Après les seins, Instagram s'attaque aux rondeurs féminines

Instagram bannit le mot "curvy" et c'est grave
Instagram bannit le mot "curvy" et c'est grave
Il devient de plus en plus difficile de comprendre où veut en venir Instagram. Alors que les femmes sont extrêmement nombreuses à utiliser le réseau social pour faire passer des messages inspirants, ce dernier a décidé de supprimer le hashtag "curvy", soit "pulpeuse" en français.
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Au jeu de l'hypocrisie, Instagram a remporté la dernière manche. S'il est possible d'y montrer ses fesses (coucou Justin Bieber) et même d'utiliser le réseau social pour se prostituer, certaines choses sont quant à elles bannies pour des raisons qui dépassent l'entendement. Dernier mot à s'être vu retiré des recherches ? "Curvy", qui peut être traduit par "pulpeuse" ou "courbes généreuses". Généralement associé à des photographies de femmes pulpeuses qui cherchent à lutter contre des standards de beauté irréels, ce hashtag a récemment disparu tout comme l'émoticône aubergine avant lui. Mais pourquoi tant de haine envers les curvy girls ? Alpaguée par Buzzfeed, la compagnie a indiqué que le mot "était utilisé pour partager des images et vidéos qui violaient les règles de la communauté vis-à-vis de la nudité". Si Instagram s'est toujours montré très sévère avec les utilisateurs qui s'amuseraient à publier du contenu à caractère sexuel, les arguments ici ont du mal à tenir la route.

Comme le rappelle Buzzfeed, des mots beaucoup plus connotés associés à des images qui le sont tout autant sont toujours actifs sur le réseau social. Il n'y a qu'à taper "godemichet", "clitoris", "salope", ou encore "forcée" pour s'en rendre compte. Si le terme "thinspo" (qui fait l'apologie de l'anorexie) vient également d'être retiré, on peut toujours trouver des photos de jeunes femmes flirtant avec la malnutrition en tapant "skinny" soit "maigre".

Les femmes toujours malmenées sur Instagram

En retirant le hashtag curvy, Instagram s'en prend directement à ses utilisatrices qui utilisent la plateforme pour faire passer des messages inspirants. Car ces derniers mois, c'est bel et bien ici que son apparus les mouvements #LoveYourLines, #RockTheCrop, ou encore #EffYourBeautyStandards lancé par le mannequin plus size Tess Holliday (916 000 abonnés au compteur). Bref, quand les nanas reprennent le contrôle de leur corps et décident de faire un doigt d'honneur aux diktats, c'est sur Instagram qu'elles se retrouvent et s'encouragent, pas sur Facebook.

Artiste et activiste, Sam Roddick a été bannie à vie d'Instagram car elle avait partagé la photographie d'une moulure ressemblant étrangement à un vagin . Mais parce que l'hypocrisie du réseau social est sans limite, le hashtag vagin est quant à lui toujours disponible et avec lui des tas d'images et vidéos très graphiques. Récemment interrogée par le Huffington Post britannique, Sam Roddick a très bien résumé l'injustice dont sont victimes les femmes sur Instagram :

"Clairement, il est impossible pour Instagram de contrôler totalement ce que ses utilisateurs postent. Quoi qu'il en soit, je suis perturbée par les contenus qu'Instagram choisit de bannir ou de censurer. En tant qu'entreprise, ils montrent que leur philosophie est émotionnellement, intellectuellement, et psychologiquement mauvaise pour les femmes. Ils ont banni des photos d'allaitement, de vergetures, de menstruation, mais aussi des oeuvres artistiques qui mettaient en scène des femmes nues de manière respectueuse. Et maintenant, ils bannissent le mot curvy alors qu'on trouve toujours des choses comme salope, maigre et pute. Les femmes ne peuvent pas se sentir en sécurité sur cette plateforme, surtout les jeunes filles".

Oubliez #FreeTheNipple, les femmes n'ont même plus besoin de faire tomber le haut pour être malmenées par Instagram.