Immolation pour "mauvaise cuisine", esclaves sexuelles : ce que les talibans voudraient cacher

Des combattants talibans montent la garde devant l'aéroport international Hamid Karzai lors d'une évacuation à l'aéroport de Kaboul, en Afghanistan.
Des combattants talibans montent la garde devant l'aéroport international Hamid Karzai lors d'une évacuation à l'aéroport de Kaboul, en Afghanistan.
Régime "inclusif", vraiment ? Après leur prise de pouvoir en Afghanistan, de nombreuses révélations accablantes rappellent la véritable nature des talibans. Voici le témoignage de l'ancienne juge afghane Najla Ayoubi.
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"Les talibans forcent les gens à leur faire à manger. Une femme a été immolée parce qu'elle était accusée de mauvaise cuisine". Ces propos de l'ancienne juge afghane Najla Ayoubi énoncés à la chaîne Sky News sont accablants. Au média britannique, celle qui dit avoir dû fuir pour sa vie avec le retour au pouvoir des talibans dans le pays, après avoir défendu les droits des femmes dans le cadre de son travail, cherche à alerter l'opinion publique.

"Il y a tellement de jeunes femmes, au cours des dernières semaines, qui ont été expédiées dans des pays voisins dans des cercueils afin d'être utilisées comme esclaves sexuelles", développe encore la femme de loi à Sky Newsa. Et Najla Ayoubi de poursuivre sur le même ton : "Les familles se voient également forcées de marier leurs jeunes filles à des combattants talibans". De véritables "atrocités", dixit l'ancienne juge.

A l'écouter, par-delà les familles, ce sont des centaines de militants féministes qui seraient en danger à l'heure actuelle et beaucoup "se cacheraient" afin d'échapper aux fondamentalistes. Une situation des plus alarmantes.

"D'autres jeunes femmes sont forcées de se marier et victimes d'abus sexuels. Aujourd'hui, il n'y a aucun moyen de croire aux promesses des talibans", déplore encore Ayoubi, qui fut la première femme juge dans sa province d'origine. "L'Émirat islamique ne veut pas que les femmes soient des victimes. Le gouvernement islamique sera ouvert et inclusif", avait affirmé le porte-parole Zabihullah Mujahid à Kaboul dans le cadre d'une conférence de presse. Lesdites promesses effectivement sonnent faux au regards des premiers témoignages sur le terrain.

Une violence banalisée

Une parole qui nous renvoie à d'autres témoignages. "Je reçois des dizaines de messages depuis l'Afghanistan de femmes et filles qui vont bientôt être vendues/ mariées/violées du fait de l'occupation talibane", alertait il y a peu l'activiste française Alice Barbe. De son côté, Mohammad Naciri, directeur régional de l'entité des Nations unies pour l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes pour les régions Arabie et Asie Pacifique, alerte sur la condition des femmes "qui dans certaines provinces ne sont pas autorisées à quitter leur domicile sans 'un chaperon masculin', ou à qui l'on a simplement ordonné de rester à la maison".

Selon le journal britannique Metro, une femme aurait été abattue il y a quelques jours dans la rue parce qu'elle ne portait pas de burqa.

Ce mardi 24 août, la haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Michelle Bachelet a averti lors d'une réunion spéciale du Conseil des droits de l'homme (CDH) sur l'Afghanistan : "Une ligne rouge fondamentale sera la façon dont les talibans traitent les femmes et les filles et respectent leurs droits à la liberté, à la liberté de mouvement, à l'éducation, à l'expression personnelle et à l'emploi, conformément aux normes internationales en matière de droits humains." Pas sûr que cette mise en garde soit entendue.