A quoi ressemblent les premières poupées non-genrées de Mattel ?

Les poupées Mattel : un coup de pied dans la tradition ?
Les poupées Mattel : un coup de pied dans la tradition ?
De la révolution du côté des jouets : Mattel va pour la première proposer des poupées non-genrées. Et ce n'est pas trop tôt.
A lire aussi

"Une ligne de poupées conçue pour garder les étiquettes à l'écart". C'est cette jolie punchline que décoche la société américaine Mattel, mogul des jouets pour enfants, afin de désigner sa dernière gamme de poupées : les "Creatable World". Un "monde créatif" qui n'est pas une (qu')une ode à l'imaginaire mais au respect et à l'inclusion : les jouets qui s'y trouvent sont non-genrés. Un progressisme salutaire de la part de la maison-mère des Barbie, poupées critiquées pour leur forte dimension sexiste.

Depuis le temps que l'on associe sans cesse les petites voitures aux garçons et les poupées aux filles, cela fait du bien de voir ces dernières (enfin) libérées de ces sempiternels stéréotypes de genre. Oui, les poupées de Creatable World s'adressent à tous les genres et les sexes. Comme l'énonce la marque sur son compte Twitter, l'idée est "d'inclure tout le monde". Car les poupées sont aussi plurielles que les individus qui les portent en mains.

Des jouets plus justes

Au fil de cette variété de six modèles, couleurs de peau et type de cheveux se déclinent afin de proposer les jouets les plus représentatifs possibles de la diversité de leur audience. Last but not least, les proportions (un brin trop surréalistes) des poupées ont même été repensées avec l'appui d'une pédiatre. Et c'est la gamme d'accessoires proposée avec chaque boîte qui permet à l'enfant de définir - ou non - le genre de son joujou, en fonction des "vêtements plus féminins ou "vêtements masculins", s'exerce à expliquer Kim Culmone, la vice-présidente de Mattel Fashion Doll Design. De quoi rendre, espérons-le, les futurs achats de Noël un chouia plus modernes.

Creatable World, les premières poupées non-genrées de Mattel
Creatable World, les premières poupées non-genrées de Mattel

En juillet dernier déjà, Mattel annonçait la venue sur le marché de la première Barbie noire, en fauteuil roulant et aux cheveux crépus. Une gamme nécessaire pour respecter le "droit" à l'identification de tous ces enfants exclus depuis trop longtemps déjà du monde policé et cruellement monochrome des fameuses figurines sculpturales. A ce titre, si les avancées de l'entreprise sont à la fois de beaux symboles et de jolis petit coups marketing, l'on ne peut que saluer le discours qu'elles portent : cette idée que ces objets "pop" par excellence que sont les jouets véhiculent des discours et contribuent à l'éducation de nos enfants. D'où l'utilité de remodeler de trop vieillottes babioles en fonction de l'évolution de notre société.

"Le jouet représente un univers qui participe à l'éducation et au développement de l'enfant. Il est important de favoriser la construction d'une société d'égalité entre filles et garçons dès le plus jeune âge", détaillait en ce sens un rapport du Sénat daté de 2014. Cinq ans plus tard, les choses semblent bouger du côté de nos jouets. La preuve ? Une Charte pour une représentation mixte des jouets, conciliant industriels, distributeurs de jouets et associations, a récemment été validée par la ministre de l'Economie et des Finances Agnès Pannier-Runacher. Elle tend, elle aussi, à virer de nos rayons ces trop encombrantes étiquettes...