Arrêtez de vouloir faire une détox, ça ne sert à rien

Jus vert détox
Jus vert détox
Jus détox vert, jus détox aux choux, aux céleris, betteraves, tisane détox... Arrêtez tout ! Notre corps sait très bien éliminer ses toxines... tout seul.
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Vous voulez évacuer toutes les toxines emmagasinées à cause des soirées, apéros et restaurants que vous cumulez depuis le début de l'été ? Pour cela, rien de mieux qu'un petit régime, une cure détox plus précisément. Une petite tisane détox, suivi d'un fameux jus détox pour le repas, à prendre avec des compléments alimentaires forcément détox eux aussi.

Sur le visage, vous ne mettrez rien d'autre qu'une crème détox et, sous les pieds, pour les plus orthodoxes, un patch détox pour évacuer les toxines présentes dans le corps. Les prochaines vacances seront aussi placées sous le signe de la détox, avec un stage alternant randonnées et jeûne. Votre corps et votre esprit seront en un rien de temps nettoyés et purifiés. Une chose est sûre, votre porte-monnaie se trouvera considérablement allégé, lui.

Un jus, un patch, une cure ne nettoieront pas votre corps


Après avoir pointé du doigt le gras, la viande, le sucre, le lait et plus récemment le gluten, nous craignons plus que jamais le contenu de notre assiette. Engrais chimiques, produits industriels à la composition mystérieuse, additifs aux noms barbares mais aussi mauvaises habitudes alimentaires. On trouve dans nos assiettes à boire et à manger. De quoi donner à tout le monde l'envie de faire le ménage pour redonner à la maxime latine, un corps sain dans un esprit sain, tout son sens.

"L'idée que vous puissiez laver vos péchés caloriques est le parfait antidote à nos modes de vie adeptes de fast food et à nos vies sociales lubrifiées à l'alcool", dénonce Le Guardian dans un article s'insurgeant contre la "detox industry". "L'idée qu'il est possible de vider son système de ses impuretés et laisser ses organes propres comme des sous neufs et au taquet est une arnaque. C'est un concept pseudo-médical créé pour vous vendre des choses", explique encore Edzart Ernst, un professeur émérite de médecine de l'Université Exeter interrogé par le quotidien anglais et relayé sur Slate.fr.

Infusion détox
Infusion détox

"Détox" est un mot assez récent. Selon Le Petit Robert, si "détoxication" date de 1945, le verbe "détoxifier" n'est apparu que dans les années 1970. Il a depuis connu un succès croissant. Au départ cantonné au traitement de l'addiction aux drogues ou à l'alcool, il se transforme dans les années 2000. En particulier à partir de 2007, comme l'attestent les recherches Google ci-dessous. Pourquoi ? Cette année-là, les régimes détox de stars comme Beyoncé ou Gwyneth Paltrow font la Une des magazines. C'est aussi la sortie du premier vrai produit estampillé "détox" par la maison de thés, Kusmi Tea, devenu l'une des meilleures ventes de la marque et une gamme à part entière.

L'objectif premier de cette mode ? Éliminer les toxines. Lesquelles ? Sur ce point les industriels sont plus évasifs, mais une chose est sûre, ces toxines s'accumulent et seraient responsables de nombre de nos tourments. "Si les toxines s'accumulaient dans votre corps sans qu'il puisse les éliminer, vous seriez déjà mort ou au moins aux urgences", rappelle Le Guardian. Le docteur Alain Vadeboncoeur, urgentiste et chef du service de médecine d'urgence de l'Institut de cardiologie de Montréal abonde dans le même sens sur son blog en prenant un exemple : "L'ammoniac, effectivement toxique, est transformé en continu en urée, puis éliminé - à défaut de quoi la personne tomberait rapidement dans un coma profond, comme en cas de cirrhose terminale."

Notre corps sait très bien éliminer ses toxines

En matière de détox, notre organisme n'a donc pas attendu que nous nous intéressions aux toxines pour se charger de les éliminer grâce au foie, aux reins, à la peau et même aux poumons. "On ne connaît pas de façon -certainement pas via un traitement détox- de faire en sorte que quelque chose qui fonctionne parfaitement bien dans un corps fonctionne mieux", défend Edzard Ernst dans le Guardian.

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