Comment Kimberly Guilfoyle est devenue la tête à mèmes préférée des internautes

Kimberly Guilfoyle à la convention républicaine
Kimberly Guilfoyle à la convention républicaine
"Ne laissez pas les démocrates vous marcher dessus. Ne les laissez pas détruire vos familles, vos vies et votre avenir !". Sur le web, le discours enflammé de Kimberly Guilfoyle, conseillère préférée et belle-fille de Donald Trump, a suscité les détournements les plus zinzins.
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C'est un discours plutôt passionné qu'a délivré Kimberly Guilfoyle le 24 août dernier. Qui ça ? Kimberly Guilfoyle, avocate américaine, personnalité médiatique, républicaine assumée, procureure, compagne de Donald Trump Jr., mais aussi conseillère et "fan numéro un" du président Donald Trump. Et surtout, oratrice singulière. En témoigne sa performance délivrée lors du premier jour de la convention nationale républicaine annuelle. Une prestation très enthousiaste. Trop, peut-être ?

"Donald Trump est le président qui tient ses promesses pour l'Amérique. ll a construit la plus grande économie que le monde ait jamais connue pour les travailleurs, la classe ouvrière et la classe moyenne. Le président Trump est le leader qui veillera à ce que chaque citoyen puisse réaliser son rêve américain", a-t-elle clamé avec (beaucoup de) ferveur. Surtout, l'avocate a dégommé sans détour les adversaires politiques de son parti, dont Joe Biden et Kamala Harris, lesquels souhaiteraient "des écoles fermées, une amnistie dangereuse" et chercheraient à "détruire les forces de l'ordre américaines". Oui oui, rien que ça.

Le tout asséné avec moult mouvements de bras exaltés, mimiques et larges sourires appuyés. Sans surprise, il n'en fallait pas plus pour réjouir les petits malins du web. Sur Twitter, la rhétorique et les expressions de Kimberly Guilfoyle ont suscité tous les détournements. Les internautes envisagent déjà en Kimberly Guilfoyle la super-vilaine pro-Trump absolue. Un personnage de cartoon ou de bande dessinée, comparée à Skeletor (le méchant iconique des Maîtres de l'univers), Tony Montana, aux Némésis des Power Rangers...

Un véritable festival d'humour web et pop.

Satires à gogo

"Ne laissez pas les démocrates vous marcher dessus. Ne les laissez pas détruire vos familles, vos vies et votre avenir ! Ne les laissez pas tuer les générations futures", a poursuivi l'oratrice lors de la convention républicaine. De quoi inspirer les internautes, qui voient carrément en elle une néo-Mussolini, ou (plus léger et moins Point Godwin-like) l'équivalent "dans la vraie vie" du Predator, de Cruella (les dalmatiens seraient-ils démocrates ?), de la Reine-sorcière (Blanche-neige et les sept nains) ou encore du fameux Elmo en feu. Un gif de marionnette infernal qui correspond bien au contexte, il faut l'avouer.

Mieux encore, ses mots enflammés ont même engendré un très viral #GuilfoyleChallenge. L'idée ? Cracher ses poumons et offrir son imitation la plus ardente dans un décor ou sous une apparence plus insolite (par exemple, un costume de vache). Des réactions exagérées ? Oui oui, c'est le but. "C'est important de rire. À ce stade, en tant que démocrate, cela fait partie du kit de survie", décrypte un internaute.

Il faut dire que le magazine Newsweek érige carrément ce meeting (ou moment de propagande) politicien un brin théâtral en "discours horriblement horrible". Rien que ça. Kimberly Guilfoyle ne fait pas grand-chose pour arranger les choses. Par-delà son acting, sa propension à diaboliser "les socialistes dangereux" (à savoir, l'électorat démocrate) prête à la dérision. Rappelons que "socialiste" est l'un des termes fétiches de Donald Trump pour tacler ses opposants. Il en usait déjà à l'envi envers Hillary Clinton. De là à dire qu'il y a comme un hommage...

 

Par-delà les rires, il ne faut pas oublier la portée dangereuse du discours de Guilfoyle. Et notamment, nous alarme Refinery29, sa bonne grosse dose de "fake news" sensationnelles. Par exemple ? La conseillère affirme que Donald Trump "a mis en place la plus grande économie que le monde ait jamais connue, pour la classe ouvrière et la classe moyenne". Un art de l'hyperbole qui, encore une fois, rappelle l'éloquence du leader. Pour la revue en ligne, il y a aussi quelque chose "d'autoritariste" dans cette prise de parole à la fois mensongère et passionnée. Que l'on rit, ou que l'on pleure, l'inquiétude n'est jamais loin.