Des gymnastes allemandes enfilent une combinaison contre la sexualisation de leur corps

Des gymnastes allemandes choisissent d'enfiler une combinaison contre la sexualisation de leur corps
Des gymnastes allemandes choisissent d'enfiler une combinaison contre la sexualisation de leur corps
C'est une image qui fait sensation. Des gymnastes allemandes multi médaillées ont décidé d'enfiler une combinaison pour dénoncer la sexualisation systématique des jeunes sportives, dans les médias et les réseaux sociaux. Une initiative éclatante.
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"Un signal important". C'est ainsi que la gymnaste allemande Elisabeth Seitz a défini un choix : le sien, mais aussi celui de ses consoeurs athlètes Kim Bui et Sarah Voss. A savoir ? Arborer dans le cadre de leurs compétitions internationales une combinaison qui couvre intégralement leurs bras et jambes, en lieu et place des traditionnels justaucorps attribués aux gymnastes. L'idée ? "Se sentir bien", explique sa compatriote Sarah Voss.

Mais aussi dénoncer une certaine sexualisation du corps des sportives. Comme le rapporte l'AFP, Elisabeth Seitz aurait notamment pointé du doigt le fait que "de nombreuses photos de jeunes filles gymnastes circulent sur internet et attirent beaucoup de monde... et pas seulement les amateurs de sport". Pas besoin d'en dire plus. Une athlète comme Sarah Voss, qui n'a que 21 ans, soutient volontiers ce discours critique et anti-sexiste.

Sur Instagram, l'athlète allemande multi-médaillée exprime d'ailleurs son enthousiasme envers cette nouvelle combinaison, qu'elle dit "élégante". Une assertion qui a récolté plus de 16 000 like.

Un geste fort

Mais le message ne s'arrête pas là. L'athlète désire également sensibiliser son audience au sujet de l'inconfort physique et mental qu'éprouvent les femmes gymnastes, et notamment les plus jeunes. "Nous, les femmes, nous voulons simplement nous sentir bien dans notre peau. Or, en gymnastique, plus vous grandissez et quittez votre corps d'enfant, plus cela devient difficile. Quand j'étais petite, je n'avais aucun problème avec le justaucorps et sa coupe échancrée, mais quand la puberté est arrivée, là j'ai senti un malaise croissant", développe-t-elle.

Ce faisant, Sarah Voss évoque entre les lignes le tabou des menstruations dans le milieu de la gymnastique, et du sport en général. Un sujet trop peu mis en lumière par les principales concernées et les institutions, d'autant plus dans des sphères où traditions et discipline règnent en maîtres. "Nous espérons que les gymnastes mal à l'aise dans les tenues habituelles seront encouragés à suivre notre exemple", a déclaré Voss à la BBC.

Une initiative si novatrice qu'elle fut d'ailleurs saluée par la Fédération néerlandaise de gymnastique, comme le souligne le média britannique. De leur côté, ni le jury des Championnats d'Europe de Gymnastique Artistique ni la Fédération allemande de gymnastique n'ont protesté contre ce projet engagé, bien au contraire même. Faut-il voir dans ces choix plutôt stylés les prémices d'une prise de conscience plus globale ?

L'avenir nous le dira.