Avec la communauté "Stream'her", Twitch rime (enfin) avec sororité

Stream'Her : la communauté des streameuses.
Stream'Her : la communauté des streameuses.
Harcèlement en ligne, raids, sexisme "ordinaire"... C'est pour rétorquer à ces maux - mais aussi motiver les vieweuses et joueuses - que Chloé a décidé de lancer "Stream-her", une super commu destinée aux streameuses. Un vent de sororité qui rafraîchit Twitch.
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Harcèlement sexuel, sexisme, propos "déplacés", insultes... Elles abondent depuis des mois, les situations relatées par les joueuses afin de nous rappeler que oui, il y a peut être un petit souci avec la plateforme de streaming Twitch - et surtout, ceux qui l'arpentent. En juin dernier, le mouvement #TwitchBlackOut en appelait même à un boycott du site face au manque de réactions de l'entreprise. Si comme le relate Numérama la prise de parole génère déjà des "bans" (des bannissements pour non-respect du règlement), être une femme sur Twitch n'a toujours rien d'évident.

Et c'est là qu'intervient Chloé. Cette jeune femme et streameuse vient de lancer un projet salutaire : Stream'her. L'idée ? Elle nous raconte tout sur sa chaîne YouTube. "Stream'her, c'est une communauté qui a pour but de mettre en avant les femmes dans le streaming - que leur contenu soit du dessin, de la cuisine, du lifestyle, du jeu vidéo". En somme, il s'agit d'instaurer à l'adresse des streameuses une "zone de confort" (et de confiance), un "cocon" adéquat pour échanger et créer toutes ensemble. Vous avez dit "sororité" ?

Dès son postulat, l'initiative réjouit. Et même qu'elle se déploie ici. Pour demander à intégrer Stream'her, rien de plus simple, il suffit de se diriger vers le serveur Discord du projet. Idéal pour discuter technique, découvrir, mais aussi poser des questions - "que vous soyez streameuse ou non", précise d'ailleurs Chloé. Et voilà.

Du Pokédex à #MeToo

Stream'Her : la communauté des streameuses

Et comme toute gestion de communauté, l'instigatrice de Stream'Her n'en reste pas à de simples discutes sur la Toile : elle propose également une soirée-débats (type : "L'image de la femme dans les jeux vidéo" par exemple) et une soirée-jeux une fois par mois histoire de fédérer davantage encore. L'air de rien, la plateforme peut même faire office d'initiation en douceur pour celles qui souhaitent s'aventurer dans le grand bain, sans pression ni préjugés. "Si jamais vous voulez démarrer dans le streaming et que vous avez un peu peur de vous lancer toute seule, c'est toujours cool de trouver une communauté pour parler et partager", détaille à ce titre Chloé.

Partager, c'est un peu l'idée globale puisqu'au delà de ses réseaux sociaux, Stream'Her prend également la forme d'un site réunissant témoignages et tips des principales concernées, mais aussi répertoire de streameuses, descriptions détaillées à l'appui. "C'est un petit peu un Pokédex", nous explique la créatrice à propos de ce "Stream'Her-Dex" qui fait rimer solidarité avec visibilité. Ce faisant, Chloé marche sur les pas de l'une de ses grandes influences : Les Internettes, cette assoce dédiée à toutes celles qui font le YouTube francophone.

Sur Numérama toujours, les joueuses n'hésitent pas à relater leur vécu. Il est question de misogynie et de menaces de mort, de cyberharcèlement et de remarques sur le physique. A croire que Twitch - et le milieu du gaming en général - a raté le coche #MeToo."Mais si les mecs ont toujours le même comportement, la relation entre les joueuses a changé. C'est ça, la grosse victoire de #MeToo : il y a une vraie solidarité sur Twitch entre nous, on se parle beaucoup. On a compris qu'il fallait qu'on s'entraide", assure en retour la streameuse Nat'ali.

C'est dire si "Stream'her" fait sens aujourd'hui. La preuve, l'initiative suscite déjà les réactions les plus enthousiastes. Du côté des commentaires YouTube par exemple. "Merci à toi d'avoir pris le courage et le temps de créer cette communauté ! C'est le meilleur endroit !", commente un gamer, emojis coeur à l'appui. Une "place to be" qui, dans le meilleur des mondes, n'existerait certainement pas.