Crise climatique : que peut-on faire quand on ne peut plus manifester ?

Même confiné, le combat de Greta Thunberg se poursuit.
Même confiné, le combat de Greta Thunberg se poursuit.
Initiatives écolos, activisme digital, concertation globale... Qui dit confinement ne dit pas forcément militantisme en suspens. En cette période de pandémie, il est toujours possible d'agir selon ses convictions. La preuve.
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"En période de crise, nous changeons notre comportement et nous nous adaptons aux nouvelles circonstances pour le plus grand bien de la société". Sur ses réseaux sociaux, Greta Thunberg l'énonce sans filtre : rester chez soi (crise sanitaire globale et confinement oblige) n'empêchera pas le militantisme pour la cause climatique de survivre malgré tout. C'est pour cela que la jeune activiste de 17 ans, figure de proue du mouvement Youth for Climate, en appelle à la 82e semaine de grève scolaire - une contestation sociale qu'elle prône depuis les prémices de son engagement écologiste. Et surtout, en

Mais comment faire pour revendiquer sa lutte alors que les rassemblements collectifs sont interdits et les villes désertées ? Rien de plus simple, rétorque l'étudiante suédoise : il suffit de rejoindre le mouvement #DigitalStrike (Grève Digitale) en postant sur les réseaux sociaux une photo de soi avec ledit hashtag. Confinement ou non, les grands élans collectifs en faveur de la planète se poursuivent donc de plus belle. Un peu d'espoir en plein chaos.

Une mobilisation toujours aussi vive

 

Les messages "confinés" de Greta Thunberg, affichant de chez elle des écriteaux de manifs, recueillent chaque jour l'adhésion de centaines de milliers de followers. Et redonnent du baume au coeur à l'heure où, comme l'indique le New York Times, des marches pour le climat ont été annulées en ce mois d'avril, confinement oblige. D'où l'alternative promue par l'activiste : les mobilisations en ligne. C'est également sur le net que se déclinent les combats du Earth Day, qui débute ce 22 avril, visant chaque année à sensibiliser l'opinion publique à la crise climatique.

Ainsi, pour le 50e anniversaire de cette "Journée de la Terre", des concerts et des conférences seront diffusés pendant trois jours en direct sur internet (Earth Day Live), du 22 au 24 avril. Parmi les artistes écolos mobilisés, on retrouve Moby, Talib Kweli, Jason Mraz, Angélique Kidjo, Mark Ruffalo, Jane Fonda ou encore Joaquin Phoenix. Avec un thème dédié chaque jour : le 22 avril visera à "amplifier la voix des leaders indigènes et des jeunes militants pour le climat qui mènent le mouvement pour arrêter la crise du climat", le 23 avril appellera à la restructuration de l'économie mondiale et enfin le 24 avril sera dédié à l'engagement citoyen et au vote des jeunes. Une nouvelle façon de mobiliser même en plein confinement.

Car les militant·e·s comptent sur la portée virale des hashtags relayés massivement sur Twitter, comme #ClimateStrikeOnline, #EarthDay et #DigitalClimateStrike. Certes, une cause en "TT" (trending topic, sujet tendance) semble moins impressionnante que des images de milliers d'anonymes réunies dans les grandes villes. Mais c'est en cette période que l'activisme digital prend tout son sens. Et c'est pour cela que le mouvement Fridays For Future incite ses participant·e·s à publier des photos et des messages sur les réseaux, comme "une vague de grèves numériques".

Un élan fédérateur. D'autant plus qu'un appel sur le web permettrait d'unir les mouvements entre eux. D'autres spécialistes préoccupés par la cause environnementale, comme le professeur de sociologie Dana Fisher (de l'Université du Maryland), voient pourtant là un effort légitime mais contre-productif : une manière d'amplifier la "chambre d'écho" des mouvements écologistes, les militants "prêchant des convertis" avec les mêmes mots-clés, au lieu d'éveiller les consciences sur la place publique, aux yeux de tous. Ce n'est évidemment pas l'avis de jeunes activistes "connectées" comme Greta Thunberg, pour qui il convient à l'inverse de redoubler d'efforts à l'heure où les sommets diplomatiques évoquant la question de la crise climatique se poursuivent à travers le monde.

L'idée de ces jeunes femmes et jeunes hommes engagés aux quatre coins du globe est également de rappeler que ce que nous vivons en ce moment est loin de se dissocier tout à fait des luttes pour la planète, bien au contraire. "Aujourd'hui, nous devons prendre soin des personnes âgées et des personnes faibles qui nous entourent. Mais nous pouvons toujours nous mobiliser face à la crise climatique, car ce sont ces mêmes personnes qui souffrent des températures toujours plus élevées", relève à juste titre un internaute. Et si, par-delà les "boomers" que mettent en avant nos médias nationaux, ces voix éveillées incarnaient le véritable "monde d'après" ?

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