L'interpellation violente d'une femme enceinte en Seine-St-Denis crée l'indignation

L'interpellation violente d'une femme enceinte en Seine-St-Denis crée l'indignation
L'interpellation violente d'une femme enceinte en Seine-St-Denis crée l'indignation
Ce mardi 16 juin, en gare d'Aulnay-sous-Bois (93), une femme a été violemment plaquée au sol par des agents de sécurité de la SNCF. Son mari leur crie qu'elle est enceinte, il est immobilisé à son tour. La scène a été filmée par un passant et relayée sur les réseaux sociaux.
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La vidéo tourne sur Twitter depuis le 16 juin. En deux jours, elle a été vue par plus d'1,1 million de personnes. Dans ces images filmées par un passant, on voit une jeune femme noire être interpellée par des agents de sécurité de la SNCF, dans la gare d'Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis.

Ils la plaquent violemment au sol, malgré ses cris. Un homme qui se présente comme son mari accourt, hurlant qu'elle est enceinte. On entend d'ailleurs qu'elle lance "Mon ventre !" alors que les agents ne bougent pas, et la laissent face contre terre en lui passant les bracelets. Ledit compagnon est immobilisé à son tour, de l'autre côté du hall. Des témoins demandent aux autorités de cesser, ils sont ignorés.

Une plainte des deux côtés

D'après Le Parisien, la jeune femme a porté plainte mercredi 17 juin, au commissariat de Sevran, pour "violences volontaires aggravées par personne dépositaire de l'autorité publique". Elle a ensuite été transportée à l'hôpital pour des examens. Le journal précise cependant que, selon une source proche du dossier, "son état déclaré de grossesse" ne serait pas encore confirmé. Elle est en attente d'examens complémentaires qui détermineront la gravité de ses blessures et la prescription d'ITT.

En face, les agents de sécurité aussi, ont déposé plainte. Cette fois-ci pour "outrages et rébellion". "La personne interpellée n'avait pas de titre de transport, pas de masque, et a refusé le contrôle", indique au Parisien une source proche de l'enquête. Elle aurait par ailleurs "postillonné au visage des agents et tenté de leur porter un coup", précise-t-elle.

La SNCF a quant à elle déclaré que "la personne mise en cause venait d'être verbalisée à trois reprises, notamment car elle ne portait pas de masque, qu'elle avait craché et qu'elle voulait prendre le train sans billet. Les agents l'ont ensuite invité à quitter la gare. Devant son refus, et un comportement agressif, cette injonction de quitter la gare est devenue contraignante", rapporte le HuffPost. La société précise que deux agents, ayant subi morsures et griffures, sont en ITT de 5 jours et un de 7 jours.

"On n'oubliera pas"

Pour la députée LFI Danièle Obono, ce comportement est inacceptable. Elle met en parallèle cet altercation et le traitement d'une infirmière lors de la manifestation des soignant.e.s, plaquée au sol et tirée par les cheveux par les forces de l'ordre, le même jour. "1 jour en France, juin 2020, 2 femmes. Une manifestante, soignante, asthmatique. Une voyageuse, dite enceinte. Violemment interpellées, traînées puis plaquées au sol par des hommes 'assermentés'. Pour faire respecter leur ordre & leur sécurité." Elle conclut en lançant : "Leur monde d'après."

A l'heure ou les violences policières et le racisme systémique sont vivement dénoncés, ces récents événements rappellent pourquoi il est nécessaire de continuer à se battre.