Ryan Gosling réinvente-t-il la masculinité à Hollywood ? On a enquêté sur les "hommes nouveaux"
Ryan Gosling réinvente-t-il la masculinité à Hollywood ? On a enquêté sur les "hommes nouveaux"
Nouvelle masculinité. L’expression s’est banalisée - on l’écrit parfois au pluriel. Elle désigne ces hommes qui s’émancipent des stéréotypes de genre et du virilisme dit “toxique”. Comme Ryan Gosling. L’acteur est à l’affiche du blockbuster Projet Dernière Chance. Et s’il avait beaucoup à nous apprendre, au-delà des leçons d’acting ?
Ryan Gosling serait un exemple à suivre pour tous les hommes, quelle que soit la génération. Longtemps réduit à l’état de “beau gosse”, de fantasme, de bellâtre comme seul Hollywood en engendre, au regard mélancolique et au corps musculeux, l’interprète est désormais scruté à l’aune d’enjeux moins superficiels : des questions de société et de relations humaines. C’est une myriade de journaux prestigieux qui l’affirment.
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Ryan Gosling parvient à être “beau” sans être “bad”, c’est à dire “bad boy” : jamais méchant ou cynique, gratuitement provocateur ou véhément, colérique ou “rebelle”, prétentieux ou démonstratif, il laisse beaucoup la parole à ses consœurs actrices lors des exercices de promotion : Emma Stone, Margot Robbie, Sandra Huller.
Le comédien est parvenu d’un rôle à l’autre à représenter chaque strate de la classe masculine pour mieux l’interroger : ex toxique dans Blue Valentine (avec Michelle Williams de la série Dawson), amoureux hyper mutique (et quelque peu impulsif) dans Drive, icône glamour testostéronée dans Crazy Stupid Love (où il dévoile son torse de Monsieur Muscle à une Emma Stone hilare), archétype du “génie” incompris dans La La Land, et incarnation du patriarcat dans Barbie de Greta Gerwig, où l’acteur ne joue ni plus ni moins que Ken, le petit ami de la célèbre poupée. Mais les interventions publiques de Ryan Gosling, ses interviews par exemple, font apparaître l’inverse : une masculinité “légère”, insouciante, définie par l’humour, l’autodérision, l’ouverture d’esprit, sur sa propre image, sur la fascination qu’il suscite, sans mégalomanie.
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Un homme cultivé et pourvu d’autodérision, qui est à l’écoute des autres (et donc des femmes), sensible… Quand on énumère ce descriptif, apparaît une notion : celle de “nouvelle masculinité”, qui désignerait l’inverse de ce que l’on appelle “masculinité toxique”. Un homme toxique se caractériserait par son inaptitude à pleurer et à assumer ses affects, son manque de recul et de remise en question, ses attitudes violentes, psychologiquement ou physiquement, envers les femmes, son désir de posséder l’autre, son refus de s’atteler à des tâches dites “féminines”, ses crises de colère, notamment.