Art, culture et gaming : 6 créatrices badass à suivre illico sur Twitch

Sur Twitch, la streameuse Maghla détonne par son humeur feel good et son expertise gaming.
Sur Twitch, la streameuse Maghla détonne par son humeur feel good et son expertise gaming.
Art, culture, discussions féministes... Qu'on le sache, Twitch ne se limite pas au gaming, non non. Sur la plateforme pop de streaming, les horizons abondent, et les jeunes créatrices aussi. On vous en recommande d'ailleurs six à suivre illico.
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N'en déplaisent aux machos, ce ne sont pas les voix féminines qui manquent sur Twitch. On l'a notamment compris avec le lancement salutaire de Stream'Her, initiative sororale destinée à réunir et aider les jeunes créatrices désirant évoluer au sein de la plateforme de streaming en direct. Un espace d'expression libre au sein d'un service où le harcèlement en ligne fait l'objet de régulières investigations et alertes. A raison.

Mais le sexisme ordinaire (auquel l'on souhaite un fatal Game Over) n'empêche heureusement pas le bon déroulé des parties de jeux vidéo et débats tout aussi dynamiques, menés de front et en live par les plus enthousiasmantes streameuses. Des profils brillant par leur érudition, leur humour et leur malice, leurs convictions politiques et leur sensibilité artistique.

Vous êtes en manque de bonnes adresses ? Pas de panique, voici notre petit Top 6 de "Twitcheuses" tout simplement immanquables.

Maghla

Elle est l'une des voix les plus punchy du paysage vidéoludique en France. Tout comme son demi-million de followers fidèles, on aime suivre les streams passionnés de Maghla (Barbara "dans la vraie vie"), jamais avares en émotions fortes, en enthousiasme qui booste et en rigolades complices.

Qu'elle s'éclate des heures durant sur Bioshock, Star Wars ou Animal Crossing, le succès des "live" de la jeune femme apparait comme une évidence. Sa propension au feel good est même susceptible de convertir les spectatrices et spectateurs les plus néophytes au vaste champ du dixième art.

A retrouver ici.

Angle Droit

On a découvert Angle Droit, ou Florence pour les intimes, grâce à sa chaîne YouTube du même nom. La jeune femme dénote sur la plateforme grâce à ses très chouettes vidéos de vulgarisation juridique (d'où ce nom en forme de jeu de mots audacieux). C'est cette érudition que l'on retrouve sur sa chaîne Twitch, couplée à quelques parties de jeu vidéo entre ami.e.s - du très pop Among Us au moins glamour Geo Guessr.

La chaîne d'Angle Droit est un bon exemple de ce que peut proposer le Twitch francophone : du ludisme, certes, mais aussi des contenus engagés et éclairés, égrainés l'espace de longues discussions nocturnes. La créatrice propose un environnement bienveillant où la militance n'a rien d'un gros mot - et c'est tant mieux. La preuve ? En 2019, elle soutenait ouvertement le mouvement de grèves contre la réforme des retraites.

A retrouver ici.

Ebibiglass

Salomé, ou Ebibiglass, nous captive lors de ses live avec sa spécialisation, loin d'être ordinaire : la sculpture. Regarder ses oeuvres prendre vie - des animaux fantastiques bien souvent - a tout du spectacle hypnotique et gratifiant. Et fédérateur, on l'espère : récemment, la jeune sculpteuse et souffleuse de verre proposait au célébrissime Squeezie de lui transmettre ses quelques tips techniques. Une collab' prometteuse.

Par-delà les débats de société, les compétitions vidéoludiques et les interactions diverses (avec la communauté des "viewers" notamment), il arrive aussi que Twitch donne le la aux créations artistiques les plus singulières. Celles d'Ebibiglass, vous l'aurez deviné, valent le détour.

A retrouver ici.

Ultia

Among Us, Animal Crossing, Hades, Pikmin... Aucun best-seller du jeu vidéo n'échappe à l'expertise d'Ultia. En solo ou en compagnie de streameurs abondamment suivis (Ponce, Antoine Daniel, Mister MV), la jeune femme détonne par son implication, son dynamisme et son humour, qualités volontiers saluées par sa communauté - les "Ratus". Mais ce n'est pas tout.

Autoproclamée "activatrice de dialogues audacieux", Ultia n'est jamais avare en prescriptions solidaires et bienveillantes. Dans son studio ou sur le plateau d'émissions spécialisées comme Le Stream, elle délivre à ses jeunes spectateurs et spectatrices forcément curieux quelques tips d'organisation (idéaux entre deux confinements) et autres astuces pour économiser - de quoi intriguer la frange étudiante de sa commu.

A retrouver ici.

Krokoku

La grande force de Krokoku, ou Krokodeal, c'est sa liberté d'expression. Il suffit de la voir parler de porno durant une bonne heure en compagnie de sa communauté pour s'en convaincre. Débattre sur la pornographie, une initiative salutaire et stimulante, mais loin d'être évidente sur une plateforme comme Twitch, où les évocations de "contenus à caractère sexuel" ne sont pas forcément toujours les bienvenues.

Lors de ses "radios libres" intitulées MardiMoiTout, la streameuse passe notamment au crible des thématiques inhérentes aux injonctions faites aux femmes et à leur stigmatisation. Un exemple ? On a ainsi pu l'entendre parler de chirurgie esthétique, des expériences intimes qu'une telle pratique implique, mais aussi des discussions féministes qu'elle génère.

Sans concessions et accueillante, sa parole fait vivre le débat par-delà les sempiternels threads Twitter. Et tend à visibiliser auprès d'un auditoire hétéroclite des sujets pas toujours (très bien) éclairés.

A retrouver ici.

Modiiie

La grande spécialisation de Modiiie, ce sont les sciences sociales. Sur Twitch, la créatrice se dit d'ailleurs "steameuse indé multi-tâches", preuve de sa propension à nous embarquer au-delà du gaming. Comme au détour de certaines chaînes (celles de Jean Massiet et d'Usul notamment), on se pose devant ses vidéos pour l'écouter parler des décisions gouvernementales, de la bourgeoisie, de la justice sociale et du patriarcat.

Un vaste programme s'il en est, mais toujours exploré avec érudition et dérision. Et puisque les directs et autres rediffs sur Twitch ne nous suffisent pas, on se plaît également à explorer sa chaîne YouTube tout aussi plurielle: la sociologue y évoque aussi bien la dimension politique des mèmes internet que la "violence symbolique" des musées, ou encore... la cuisine vegan, oui oui. De quoi éveiller bien des consciences.

A retrouver ici.