Société
Racisme, homophobie, sexisme, harcèlement sexuel : Noël Le Graët ou le bingo du pire
Publié le 10 janvier 2023 à 12:29
Par Clément Arbrun | Journaliste
Passionné par les sujets de société et la culture, Clément Arbrun est journaliste pour le site Terrafemina depuis 2019.
La sortie irrespectueuse de Noël Le Graët sur Zinedine Zidane a incité bien des voix à ressortir les "dossiers" du président de la Fédération français de foot (FFF). Au menu : racisme, homophobie, sexisme ou encore harcèlement sexuel.
Racisme, homophobie, sexisme, harcèlement sexuel : Noël Le Graët ou le bingo du pire
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Les propos de Noël Le Graët sur Zinedine Zidane ont scandalisé sur les réseaux sociaux et au sein du monde sportif. Le président de la Fédération Française de Football (FFF) a ainsi déclaré sur RMC : "Ça m'étonnerait que Zidane parte au Brésil, mais il fait ce qu'il veut, ça ne me regarde pas. Moi, je n'en ai rien à secouer. Si Zidane a tenté de me joindre ? Certainement pas, je ne l'aurais même pas pris au téléphone".

Des propos fracassants qui ont notamment incité le footballeur star Kylian Mbappé à réagir sur son compte Twitter : "On ne manque pas de respect à Zidane, c'est la France". Un tweet liké pas moins de million de fois.

Cependant, ce n'est pas la première fois que le président suscite l'indignation, pour des paroles problématiques, ou des faits présumés tout aussi houleux. Racisme, sexisme, harcèlement sexuel... Noël Le Graët traîne bien des casseroles derrière lui. Piqûres de rappel.

Homophobie

On note par exemple ces mots prononcés en 2019 dans France Info, en réaction à la présence de banderoles homophobes lors d'un match opposant l'équipe de Nice à celle de Marseille : "Considérer que le football est homophobe, c'est un peu fort de café, je ne l'accepte pas".

Le président de la FFF avait également jugé auprès de Ouest France "qu'on arrêtait trop de matchs" pour des manifestations d'homophobie.

"L'arrêt des matchs ne m'intéresse pas. C'est une erreur. J'arrêterais un match pour des cris racistes, j'arrêterai un match pour une bagarre, des incidents s'il y a un danger dans les tribunes", avait-il déclaré. Des propos qui ne sont pas passés alors que l'homosexualité au sein du football demeure encore trop tabou, et que la haine et les discriminations homophobes semblent encore susciter un long silence gêné, voire un déni sous prétexte de "folklore", si l'on en croit le capitaine de Bleus Hugo Lloris.

Racisme

Comme une déclinaison de sa négation antérieure de l'homophobie dans le foot, le président de la FFF a également assuré sans sourciller en 2020 sur BFM Business : "Le phénomène raciste dans le sport, et dans le football en particulier, n'existe pas ou peu". Il avait ainsi développé : "Sur un match, il peut y avoir des écarts. Mais on est à moins d'un pour cent de difficulté aujourd'hui. Quand un 'Black' marque un but, tout le stade est debout".

Noël Le Graët réagissait alors à une polémique - des soupçons d'insultes discriminatoires dont Neymar aurait été la cible durant un "classico" opposant le PSG à l'OM.

Afin de se défendre de tout racisme, le président de la FFF avait recommandé auprès du magazine So Foot : "Ma secrétaire, allez voir sa couleur de peau. Et le directeur que je viens d'embaucher, un Diallo". On en reste sans voix.

Sexisme

"Sexisme ordinaire", "misogynie", "beauf"... En 2021, le patron de la Fédération française de football indignait de nouveau après ses sorties bien à lui sur l'équipe de France féminine. "Elles n'ont aucun match perdu. Donc elles peuvent se tirer les cheveux, ça m'est égal", avait-il déclaré. Classe.

La ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes de l'époque, Elisabeth Moreno, avait fustigé sur les réseaux sociaux un "sexisme ordinaire en action véhiculant des stéréotypes d'un autre temps".

Harcèlement sexuel

En 2022, le président de la FFF faisait également l'objet d'accusations de harcèlement, révélées par la cellule investigation de Radio France, émanant de nombreuses anciennes salariées. Parmi les voix recueillies, certaines évoquaient en outre "des blagues déplacées" et "une attitude lourdingue".

Une victime présumée accuse le président d'avoir posé une main sur sa cuisse lors d'un voyage en avion, après lui avoir "conseillé" de porter une jupe. D'autres enfin pointent du doigt l'attitude de la directrice générale de la FFF, Florence Hardouin, accusée d'avoir "enfoui" les accusations de harcèlement, sans défendre les présumées victimes.

"Mon président, pardonnez-moi l'expression, ne me voyait que comme deux seins et un cul", a également témoigné avec émotion l'agente de joueurs Sonia Souid, accusant Noël Le Graët de "comportements déplacés", et notamment de sous-entendus sexuels, lors d'un déplacement professionnel.

Ce mardi 10 janvier, Noël Le Graët devrait être auditionné par l'Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche (IGESR) concernant ces soupçons de harcèlement sexuel proférés à son encontre. A l'heure actuelle, sa position au sein de la FFF semble bien fragilisée. Partira-t-il ? Il serait temps.

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