"Les femmes ne veulent plus ouvrir les jambes" : les propos d'un chirurgien belge créent un tollé

Jeff Hoeyberghs - capture écran YouTube
Jeff Hoeyberghs - capture écran YouTube
L'Université de Gand, en Belgique, a laissé la parole à un chirurgien belge connu pour ses positions misogynes le temps d'une conférence des plus sexistes. Plus de 1200 signalements ont été faits suite à son intervention.
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C'est à un cours de sexisme particulièrement violent que les étudiants de l'université de Gand ont eu droit le 4 décembre dernier. Invité par la HVHV, l'association étudiante conservatrice et nationaliste du nord de la Belgique, le chirurgien plasticien Jeff Hoeyberghs s'est illustré en matière de misogynie. "Les femmes veulent les privilèges de la protection masculine et de l'argent, mais elles ne veulent par contre plus ouvrir les jambes", a-t-il notamment clamé, face à un public essentiellement masculin.


Connu pour ses positions pour le moins réac et misogynes, le médecin a tenu un discours particulièrement choquant et insultant. Extraits choisis ? "On leur a donné des machines à laver, des lave-vaisselles, des femmes de ménage... tout. Jusqu'à ce qu'elles soient devenues inutiles." Ou encore : "Les scientifiques sont principalement des hommes, car, chez les femmes, il y a toujours leurs émotions qui interviennent."

1200 signalements déposés à l'encontre de Jeff Hoeyberghs


L'intervention du médecin a été filmée puis diffusée sur Facebook. On le voit, une bière à la main, cracher sur les femmes face à un public complètement passif. Des propos insultants pour l'université de Gand, comme le confie le recteur Rik Van de Walle au journal Het Laaste Nieuws : "Ce qui est monté dans la vidéo est carrément humiliant et va complètement à l'encontre de tout ce que notre université défend."


Sur les réseaux sociaux, les internautes dénoncent en masse le discours du chirurgien et étaient jeudi 12 décembre plus de 1200 à le signaler auprès de l'Institut pour l'Egalité des Femmes et des Hommes de Belgique.


Interviewé par la chaîne flamande VTM, Jeff Hoeyberghs, lui, ne regrette en rien ses propos. Il persiste et pointe du doigt le mouvement #MeToo : "C'est en lien avec #MeToo. Le problème, c'est que les femmes veulent une égalité, mais veulent garder les privilèges offerts par les hommes sans leur devoir l'élégance traditionnelle des bonnes femmes, ce n'est pas possible. Si vous regardez par exemple combien d'impôts payent les hommes et de combien de dîners au restaurant bénéficient les femmes, l'addition est très élevée."

Et lorsque la journaliste de VTM lui explique qu'elle se sent insultée par ses propos, celui-ci lui rétorque : "La réalité n'est pas toujours agréable, elle peut être très brutale mais c'est toujours mieux d'être brutal et de dire la vérité plutôt que de mentir par élégance. Si vous pensez que ce n'est pas la vérité c'est que votre père ne vous a sans doute pas appris la vérité."


"Le fait que le poison de la misogynie soit répandu dans une université est un problème"


Un discours fermement condamné par Nathalie Muylle, ministre de l'Egalité des chances, qui déclarait jeudi dernier : "En tant que ministre de l'Egalité des chances, je désapprouve vivement les propos extrêmement sexistes et méprisables de Jeff Hoeyberghs. Je suis également choquée en tant que femme et me sens donc personnellement attaquée. Le fait que le poison de la misogynie soit répandu dans une université est un problème."


La politicienne belge Sophie Rohonyi rappelle quant à elle les lourdes conséquences de discours rétrogrades comme celui-ci : "Les violences faites aux femmes sont l'aboutissement d'une longue chaîne qui commence avec le sexisme."