Société
La barbarie n'est pas une tradition : en Egypte, une clinique "répare" le corps des victimes de mutilations génitales
Publié le 15 juin 2023 à 15:17
A l'instar de l'immense gynécologue congolais et Prix Nobel de la paix Denis Mukwege, surnommé "l'homme qui répare les femmes", une clinique égyptienne s'exerce à venir en aide aux victimes de mutilations génitales. On applaudit.
La barbarie n'est pas une tradition : en Egypte, une clinique "répare" le corps des victimes de mutilations génitales

C'est une clinique qui a pour nom Restore FGM et prend place au Caire. Là, en plein coeur de l'Egypte, les chirurgiens Reham Awwad et Amr Seifeldin s'acharnent depuis trois ans ans à secourir les millions de femmes et de filles égyptiennes qui ont subi des mutilations génitales féminines.

Un lieu phare pour combattre le fléau de l'excision, et apporter un soutien aussi bien médical que psychologique. Cette histoire qui remue, c'est France 24 qui nous la fait découvrir : celle d'une clinique qui confère refuge et solutions aux victimes de ces violences érigées en tradition. Là où la chirurgie devient "le dernier recours", relate Reham Awwad, les médecins viennent notamment aider leurs patientes par le biais d'injections de plasma, lesquelles permettent "la régénération des tissus endommagés".

Une initiative aussi intime que politique dans un pays qui néglige les tortures que l'on fait subir aux filles et femmes. Et ce, malgré le fait que l'excision, partielle ou totale, soit une pratique interdite depuis 2008, et que l'Egypte ait même instauré une Journée nationale pour l'élimination des mutilations génitales.

Face à ces terribles constats, le combat que mène cette clinique rappelle celui de l'immense gynécologue congolais et Prix Nobel de la paix Denis Mukwege, surnommé "l'homme qui répare les femmes"...

"Ma grand mère me disait que c'était pour mon bien, que j'étais mieux comme ça"

Les professionnels de la clinique Restore FGM sont aussi là pour faire comprendre que, non, les violences faites aux femmes, dès le plus jeune âge, n'ont rien de conventionnelles. Intissar, une journaliste qui a témoigné auprès de France 24, affirme avoir passé 30 ans "complètement privée de plaisir, sans entretenir le moindre rapport avec [son] corps". Trois décennies de souffrance, et un message à l'esprit : celui de sa grand mère, qui lui disait avant ces mutilations : "C'est pour ton bien, tu es mieux comme ça".

Depuis, la patiente a fait l'objet d'une chirurgie réparatrice. Elle espère aujourd'hui que des solutions comme celles que propose cette clinique privée puissent se propager dans tous les hôpitaux publics du pays. Le coût de son opération, estimé à un peu plus de 1 000 dollars, en serait peut être allégé. En attendant, elle l'affirme auprès du média international : bien loin de prôner des "vertus religieuses et morales", ces mutilations entraînant douleurs et infections "visent à déconnecter les femmes de leur corps et de leur plaisir".

"En Égypte, entre 96 et 98% des femmes sont victimes de la mutilation sexuelle féminine. Soit 3600 fillettes par jour. Abolir la mutilation sexuelle féminine est une urgence absolue", avait déclaré en janvier 2020 l'écrivaine franco-égyptienne et militante pour les droits des femmes Sérénade Chafik. Au moins 200 millions de filles auraient subi des mutilations génitales féminines dans plus de 30 pays. A croire que pour beaucoup, il est toujours aussi simple de faire passer une barbarie pour une tradition.

Par Clément Arbrun | Journaliste
Passionné par les sujets de société et la culture, Clément Arbrun est journaliste pour le site Terrafemina depuis 2019.
Mots clés
Société News essentielles Violences violences sexuelles Monde international medecine
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