Pourquoi les femmes vont-elles à l'étranger pour recourir à la PMA ?

PMA : l'Ined lance une vaste étude pour comprendre ce qui pousse les Françaises qui partent à l'étranger
PMA : l'Ined lance une vaste étude pour comprendre ce qui pousse les Françaises qui partent à l'étranger
L'Institut national d'études démographiques (Ined) lance une vaste recherche inédite afin de mieux cerner les motivations des femmes qui se rendent à l'étranger pour recourir à la PMA.
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Ce mardi 11 décembre, la secrétaire d'Etat chargée de l'égalité femmes-hommes Marlène Schiappa a une nouvelle fois confirmé que l'extension du projet de loi de la PMA pour toutes les femmes devrait entrer en vigueur dès 2019. Initialement prévu en janvier et repoussé par le gouvernement pour la énième fois, l'examen du projet de loi n'aura toutefois pas lieu avant mai ou juin.

En France, seules les femmes hétérosexuelles en couple (mariées, pacsées ou en concubinage) peuvent bénéficier de la procréation médicalement assistée. Pour avoir le droit d'entamer un processus de PMA (processus qui "consiste à manipuler un ovule et/ou un spermatozoïde pour procéder à une fécondation", selon la définition de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale), ces couples devront présenter une infertilité pathologique médicalement constatée ou être porteur d'une maladie grave qui reste d'être transmise à l'enfant. De surcroît, les femmes qui souhaitent bénéficier d'une prise en charge par l'Assurance Maladie doivent être âgées de moins de 43 ans.

Cette législation très stricte qui exclut les couples de femmes et les femmes célibataires, pousse un grand nombre d'entre elles (entre 2000 et 3000 selon le Comité Consultatif National Éthique) à voyager en Europe dans des pays où les conditions d'accès à la PMA sont plus souples (Espagne, Belgique, Grèce, République Tchèque etc).

La chanteuse française Lorie Pester, atteinte d'endométriose, est notamment partie en Espagne pour faire congeler ses ovocytes.

Mieux déterminer dans quels pays se rendent les Françaises

Afin de mieux comprendre ce phénomène, l'Institut national d'études démographiques (Ined) lance une étude inédite à travers toute la France. "Nous avons très peu de données au sujet des personnes résidant en France qui recourent à une assistance médicale à la procréation à l'étranger", précise Virginie Rozée, chercheuse à l'Ined.

Intitulée "Cap AMP ", cette nouvelle recherche s'inscrit dans la continuité d'une première étude réalisée par l'Ined en 2010-2012 réunissant 130 entretiens de femmes ayant voyagé en Espagne, en Belgique, en Grèce et au Danemark dans le cadre d'une PMA.

Menée par les chercheuses Virginie Rozée et Élise de la Rochebrochard, l'étude avait montré qu'une majorité de femmes vont à l'étranger pour recourir à un don de gamètes. L'âge moyen de ces femmes est de 35 ans, toutes catégories socioprofessionnelles confondues.

L'objectif de Cap AMP est d'élargir la recherche à un nombre plus large, notamment en accédant aux registres des pays dans lesquels se rendent ces femmes, comme l'Espagne. "Les résultats ne seront pas connus avant au moins plusieurs mois", a indiqué Virginie Rozée au journal La Croix.