Comment négocier avec votre boss pour rester en télétravail ?

Comment négocier avec votre boss pour rester en télétravail ?
Comment négocier avec votre boss pour rester en télétravail ?
Alors que le déconfinement se poursuit, c'est un retour à une vie profesionnelle plus traditionnelle qui s'envisage dès le 9 juin prochain. Mais comment négocier avec son/sa boss si l'on souhaite rester en télétravail ? Réponses en compagnie de voix expertes.
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Le cours normal des choses reprendra-t-il le 9 juin avec la nouvelle phase du déconfinement ? En tout cas, cela semble être la volonté d'employeurs qui souhaitent un retour plus évident au présentiel. Suivant l'assouplissement des règles sanitaires, le nombre minimal de jours de télétravail par semaine ne sera désormais plus défini par le gouvernement : chaque entreprise pourra faire le choix de ses dispositions, comme l'énonce ce site spécialisé.

Un come-back qui n'a rien d'évident pour celles et ceux qui, au fil des confinements, ont pris l'habitude du travail à domicile. Selon un sondage de l'institut OpinionWay dédié à l'impact de la crise sanitaire sur la santé psychologique des salariés, la moitié des télétravailleurs interrogés en France ne souhaitent effectivement pas revenir au bureau "comme avant". Plus précisément, 8 salariés sur 10 sont favorables à un télétravail "à la carte", comme l'énonce Les Echos.

Un compromis parfois compliqué dans un pays encore très frileux pour ce qui a trait à la remise en question du travail en présentiel. Cependant, évoquer le sujet à son employeur·e n'a rien d'une mauvaise idée. Il suffit juste de savoir comment poser le sujet du télétravail sur la table. Pas de panique, on vous dit tout.

Privilégier le concret

La manière la plus évidente d'évoquer le télétravail dans un cadre professionnel ? Privilégier un discours concret. Par exemple, aborder les conséquences positives du télétravail sur votre productivité et votre efficacité. Ne pas hésiter à parler chiffres et statistiques. En somme, revenir sur des moments forts et points majeurs des tâches accomplies durant les mois (ou l'année) passés, dans un contexte national de distanciel banalisé. Citer tous les projets aboutis et ceux à venir fera partie de votre argumentaire.

Ainsi, ce n'est pas simplement vous, mais votre employeur·e, puisque l'entreprise en général, qui se voit concerné·e par le sujet. "Gardez à l'esprit que vous devez présenter une analyse de rentabilisation. Il faut montrer à votre employeur·e qu'il est possible de satisfaire ses besoins, tout en étant en télétravail. Cela doit être gagnant-gagnant", décrypte le le coach professionnel Maxime Coignard du côté du Huffington Post.

L'expert suggère ainsi de remplacer le pronom personnel "je" par un "nous" beaucoup plus fédérateur. Une manière habile d'interagir avec les hiérarchies dans un contexte épineux de retour à la normale.

Puis-je négocier avec mon patron pour télétravailler ?
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Faire preuve de réactivité

Dans une telle situation, il importe donc de privilégier la précision, mais aussi la réactivité. C'est ce que nous suggère le magazine Grazia : aborder le plus tôt possible vos préférences à votre employeur·e, sans détour et avec diplomatie est une bonne solution. Evoquer ce besoin personnel (mais aussi et surtout professionnel) du télétravail sans tarder permettra à chacun·e de s'organiser en fonction des retours et des décisions qui pourront être rendus.

Cela revient également à faire preuve d'honnêteté face à vos supérieurs, sans donner l'impression d'improviser. La réactivité met l'accent sur le fait que votre opinion a été planifiée, mûrement réfléchie. Il est alors envisageable de proposer un échange en "live" ou en visioconférence le cas échéant pour mettre à plat vos arguments détaillés. Encore une fois, la communication doit sembler limpide et ouverte à toutes les interactions.

"Venir avec une solution"

Et ces arguments mis à plat peuvent prendre bien des formes. Un bilan du télétravail passé, comme conseillé plus haut. Mais aussi, ce que le coach professionnel Maxime Coignard intitule "une solution". "Venir avec une solution plutôt qu'avec un problème", est effectivement l'un des arguments principaux du spécialiste, énoncé au Huffington Post.

Compromis et solutions ont principalement trait à cette grande question : comment s'organiser pour satisfaire les deux camps, de l'employé·e comme de l'employeur·e ? Equilibrer le planning s'avère à ce titre primordial. Suggérer par exemple de venir la moitié de la semaine en présentiel et d'effectuer l'autre en distanciel est l'une des alternatives sur laquelle il est possible d'insister. Suggérer l'utilité d'un "moit' moit'" n'a rien d'anodin.

Notamment dans un contexte de pandémie, où le rapport au travail influe d'autant plus sur notre condition physique et psychologique. La notion d'équilibre et de bien-être importe alors plus que tout. Un "moitié moitié" qui pourrait tout avoir d'un "win win" et rejoint la volonté de la plupart des français : bénéficier d'un télétravail "à la carte", ou tout du moins plus régulier.

Le télétravail va-t-il perdurer dans le monde d'après ?
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"Si cette crise globale nous permettait de réfléchir autrement, ce serait à la fois utile pour les salarié·e·s et pour la santé des entreprises. L'idéal serait de repenser des modes de travail qui soient valorisants pour les salarié·e·s, en s'aidant des moyens que l'on a à disposition. En assurant un équilibre, c'est-à-dire en prônant la mise en place de modes d'organisation hybrides, qui permettraient d'utiliser toutes les potentialités qui s'offrent à nous", expliquait la professeure des universités en sciences de gestion Aurélie Dudézert.

Et l'autrice de La transformation digitale des entreprises de préciser ce point : "Pour certaines tâches, on est très efficace en présentiel, au sein d'un collectif, et pour d'autres, on le sera davantage en travail à distance. Or on peut tout à fait 'mixer' les deux et viser une meilleure efficacité ainsi. Les nouvelles technologies permettent justement cet équilibre. Il serait dommage de s'en priver". Un argument limpide à relayer fissa.

Rappeler les cas majeurs

Comme le rapporte le site spécialisé Démarches Administratives, bien des points font encore office d'arguments massues concernant le recours au télétravail, qu'il soit partiel ou total. Par exemple ? La garde de vos enfants. Mais aussi le fait de ne pas être encore vacciné·e, situation qui exacerbe les risques encourus au sein des transports en commun, ainsi que pour le reste de l'entreprise. Quant au droit de retrait, plus rare, il peut avant tout jouer si vous estimez que votre employeur ne respecte pas les mesures sanitaires.