Pourquoi la tribune de Meghan Markle annonçant sa fausse couche est importante

Meghan Markle confie avoir fait une fausse couche cet été dans une tribune bouleversante
Meghan Markle confie avoir fait une fausse couche cet été dans une tribune bouleversante
Dans cette photo : Meghan Markle
La duchesse de Sussex Meghan Markle s'est livrée dans un texte bouleversant, où elle raconte sa fausse couche. Un incident survenu en août dernier, qu'elle décrit comme "douleureux", et qu'elle aborde avec une vulnérabilité et une honnêteté désarmantes, pour lever le "tabou".
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Dans un essai publié ce mercredi 25 novembre dans le New York Times, Meghan Markle a pris la plume pour partager une expérience récente, difficile, et ce, publiquement. Les faits remontent au mois de juillet dernier, alors qu'elle était enceinte de son deuxième enfant avec le prince Harry.

Un "matin ordinaire" qu'elle raconte en détails : "Après avoir changé la couche (d'Archie), j'ai ressenti une crampe vive. Je me laissais tomber sur le sol avec lui dans mes bras, fredonnant une berceuse pour nous garder tous les deux calmes, la mélodie joyeuse contrastant fortement avec mon sentiment que quelque chose n'allait pas." Elle écrit ces mots, terribles : "Je savais, en serrant mon premier-né, que je perdais mon deuxième".

La duchesse de Sussex décrit ensuite les instants qui ont suivi, et les émotions qui les ont submergé·e·s, elle et lui. "Quelques heures plus tard, je me suis allongée sur un lit d'hôpital, tenant la main de mon mari. Je sentis la moiteur de sa paume et embrassais ses pliures, humides de nos deux larmes. En regardant les murs blancs et froids, mes yeux se sont vitrés. J'ai essayé d'imaginer comment nous guéririons."

Meghan Markle évoque alors une anecdote qui a marqué le public. "Je me suis souvenue d'un moment l'année dernière où Harry et moi étions en train de terminer une longue tournée en Afrique du Sud. J'étais épuisée. J'allaitais notre bébé et j'essayais de garder un visage courageux aux yeux du public".

A l'époque, elle répondait à une question du journaliste Tom Brady qui l'interrogeait sur sa santé, mentale et physique, comment elle se portait depuis l'arrivée de son fils Archie et la pression qui l'entourait en tant que nouvelle membre de la famille royale. Après avoir précisé qu'il s'agissait d'une période effectivement très dure, la jeune mère avait ajouté : "Merci aussi de demander, parce que peu de gens m'ont demandé si j'allais bien". Une vulnérabilité qui touche beaucoup de femmes.

Au New York Times, elle commente : "Ce n'est pas le fait d'avoir répondu honnêtement qui m'a le plus aidée, mais la question en elle-même. (...) Installée sur un lit d'hôpital, observant mon mari avec le coeur brisé alors qu'il essayait d'apaiser le mien, j'ai compris que la seule façon de commencer à guérir est de demander d'abord : 'Tu vas bien ?' Allons-nous bien ?"

Un récit pour briser les tabous

Meghan Markle mentionne celles et ceux qui ont perdu un enfant, et "portent un chagrin presque insupportable, vécu par beaucoup mais dont peu de gens parlent". Elle adresse ensuite plus précisément ces non-dits, et comment la parole permet de panser des blessures qu'on croit d'abord irréparables.

"Dans la douleur de notre perte, mon mari et moi avons découvert que dans une pièce de 100 femmes, 10 à 20 d'entre elles auraient souffert d'une fausse couche. Pourtant, malgré le caractère commun stupéfiant de cette douleur, la conversation reste taboue, criblée de honte (injustifiée) et perpétuant un cycle de deuil solitaire." Elle poursuit : "Certains ont courageusement partagé leurs histoires ; ils ont ouvert la voie, sachant que lorsqu'une personne dit la vérité, cela nous autorise tous à faire de même."

Parmi elles et eux, on pense à la mannequin Chrissy Teigen, qui a publié des photos déchirantes sur son compte Instagram après que son fils soit mort-né, puis écrit un long témoignage à ce sujet. Une prise de parole qui a contribué à en libérer d'autres sans aucun doute, dans des sphères moins publiques.

Meghan Markle continue : "Nous avons appris que lorsque les gens nous demandent comment chacun de nous va, et lorsqu'ils écoutent vraiment la réponse, avec un coeur et un esprit ouverts, la charge de chagrin devient souvent plus légère - pour nous tous. En étant invités à partager notre douleur, nous faisons ensemble les premiers pas vers la guérison".

Elle demande alors à ceux et celles qui la lisent de s'engager à "demander aux autres 'Ça va?'", principalement pendant l'époque "sans précédent" que nous vivons actuellement. Et conclut, pleine d'espoir quant aux années à venir : "Allons-nous bien ? Nous irons bien". Et on a envie de la croire.