EmRata, de son nom complet Emily Ratajkowski, s'est fait connaître dans le clip un brin misogyne Blurred Lines. Dans celui-ci, elle n'était, parmi les autres modèles, que le faire-valoir du chanteur Robin Thickes. Sur les images (qui ont pris un sacré coup de vieux), ce dernier tournoyait, tel un paon en détresse, au milieu de trois mannequins sublimes.
Mais les choses ont changé. À force de photos et de vidéos où elle choisit volontairement de s'hypersexualiser, la top model de 34 ans a développé sa propre notoriété. Et, suivie aujourd'hui par quelques 28 millions d'abonnés sur Instagram, elle dégomme largement ceux qui l'ont fait connaître.
Depuis dix ans, elle continue de nourrir son feed, principalement de photos sexy d'elle. Sur les dernières, datant d'un shooting réalisé à New York début 2026, on la voit en soutien gorge noir, la bouche entrouverte sublimée par un gloss brillant. Alors qu'elle est plus stupéfiante que jamais, les internautes n'ont qu'un seul choix : reconnaître la beauté surnaturelle de cette "hot mama", qui, une nouvelle fois, assume son corps et sa sensualité.
Une sensualité que beaucoup lui ont reproché au fil des années, l'accusant d'être une "mauvaise féministe" participant à l'hypersexualisation et flattant le regard des hommes. Lui confisquant le droit à la contradiction, certains et certaines lui ont refusé le droit d'afficher son corps et d'être prise au sérieux en même temps.
Longtemps caricaturée, EmRata a été jugée tantôt trop sexuelle, tantôt trop sexualisée, tantôt trop démonstrative, tantôt trop superficielle. Elle a été soigneusement rangée dans une case pour les plus sourcilleux d'entre nous, et critiquée et considérée comme une personnalité illégitime à s'exprimer sur des sujets "importants".
Mais, faisant fi de ces remarques, la top model et actrice internationale continue de mener sa barque en jouant sur le désir masculin. Et, n'en déplaise aux détracteurs, elle a un regard plus que lucide sur les préjugés dont elle est victime. À Glamour UK, en 2025, elle le prouvait en livrant une constatation aussi fataliste que fine : "Je pense que malheureusement, la misogynie imprègne toutes les interactions des femmes, même entre elles, et particulièrement celles qui ont bâti leur carrière et leur réussite sur leur image ou leur apparence ; elles sont confrontées à un type d'agression particulier".
N'oublions pas, par ailleurs, que la Top est loin de n'être qu'un corps. Comme son idole Jane Fonda, elle a mis sa notoriété à profit pour défendre de nombreuses causes. Elle a notamment affiché son soutien à Bernie Sanders en 2020, mais aussi défendu les droits des personnes trans, dénoncé la misogynie et le règne du patriarcat à Hollywood, et prôné la solidarité féminine tout au long de sa carrière. Bad féministe, Emily Ratajkowski ? Pas si sûr.