La saison 2021 de "Koh-Lanta" atteint des sommets de sexisme

La nouvelle saison "Les Armes secrètes" est-elle la plus sexiste de Koh-Lanta ?
Votes, éliminations, alliances : si "Koh-Lanta" séduit autant, c'est surtout grâce aux stratégies que les candidat·e·s mettent en place chaque semaine. Des tactiques qui, cette saison principalement, relèvent d'un sexisme décomplexé.
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Koh-Lanta, ce n'est pas que la célèbre épreuve des poteaux, le crucial allumage du feu ou savoir s'alimenter 3 jours avec une seule noix de coco. C'est aussi un jeu télévisé de survie qui met en avant le mental de ses concurrent·e·s.

Celui nécessaire pour persévérer dans des conditions pires que drastiques, l'esprit d'équipe qu'il faut entretenir pour réussir à former un groupe et rester soudé·e·s pendant des obstacles herculéens. Et puis, les stratagèmes, les manipulations, les trahisons, les coalitions qui surviennent au fil des épisodes, attirant en moyenne 5 millions de spectateur·rice·s devant leur écran chaque semaine.

Car les règles sont claires : à la fin de la saison, un·e seul·e vaincra. Et pour cette 22e édition, intitulée "Les Armes secrètes", les chances que l'élu·e soit une femme commencent à s'amenuiser. En cause, un fléau qui, pour le coup, n'a pas l'air d'avoir disparu en même temps que le confort des participant·e·s : le sexisme.

(Eliminer) les femmes d'abord

Le terme a été employé à plusieurs reprises sur Twitter pour qualifier le comportement d'Arnaud et de Frédéric, de l'équipe des rouges qui vivait son deuxième conseil vendredi dernier (9 avril). Après avoir choisi de voter contre Marie, puis l'instructrice de survie Candice et Magali, la doyenne de l'équipe pourtant très sportive et performante depuis le début de la compétition, les deux compères ont justifié leur choix devant un Denis Brogniart perplexe.

"Je ne voterai pas un garçon, tant qu'il y aura des filles", affirmait le premier. "Eliminer les femmes, ça a un côté machiste peut-être d'un oeil extérieur. Ce qui n'est pas le cas", tentait (en vain) de se rattraper Frédéric. "Ça s'est fait, petit à petit avec les affinités et vraiment j'insiste là-dessus, ces deux candidates avec nous sont vraiment celles en qui on a le plus confiance".

Les deux candidates évoquées, ce sont Maxine et Laure, qui ont élaboré un plan terrible contre Candice, en lui faisant croire qu'elle ne risquait rien pour mieux l'éjecter par la suite. A ce sujet, l'instagrammeuse Fairlily épinglait le "sexisme intégré" dont avaient fait part les jeunes femmes, convaincues qu'il valait mieux sacrifier l'une d'entre elles pour que les hommes ne perdent pas confiance en leur fidélité. A entendre les dires de leurs "alliés", pas sûr qu'elles aient misé sur le bon cheval.

Un double standard évident

Auprès de 20 Minutes, la gagnante de la dernière saison Alexandra, qualifiait sa victoire de "petite revanche sur toutes les moqueries" qu'on lui avait adressées, et s'assurait fière de "représenter la gent féminine". "Nous, les femmes, avons pris énormément de réflexions sur des choses superficielles comme la voix, le physique, etc. ça me déçoit et me dégoûte. On devrait être belles et se taire, j'ai l'impression."

"Or, quand on participe à Koh-Lanta, ce n'est pas pour ça. On est venues montrer qu'on pouvait être aussi fortes que des garçons. Eux, dès qu'ils font une performance, ce sont des demi-dieux, et nous, il y a toujours une critique sur quelque chose qui n'a rien à voir, qui vient contrebalancer. On est soit pas cool, soit trop grande gueule, soit stressées, soit stratèges. Même si nos performances, sont visibles à l'écran, ces critiques les atténuent énormément. C'est injuste".

Des inégalités que le rapport du Haut conseil à l'Egalité sur la téléréalité française soulignait, concluant que si Koh-Lanta était l'une des émissions les moins machistes, "les femmes sont souvent présentées comme stupides", ou mettant en avant "le dénigrement entre candidates" ou "l'association des champs lexicaux de la faiblesse et du féminin". Peu réjouissant.

Pareil pour les tâches, particulièrement genrées, qui leur sont réservées d'office au campement. "Les femmes comptent les rations de riz et cuisinent, les hommes chassent ou font le feu – depuis la création du programme, une seule femme, Sara Tallon, a fait du feu", rappelle encore 20 Minutes. Un bilan peu reluisant, et d'autant plus problématique qu'il s'adresse à un si large public, en prime-time.

Alors, Les Armes secrètes réussiront-elles à inverser la tendance de ces premiers épisodes ? Réponse chaque vendredi à 21 heures sur TF1.