Pourquoi nous devrions définitivement tomber le paréo cet été

Pourquoi nous devrions définitivement tomber le paréo cet été
Pourquoi nous devrions définitivement tomber le paréo cet été
Il est l'accessoire de plage par excellence depuis des décennies, le paréo sert à s'habiller en vitesse après la plage. Et donc par extension, à nous couvrir les fesses. Mais pour quelle raison devrait-on camoufler notre corps exactement ? Cet été, résistons ! Et débarrassons-nous du bout de tissu.
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Les magazines féminins adorent nous donner chaque année le top des "façons originales de nouer son paréo pour l'été". Un florilège d'astuces pas franchement originales, qu'on arrive rarement à reproduire sans ressembler à un sac à patate informe, mais qu'on aime quand même feuilleter. Et on l'avoue, à la rédac', on a certainement dû, nous aussi, ajouter de l'eau à ce moulin. Sauf qu'en y réfléchissant un peu, en déconstruisant ce qui se cache derrière ce joli morceau de tissu dans lequel on s'enveloppe volontiers en sortie de plage, on s'est demandé à quoi il servait exactement. A se couvrir, d'accord, mais dans quel but ?

Quand on y pense, généralement, le paréo, on se le cale sur les fesses et le ventre. Pour les camoufler. Parce que ce sont les parties du corps d'une femme qui ne doivent apparemment pas être mise à nu, et aussi parce que beaucoup d'entre nous complexent sur les soi-disant "imperfections" qui s'y logent facilement. La faute à qui ? On vous le donne en mile : à une volonté sociétale toujours plus pressante de ne valider qu'un type de corps, celui qui n'aura pas de culotte de cheval. A une ère où l'acceptation de soi et l'affranchissement des attentes sociétales priment, on a décidé de ne plus en porter. Et de vous encourager grandement à en faire autant.

Le summer body : un état d'esprit

Vous vous rappelez certainement de la pub dramatique qui avait tapissé le métro de Londres en 2015. Une affiche géante qui demandait aux passantes si elles étaient "beach body ready?" - assez gaulées pour se mettre en maillot, en gros -, et qui leur proposait un programme de substituts alimentaires à base de protéines. De quoi rapidement perdre ce poids honteux qui les empêcherait très certainement de profiter de l'été. Rien n'allait. Du message, au produit, au corps de la mannequin exposée à moitié nue dans toute la capitale britannique.

Seule conséquence positive, et pas des moindres : le mouvement que la campagne a suscitée. Un flot d'indignation né sur les réseaux sociaux, qui s'attelait à prouver que l'unique façon d'être "beach body ready" était d'avoir un corps et d'aller à la plage. Prôner le "body-positive", la positivité des corps, plutôt que continuer à nourrir un système hiérarchique discriminant et humiliant, qui classait les silhouettes qui auraient le droit de se montrer, par rapport à celles qui devraient au contraire, se terrer. Être fière de son apparence et ne pas sentir le besoin de la cacher, quelle que soit sa morphologie. Ronde, grosse, maigre, petite, grande, valide ou en situation de handicap.

Ce qui nous ramène à notre mouton à motifs : le paréo. S'il est clair que certaines d'entre nous s'en parent par pur choix esthétique - histoire de ne pas en avoir acheté trois au marché du coin pour rien -, beaucoup l'utilisent cependant comme un paravent face aux regards sur leurs courbes. Une façon de dissimuler ces zones de gras, de cellulite, de vergetures qui les dérangent. Ces preuves de normalité, en somme. Ces endroits qui racontent notre corps, qui témoignent de son vécu, et qui ne devraient en aucun cas rimer avec honte. Mais pourtant qui complexent plus de femmes qu'ils n'en épanouissent. Ce qui n'est clairement pas étonnant, quand on voit l'énergie que l'industrie de la mode et de la beauté met à culpabiliser les femmes de leur morphologie.

Et c'est justement en s'affranchissant de ce camouflage, en se détachant du bout de tissu sur la plage, qu'on résiste. Comme pour montrer qu'on ne se pliera pas aux idéaux de beauté. Pour oser et assumer la silhouette qui est la sienne en déambulant le long de la mer en bikini, avec toute la confiance du monde (ou du moins en la travaillant allègrement). Même si le chemin est long, si l'hésitation est carrément conséquente, si les premiers pas semblent douloureux. Cet été, soyez fière de votre corps, tombez le paréo ! Promis, tout ira bien mieux que vous ne l'imaginez.

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