Un manuel sexiste et homophobe crée le scandale dans un lycée catholique breton

Un manuel sexiste et homophobe dans un lycée catholique breton/photo d'illustration
Un manuel sexiste et homophobe dans un lycée catholique breton/photo d'illustration
C'est dans un lycée catholique du Finistère qu'un manuel d'éducation sexuelle particulièrement réac a suscité la colère. La cause ? Les saillies sexistes et homophobes qui imprègnent certaines de ses pages. Une publication qui n'est pas passée inapercue.
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Pour réussir ta vie sentimentale et sexuelle : A toi qui veut aimer ou être aimé(e). Tel est le curieux titre d'un manuel qui l'est tout autant, repéré par le compte militant Le coin des LGBT+ sur Twitter. Un ouvrage librement distribué dans un lycée catholique du Finistère, et au sein duquel l'homosexualité est notamment définie comme "un trouble résultant d'un manque de la mère ou du père, ou de perversions d'adultes".

Un contenu homophobe d'autant plus inadmissible qu'il prend place dans un ouvrage d'éducation sexuelle à destination des lycéens. Homophobe donc, mais également sexiste - car autant ne pas s'arrêter là sur la route de la honte. Comme le relève encore le site 20 Minutes, on peut lire dans ces pages qu'une "tenue légère" portée par une jeune étudiante, comme une "microjupe" par exemple, inviterait "à des suites voluptueuses" et ferait passer celle qui la porte "pour une gamine frivole et disponible". Bah voyons.

Et le manuel de poursuivre avec un tutoiement qui force le respect : "Si on te drague, c'est ton problème". Arguments de la "frivolité" ? Le manuel détaille sans détour : "Nombril à l'air, pantalon taille basse, string, décolleté vertigineux, dos nu...". Autant de caractéristiques jugées "indécentes". Mieux vaut en rire ?

Un scandale qui ne date pas d'hier

"L'extrait d'une publication fait polémique sur les réseaux sociaux. Les paragraphes photographiés sont extraits d'une revue de 72 pages sur l'éducation sentimentale et sexuelle. J'avais laissé cette revue à la disposition des élèves. Elle est cousue d'approximations, d'affirmations caricaturales, de mélange de psychologie et de spirituelle, d'erreurs.... Je ne partage par tout ce qui y est écrit et je n'ai plus d'idée arrêtée sur ces sujets", a sobrement réagi le directeur de l'établissement Ghislain de Barmon sur Facebook suite à ce bad buzz retentissant. "Heureux que les élèves, avec de l'esprit critique, aient repéré les limites de cet écrit. Désolé de cette polémique".

Le personnel du lycée aurait quant à lui "exprimé sa colère après la distribution - sans leur concertation - du manuel homophobe et misogyne", nous apprend le compte du Coin des LGBT+. Une prise de conscience quelque peu tardive.

D'autant plus que ce n'est pas la première fois que ce livre fait polémique. Il y a trois ans, il était déjà distribué dans un lycée privé de Neuilly et avait affligé bien des étudiants. Et le site Buzzfeed France relevait volontiers ses diverses punchlines pour esprits réacs. Florilège : "L'homosexualité résulte d'une évolution psychique marquée par l'influence excessive ou insuffisante du père ou de la mère dans l'enfance". "Certains prétendent que l'homosexualité est normale. Pourtant, l'épanouissement sexuel n'est possible que dans l'altérité homme/ femme, qui est psychique autant que physique. Cette diversité est une richesse difficile à gommer !".

Impossible à passer sous silence également, cette évocation culpabilisante de l'avortement : "En voulant évacuer un problème (la grossesse), on en provoque un autre beaucoup plus lourd : une amputation de la vie". Pour celles et ceux qui s'interrogent sur l'origine de ces injonctions, Buzzfeed précise que son auteur, le père Jean-Benoît Casterman, "est bien connu de la fachosphère", à savoir l'ensemble des sites et réseaux investis par la communauté d'extrême-droite sur Internet. Une proximité qui n'étonne guère.

Le site d'actualités internationales TV5 Monde précise de son côté que le père Jean-Benoît Casterman aurait même "été soutenu par la Banque mondiale pour publier la première version de ce document, dans le cadre de la lutte contre le sida en Afrique de l'Ouest". Des révélations qui n'ont pas grand-chose de rassurant.