Pourquoi regarder "Le procès du 36", le docu d'Ovidie sur le viol au 36 quai des Orfèvres

"Le procès du 36", réalisé par Ovidie
"Le procès du 36", réalisé par Ovidie
Diffusé mercredi 27 avril dans l'émission "Infra Rouge" sur France 2, le documentaire d'Ovidie revient sur l'affaire du "Viol du 36 quai des Orfèvres", et se penche plus précisément sur la définition du consentement sexuel, enjeu principal du procès.
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C'est une fois de plus la question du consentement, que la réalisatrice Ovidie aborde dans son dernier documentaire.

Le procès du 36, diffusé dans le cadre de l'émission Infrarouge, ce mercredi 27 avril à 22h45 sur France 2, s'articule cette fois autour de l'affaire très médiatisée du "Viol du 36", et plus précisément son procès hors norme, dont le verdict en appel a été rendu vendredi 22 avril.

Aux deux policiers accusés d'avoir violée en réunion la touriste canadienne Emily Spanton en 2014 dans les locaux de la BRI, au 36 quai des Orfèvres, la cour d'assises du Val-de-Marne a accordé l'acquittement. Et ce, 3 ans après que le tribunal les ait condamnée à 7 ans de prison en première instance. Si le long-métrage a été tourné avant ce dernier rebondissement, il reste extrêmement pertinent et d'autant plus d'actualité.

"Une histoire emblématique mais aussi universelle à l'ère post-#MeToo"

Devant la caméra, Ovidie a interrogé les journalistes Marie Barbier de L'Humanité et Thibaut Chevillard de 20 minutes, les avocat·es d'Emily Spanton Sophie Obadia et Mario Stasi, l'avocate de l'un des policiers Anne-Laure Compoint, l'avocat général Philippe Courroye, Emily Spanton elle-même, et ses parents.

Elle voulait retracer les faits de cette nuit-là, explique-t-elle auprès de Télérama, du point de vue de la victime présumée, des accusés et des témoins. Alors, elle reconstitue des images de vidéosurveillance, retranscrit les regards... "Nous ne connaîtrons jamais la vérité, c'est pourquoi j'ai voulu mettre en place une narration qui présente successivement les versions des différentes parties, sans voix off, sans commentaires", ajoute-t-elle dans les colonnes du magazine culturel.

"Une histoire emblématique mais aussi universelle à l'ère post-#MeToo", estime France 2 dans un communiqué.

De l'importance d'une réflexion collective sur le sort des violeurs

Questionnée sur la façon dont notre société traite les affaires de viol, et les progrès qu'il y a à entreprendre, la réalisatrice explique que quoiqu'il arrive, la prison ne suffit pas à ce que les hommes arrêtent de violer.

"Je comprends la colère que provoquent ces affaires, mais je n'adhère pas au féminisme carcéral qui se réjouit d'envoyer des violeurs en prison, parce que je pense que cela ne sert à rien. Je ne suis pas sûre que les condamnés se disent qu'ils ont quelque chose à se reprocher. Il y aurait une vraie réflexion collective à avoir sur ce que l'on fait des hommes qui violent. La prison n'est pas un projet de société."

Et d'interroger : "Comment fait-on pour qu'ils prennent conscience de la gravité de leurs actes ? Que fait-on pour le bien-être des victimes, pour les valider dans leur souffrance, et faire en sorte qu'elles puissent poursuivre leur vie ? La vraie rédemption, la prise de conscience véritable du problème peuvent à mes yeux davantage apaiser certaines victimes et les aider à se reconstruire."

Des mots qui amènent à réfléchir, et un documentaire à ne pas louper.

Le procès du 36, de Ovidie, diffusé mercredi 27 avril à 22h45 sur France 2

Ovidie.
Ovidie.