copenhague] est alarmant".

Des recherches antérieures ont montré que 60 % des particules ultrafines dans les maisons danoises proviennent de la combustion de bougies. Selon l'Association pulmonaire danoise, chaque Danois·e brûle en moyenne 3,5 kg de bougies par an.

Des risques d'incendie

Aux risques de respirer un air pollué, s'ajoute celui des incendies. Au Danemark, la sensibilisation aux incendies est extrêmement élevée, avec de fréquentes campagnes publiques de sensibilisation.

"Pourtant, il y a toujours un problème de bougies - surtout chez les enfants et les adolescents, qui aiment pratiquer l'hygge dans leur chambre à coucher", explique Marcello Francati, responsable de la prévention des incendies à la brigade des pompiers de Copenhague, qui préconise de passer à des luminaires à LED ou à pile, spécialement conçus pour pratiquer le hygge.