"Marre du rose", la campagne anti-jouets sexistes pour un Noël qui change

Marre du rose, la campagne anti jouets sexistes pour un Noël qui change
Marre du rose, la campagne anti jouets sexistes pour un Noël qui change
L'association Osez le féminisme lance, avec Les Chiennes de Garde et Pépite Sexiste, une grande campagne nationale contre les stéréotypes sexistes véhiculés par l'univers marketing des jouets pour enfants.
A lire aussi
À 7 ans, elle a fait changer des panneaux sexistes en Nouvelle-Zélande
News essentielles
À 7 ans, elle a fait changer des panneaux sexistes en...

Nous sommes en 2018. Et pourtant, les catalogues et les rayons jouets des magasins continuent d'arborer du rose et du bleu à foison, renforçant les stéréotypes de genre qui façonnent notre société.

Pour la troisième année consécutive, les associations Osez le féminisme ! et Les Chiennes de Garde lancent la campagne nationale "Marre du Rose", afin de lutter contre les stéréotypes sexistes véhiculés par l'univers des jouets pour enfants.

"Alors que 86 % des femmes travaillent, pourquoi les filles devraient-elles se projeter dans les activités domestiques et uniquement dans les métiers du soin et apprendre à séduire les garçons dès l'âge de 3 ans ?", interrogent les militantes à l'origine de cette initiative.

Cette année, le compte Twitter Pépite Sexiste lancé en mars 2018 participe également à la campagne. "J'ai contacté ces associations dont je connaissais l'action pour leur proposer de travailler ensemble sur des outils de communication visuels", nous explique la fondatrice de Pépite Sexiste.

"Les stéréotypes diffusés par les jouets aident à mettre en place les inégalités entre les sexes. C'est donc important de ne pas segmenter les univers des jouets, afin que chaque enfant puisse se développer en fonction de ses goûts et non pas des stéréotypes de sexe", considère-t-elle.

Un guide de Noël pour "acheter moins sexiste"

Cette nouvelle collaboration a donné naissance à un Guide de Noël pour acheter moins sexiste. "On a examiné tous les catalogues afin de déterminer lesquels étaient les plus et les moins stéréotypés. On a fait pareil pour les sites internet. Et pour les rayons, nous avons missionné des "clients mystère" dans les magasins, qui nous ont envoyé des photos sur nos communautés. Cela nous a permis de déterminer quel magasin avait un rayon segmenté ou non", explique la fondatrice de Pépite Sexiste.

"Sur le catalogue internet de La Grande Récré, vous trouvez 1135 produits pour les filles qui correspondent au mot 'poupée'... mais seulement deux pour les garçons. Pareil dans l'autre sens : les jeux éducatifs et scientifiques sont largement plus proposés aux garçons", note Céline Piques, co-porte-parole d'Osez le féminisme !

"Il faut vraiment que certaines marques revoient leur logiciel"

Sur le site internet de la campagne "Marre du rose", les consommateurs et consommatrices peuvent directement interpeller les magasins et fournisseurs et pointer les clichés sexistes lorsqu'ils en repèrent. Les commentaires sont publiés directement sur les pages Facebook des marques, via des boutons de partage accessibles depuis l'onglet "Agissez avec nous".

"On espère un jour que les équipes marketing réalisent que la société évolue et que ces enseignes sont en retard par rapport à ces sujets. C'est vraiment hallucinant qu'on en soit encore là en 2018. Il faut vraiment que ces marques revoient leur logiciel commercial afin qu'elles le rendent plus compatible avec l'éducation non-sexiste."

"En particulier celui du partage des tâches domestiques, très prégnant dans les jouets, et qui induit une répartition inégale dans la tête des enfants. On ne peut pas avoir une évolution des mentalités en terme de parentalité si on ne s'attaque pas d'abord à l'éducation des enfants. C'est la base", estime Céline Piques.

La pétition "Marre du Rose" lancée en 2017 pour demander aux fabricants et aux distributeurs de cesser la segmentation sexuée des jouets est reconduite cette année. Pour la signer, rendez-vous sur Change.org

Des actions militantes (distribution de tracts, débats) seront également organisées dans plusieurs villes de France (Paris, Nantes, Toulouse, Lyon, Tours etc) les mercredi 19 et samedi 22 décembre.