Fini "Monsieur Patate", les jouets deviennent non-genrés

Fini Monsieur Patate, la marque de jouets ne sera bientôt plus genrée
Fini Monsieur Patate, la marque de jouets ne sera bientôt plus genrée
Emblématiques des années 50 et des films "Toy Story", les jouets Monsieur et Madame Patate laissent place à une famille non-genrée. Dans un effort "d'inclusion et d'égalité", le fabricant Hasbro a annoncé "abandonner officiellement" la marque et le logo.
A lire aussi

Ils sont peut-être deux des jouets les plus connus au monde. Depuis 70 ans, les têtes de patate Monsieur Patate et Madame Patate conquièrent les plus jeunes avec un principe simple : s'amuser à fixer nez, bouche, oreille, mains sur de larges visages en plastique, et à la place qu'on le souhaite. Seules différences entre la version Monsieur et Madame : le premier possède un chapeau et une moustache, la deuxième des cils maquillés, des lèvres rouges et des talons hauts.

Des caractéristiques dont Hasbro, géant américain du jouet, a décidé de se débarrasser au profit d'une nouvelle Famille Patate non-genrée. Dans un communiqué diffusé sur son site et repéré par l'AFP, le fabricant entend ainsi "s'assurer que tout le monde se sente le bienvenu dans le monde des têtes de patates en abandonnant officiellement la marque et le logo de 'Monsieur Tête de Patate'". Le but selon la firme : "promouvoir égalité des genres et inclusion".

Peu après cependant, un deuxième texte, plus bref, a été publié, précisant que "les personnages emblématiques de Mr. et Mme Patate ne disparaîtraient pas". Au lieu d'"égalité des genres et inclusion", on pouvait également lire dans cette nouvelle version qu'il s'agissait de "célébrer les différents visages des familles". A voir donc, ce que la marque réserve aux nouvelles générations.

Quand l'industrie du jouet bouge

Ce qui est sûr en revanche, c'est que l'industrie bouge, et pour le meilleur.

De plus en plus conscients de leur impact sur le développement des petit·e·s, et de l'importance d'une représentation plus diversifiée et éloignée de constructions sociales parfois ravageuses, de grands noms du milieu ont entamé des changements nécessaires. C'est par exemple le cas des Barbies qui, depuis 2016, ont élargi leur gamme en présentant la collection Fashionista, mettant en avant des silhouettes de toutes formes, en situation de handicap, mais aussi des coupes de cheveux et des couleurs de peau variées. En 2019, Mattel a sorti Creatable World, une ligne de poupées non-genrées.

Au même titre que la Barbie blonde, blanche et longiligne n'est plus érigée en seul modèle de beauté valide, l'ajout d'une Famille Patate permettra aux enfants d'assimiler différents modèles de famille. Et à la société d'enfin normaliser des situations longtemps marginalisées. Un progrès nécessaire et salutaire, dont on ne peut que se réjouir.