Son fils discriminé à cause de ses cheveux, cette mère monte au créneau

Son fils discriminé à cause de ses cheveux, cette mère monte au créneau
Son fils discriminé à cause de ses cheveux, cette mère monte au créneau
Ida Nelson, citoyenne afro-américaine de Chicago, a vu Gus, son fils de quatre ans, être réprimandé par son école... à cause de ses cheveux tressés. Une forme de discrimination capillaire qu'elle dénonce avec force.
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"Lorsque vous faites comprendre à un enfant que quelque chose à son sujet est inacceptable, comme ses cheveux, il commence à assimiler ce jugement à d'autres choses, comme sa couleur de peau, la situation économique de ses parents. Toutes ces choses déterminent son identité, son estime de soi". Rien de plus limpide que ces mots d'Ida Nelson, citoyenne de Chicago indignée : Gus, le jeune fils de cette mère de famille a été réprimandé à l'école... à cause de ses cheveux tressés.

Gus n'a que quatre ans, mais est déjà victime de ce phénomène que l'on appelle la "discrimination capillaire", et qui touche notamment les personnes noires, en raison de leurs cheveux naturels, afros et crépus. Les responsables de l'administration de l'école du jeune enfant ont ainsi fait savoir à sa mère que celui-ci avait "enfreint le code de conduite de l'école", comme le rapporte le média spécialisé Parents.com. Ni cheveux tressés, ni chignon et queue de cheval n'ont été acceptés par l'établissement scolaire basé à Chicago.

Indignée, c'est finalement sur les réseaux sociaux qu'Ida Nelson s'est exprimée afin de tirer la sonnette d'alarme. Et ses mots font aujourd'hui le tour des médias. "Au lieu d'être célébrés, les enfants noirs sont punis pour des choses qui font vraiment partie de leur culture", déplore encore la mère de famille. Un cri du coeur.

Une mère déterminée

"Les enfants de couleur ont l'impression que leur vie ne vaut pas la peine d'être vécue. Cela vient de cette impression que quelque chose en eux n'est jamais assez bien", développe encore Ida Nelson, qui rappelle dans ses prises de parole indignées que les tentatives de suicide chez les adolescents noirs "ont augmenté de 73 %" entre 1991 et 2017 aux Etats-Unis. Une douleur de vivre inquiétante qui n'est pas sans rapport avec les discriminations subies, violences dont fait justement partie la discrimination capillaire.

"A l'école, vos cheveux sont soumis à une politique de tolérance zéro. Cela vous donne donc l'impression que vous devez changer qui vous êtes afin de pouvoir exister au sein de cette société. Or pourquoi envoyons-nous ce message aux enfants ? L'autonomie et l'expression de soi sont extrêmement importantes chez les enfants", proteste encore Ida Nelson, comme le relève le site Parents.com. Un discours d'autant plus nécessaire que ce "message" se poursuit par-delà l'école, jusqu'aux entreprises et autres milieux professionnels.

Mais, chose positive dans cet état des lieux déprimant, le coup de gueule de la mère de famille a su fédérer bien des voix. Comme celle du sénateur de Chicago Mike Simmons, qui s'est exprimé : "Quand j'ai vu qu'un enfant de 4 ans avait été traumatisé dans ce cadre scolaire, cela m'a juste rendu furieux, et je me suis dit : 'Je suis sénateur. J'ai la responsabilité d'agir'". Résultat ? Simmons a instauré la loi Jett Hawkins, qui interdit aux écoles de contrôler certaines coiffures liées à l'identité raciale ou ethnique des élèves. Une loi finalement adoptée.

"Je porte mes cheveux comme je le souhaite. Je veux exactement la même chose pour les enfants à l'école", a achevé le sénateur américain. CQFD.