"Je ne suis pas gay", la nouvelle émission abjecte qui cartonne en Russie

Le concept de l'émission de téléréalité russe qu'on peut traduire par "Je ne suis pas gay" est simple (et ouvertement homophobe) : 8 candidats en huis clos doivent prouver qu'ils ne sont pas homos par le biais d'épreuves hallucinantes.
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"Trouver un homosexuel dans ce pays, c'est comme trouver un McDonald's qui marche. Il y en a certainement, mais pas beaucoup et peu de gens les connaissent." La voix-off du nouveau show russe Я не гей (Je ne suis pas gay en français) annonce la couleur : une émission de téléréalité abjecte d'homophobie qui s'aligne sur les positions du Kremlin et la loi "anti-propagande gay" votée en 2013. D'ailleurs, c'est le député d'extrême droite à l'origine de ce texte, Vitali Milonov, qui présente le programme diffusé sur Youtube, aux côtés du blogueur Amiran Sardarov.

Le principe est glaçant : 8 candidats sont enfermés pour tenter, via des activités diverses et ultra-stéréotypées, de "débusquer" le gay qui se cache parmi eux. "J'espère que vous allez rapidement démasquer l'homosexuel", lance Vitali Milonov dans le pilote, accompagnant sa phrase du "geste de se trancher la gorge", décrit le Times.

Chaque épisode de 52 minutes, un homme suspecté est éliminé par les participants. Si ces derniers trouvent le candidat gay, tous remportent 2 millions de roubles (27 000 euros), sinon, c'est le candidat gay qui repart avec la somme.

"Toute l'émission respire l'homosexualité refoulée"

"Toute l'émission respire l'homosexualité refoulée, ce qui n'est évidemment pas surprenant", lâche un commentaire repris par The Mirror sous l'une des vidéos YouTube de l'émission. Pour le magazine Têtu, le "résultat [est] un peu contradictoire, puisque le résultat est homoérotique as fuck". En effet, parmi les épreuves censées tester la sexualité des huit Russes, on retrouve "pole dance et lap dance en slip à paillettes, t-shirts humides laissant entrevoir des pectoraux saillants", énumère le média.

Une mise en scène qui en dit long sur les clichés destructeurs qui perdurent autour de la communauté LGBTQIA+ dans le pays de Vladimir Poutine, ses politiques ouvertement discriminatoires et leurs conséquences meurtrières. En 2013, rapporte encore le journal britannique dans un article repéré par Courrier International, "des dizaines d'hommes homosexuels auraient été torturés en Tchétchénie", république du Sud de la Russie.

Tout aussi tragiquement, le succès de Je ne suis pas gay est au rendez-vous. En trois jours, l'émission a déjà atteint le million de vues sur YouTube.