Une femme frappée pour un burger : la pub belge qui ne passe pas

Bicky Burger
Bicky Burger
Utiliser les violences faites aux femmes pour vendre des burgers, c'est l'idée qu'a eue la chaîne de fast food belge Bicky Burger. Sa publicité, inspirée du style graphique des années 50, a suscité un véritable tollé suite à sa diffusion sur Facebook mardi 8 octobre.
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Un coup de poing pour un burger. La chaîne de fast food belge Bicky Burger fait aujourd'hui l'objet de la colère des internautes suite à la diffusion d'une publicité tournant en dérision les violences faites aux femmes.


Sur l'image, un homme donne un violent coup de poing à une femme car celle-ci ne lui a pas apporté "le bon burger". Un message affligeant, banalisant les violences conjugales, qui a provoqué l'indignation générale en Belgique mais aussi à l'étranger suite à la diffusion de la publicité sur Facebook mardi 8 octobre.

Une campagne "nauséabonde et totalement irresponsable"

Sur Twitter, de nombreux internautes s'interrogent ainsi sur la démarche de la chaîne de fast food. Une jeune femme écrit : "Y a donc quelqu'un (j'ose pas dire "un mec") chez Bicky Burger en Belgique qui s'est dit : 'On va mettre en scène un mec qui casse la gueule de sa femme parce qu'elle lui a pas apporté le bon burger. Tu vas voir, ça va envoyer du lourd.'"

Diffusée mardi 8 octobre sur Facebook, la publicité fait déjà l'objet de 500 plaintes auprès du Conseil de la publicité belge. Selon sa directrice, Sandrine Sepul, une sanction pourrait être mise en place dans les semaines à venir. Elle confie à l'AFP : "Même s'il y a eu retrait (de la publicité- ndlr), c'est important d'un point de vue moral et symbolique de statuer pour baliser les choses".


Du côté du gouvernement, Nawal Ben Hamou, ministre de l'Egalité des chances de la région Bruxelles-Capitale, dénonce sur Facebook une campagne "nauséabonde et totalement irresponsable". Elle ajoute : "La marque incite clairement à des comportements répréhensibles qui mettent l'intégrité physique des femmes en danger."


"38 femmes ont été tuées parce qu'elles étaient des femmes"


Chez Bicky Burger, qui retirait sa campagne de Facebook dès le mercredi, l'heure est au mea culpa. Contacté par le média belge Le Soir, un responsable de la marque explique : "La violence envers les femmes est plus importante que notre marque. Nous ne voulons pas que Bicky soit associé à cette violence. Et nous souhaitons que cette polémique s'arrête au plus vite. Dans le futur, nous allons poser des actes positifs pour montrer que Bicky est une marque correcte."


En Belgique comme en France, les violences faites aux femmes font de nouvelles victimes chaque année. Bénédicte Linard, Ministre de l'Enfance, de la Santé, de la Culture, des Médias et des droits des femmes du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, rappelle sur Twitter : "En Belgique en 2017, 38 femmes ont été tuées parce qu'elles étaient des femmes. En 2016, on a enregistré 18 000 plaintes pour violences conjugales en Fédération Wallonie-Bruxelles. C'est un sujet grave qu'il est totalement irresponsable de banaliser."

En France, 117 féminicides ont eu lieu depuis le début de l'année 2019. Un massacre qui se déroule sous nos yeux qu'il est affligeant de tourner en dérision.