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Les insultes homophobes dans le foot ? Du "folklore" selon le capitaine des Bleus Hugo Lloris
Publié le 21 novembre 2022 à 12:57
Hugo Lloris, qui refuse de porter le brassard arc-en-ciel "One Love" en soutien aux minorités lors de la Coupe du monde du Qatar, a comparé l'homophobie à du "folklore" dans une interview apparemment enterrée par la Fédération Française de Foot, révèle Arrêt sur images. La déclaration du capitaine des Bleus ne passe pas.
Les insultes homophobes dans le foot ? Du "folklore" selon le capitaine des Bleus Hugo Lloris

Hugo Lloris, capitaine de l'équipe de France, avait annoncé le 14 novembre qu'il ne porterait pas le fameux brassard inclusif "One love" contre les discriminations pendant la Coupe du monde de football au Qatar, pour "montrer du respect" au pays hôte, pourtant régulièrement accusé de violences envers les personnes homosexuelles et de non-respect des droits humains.

Alors que le Mondial a débuté depuis le 20 novembre, le gardien de but français a de nouveau été interrogé sur le sujet en conférence de presse, comme le mentionne L'Equipe. "La FIFA organise la compétition et définit un cadre, des règles", s'est-il défendu. "Nous, joueurs, ce qu'on nous demande, c'est de jouer au foot, de représenter au mieux nos pays sportivement. Je préfère rester dans mon cadre, celui de joueur et de compétiteur mais effectivement il y a différentes causes qui sont louables, qu'il faut soutenir. Après, comme je l'ai dit, la FIFA décide de l'organisation."

"Ca fait partie du décor"

Or, une interview de Hugo Lloris jusque-là enterrée par la Fédération française de Foot (FFF) vient d'être révélée par Arrêt sur images, dévoilant des propos du joueur pour le moins surprenants. Dans cet entretien tournée dans le cadre d'un clip anti-homophobie dans le foot réalisé par l'ancien joueur Yoann Lemaire, Hugo Lloris reconnaît d'abord que l'homosexualité dans le foot est "un sujet tabou" et affirme "être contre toute forme discrimination".

Mais arrive une autre question : "En tant que capitaine de l'équipe de France, quel conseil tu pourrais donner aux capitaines de tous ces clubs amateurs qui, parfois, ils le disent, entendent que le fait d'avoir un gay dans l'équipe ça dégoute ? [...] Les mots "p*dé", "t*rlouse", pour s'encourager, les insultes sur le terrain, les tribunes.... En tant que capitaine, qu'est-ce qu'on peut leur dire à tous ces capitaines ?"

Hugo Loris rit, avant de répondre : "Après, c'est le folklore, le football... Lorsqu'on est sur un terrain, ça fait partie du décor, les supporters qui chambrent, on peut se faire insulter. À la rigueur, on peut s'en servir comme motivation supplémentaire dans l'adversité, on a envie d'en découdre sur le terrain".

Une interview enterrée par la fédération

Cette interview n'avait jusqu'alors jamais été diffusée. La FFF avait initialement accepté que plusieurs sportifs participent à cette vidéo de sensibilisation, initialement destinée aux jeunes joueurs et aux entraîneurs dans les milieux pro et amateur. Une belle initiative, quand on connaît l'homophobie qui règne dans le monde du football : à ce jour, un seul footballeur pro, Josh Cavallo, est ouvertement gay et en activité.

Malheureusement, à l'issue des interviews, la Fédération a rétropédalé. Et à en croire les extraits qui ont fuité, on comprend rapidement pourquoi. Les propos du gardien des Bleus, capitaine supposé donner l'exemple, sont tout sauf exemplaires.

"Il était à côté de la plaque. Je lui ai posé des questions sur les insultes homophobes, les 'va te faire enc*ler sale p*dé' qu'on entend dans les tribunes et sur les bancs. Lloris me répond que c'est du 'folklore', que c'est le 'langage du foot'", se désole Yoann Lemaire auprès d'Arrêt sur images.

Alors que les sept équipes européennes (Danemark, Angleterre, Pays-Bas, Pays de Galles, Belgique, Allemagne et Suisse) qui avaient prévu de porter le brassard coloré "One Love" ont finalement annoncé renoncer ce lundi 21 novembre, par peur des "sanctions sportives" (des cartons jaunes par exemple) de la FIFA, on se dit que l'homophobie dans le foot a (malheureusement) encore de beaux jours devant elle.

Par Maïlis Rey-Bethbeder | Rédactrice
Maïlis Rey-Bethbeder aime écrire, le café, traîner sur les réseaux sociaux et écouter de la musique. Sa mission : mettre en lumière les profils, les engagements et les débats qui agitent notre société.
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